Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 14:39

LE MONDE | 10.12.09 | 15h18  •  Mis à jour le 11.12.09 | 07h27
Santiago du Chili Envoyée spéciale


Dans la poblacion de La Pintana, un bidonville au sud de Santiago, Maria Gomez est fille-mère à 18 ans. Elle regarde tendrement Manuel, son bébé de 8 mois. "J'avais avorté, clandestinement, quand j'avais 16 ans, mais cela a été tellement traumatisant que cette fois-ci j'ai décidé de garder mon enfant."

Le Chili est un des derniers pays au monde où l'avortement, même thérapeutique, est interdit. On estime à 160 000 le nombre d'avortements clandestins par an. "15 % des enfants qui naissent au Chili ont des mères adolescentes et la grande majorité sont pauvres", dénonce Gloria Maira, de l'Association chilienne contre la violence domestique et sexuelle. Cette ONG a été fondée il y a vingt-cinq ans, en pleine dictature militaire du général Augusto Pinochet (1973-1990). La féministe pointe que "dans les milieux défavorisés, une jeune fille sur cinq de moins de 19 ans a déjà un enfant, contre une sur trente dans les classes aisées". Elle constate que "les plus riches ont recours à des IVG dans des cliniques privées, qui les déguisent en appendicite".

A quelques jours de l'élection présidentielle du 13 décembre, la cause des femmes a été absente du débat électoral. "Un grand pas a été franchi avec l'élection de Michelle Bachelet, première femme chef d'Etat du Chili", note Consuelo Cheyre. Cette journaliste rappelle que, au début du mandat de Mme Bachelet, en 2005, "tous les hommes politiques, même ceux de la Concertation de centre gauche au pouvoir, avaient mis en doute ses capacités à gouverner à cause de sa condition féminine". Aujourd'hui, la présidente sortante bénéficie de 76 % de popularité. Un chiffre record dans l'histoire politique chilienne qui s'explique, en partie, par l'aide financière apportée aux plus pauvres grâce aux excédents obtenus par les exportations du cuivre, principale richesse du pays.

Divorcée et agnostique, dans un pays conservateur où l'Eglise catholique est puissante - le divorce est légal depuis seulement 2004 -, la présidente socialiste s'est battue pour améliorer la condition féminine. Les femmes au foyer ont obtenu, à partir de 65 ans, une retraite de 81 euros par mois. Le nombre de crèches a été multiplié par cinq, contribuant à élever le taux d'emploi des femmes de 38,5 à 42 %.

Le Chili a promulgué, en juin, une loi garantissant l'égalité salariale hommes-femmes pour un même emploi, avec un possible recours à la justice en cas de discrimination. Pour l'instant, pour un même poste, les femmes gagnent 30 % de moins qu'un homme. Elles ne sont que quatre ou cinq dans les directoires d'entreprises publiques ou privées. Les lesbiennes et les gays se disent discriminés, le mariage homosexuel est interdit.
Mme Bachelet a perdu plusieurs batailles. La parité entre hommes et femmes, instaurée au sein de son gouvernement, n'a duré qu'un an. Dès les premières critiques, deux femmes ministres ont dû partir. Un plan ambitieux de planification familiale en faveur des défavorisés a échoué. La présidente, pédiatre de formation, avait décrété, en 2006, que la pilule du lendemain serait distribuée gratuitement aux adolescentes dès 14 ans, sans autorisation parentale.

Le tribunal constitutionnel a interdit cette mesure après une virulente campagne de l'Eglise catholique. "Alors que 4 % des jeunes filles de 14 ans sont actives sexuellement, il est du devoir de l'Etat de leur fournir une alternative d'urgence qui ne soit ni l'avortement ni la grossesse", avait plaidé Mme Bachelet, qui termine son mandat le 1er mars.
"Depuis vingt ans au pouvoir, la Concertation démocratique a manqué de volonté politique en matière d'éducation sexuelle", reproche Claudia Dides de la Faculté latino-américaine de sciences sociales. 60 % des jeunes Chiliens n'utilisent aucune méthode contraceptive.

"Le problème ne sera pas réglé par une loi", affirme Andrea Iniguez, avocate du groupe Pro Vida, pour qui la pilule du lendemain est résolument abortive. "Toutes les lois doivent se soumettre à la Constitution. Or, au Chili, elle protège la vie de celui qui va naître, prévient l'avocate, rappelant que, pour consacrer l'avortement, le gouvernement devra réaliser une réforme constitutionnelle." Peu probable : malgré une centaine de réformes, les piliers de la Constitution de 1980, dictée par le général Pinochet, sont toujours solidement en place pour garantir le modèle libéral chilien.

Christine Legrand

Article paru dans l'édition du 11.12.09

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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 00:23
« Collectif Argentin pour la Mémoire »

A l’occasion de la journée de la « Déclaration Universelle des Droits de l’Homme »

Hommage  à la chanteuse Argentine – Latino américaine - Universelle


    Mercedes Sosa (1935 – 2009)

Gracias a la Vida Mercedes y Hasta Siempre!!!

http://www.youtube.com/watch?v=DPLUSH9xwzA

 

Samedi  12  Décembre 2009  à  18 h

 

Avec la participation spéciale de sa fille : « Ada  Matus » et  los zaPPatistas

- Paula Estrella et Horacio Quiroga

-Herga & Jean-Gab

 

La soirée est ouverte à tous les musiciens qui souhaitent participer de cet hommage
Programme:

18h – Documentaire: “Como un pájaro libre”, (en espagnol)

19h – Participation de chanteurs

20h- Documentaire : « Cantora » (en espagnol)

21h- Participation de chanteurs

-  Empanadas et vin

-Participation aux Frais : 5 Euros

C.I.C.P.  21 ter rue Voltaire – 75011 Paris –

 Métro : Rue de Boulets-Nation

COLLECTIF ARGENTIN POUR LA MÉMOIRE

<colectivoargentino@gmail.com>

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 14:18

 

 

 


 

 

 

 





COMMUNIQUÉ DE L’ASSOCIATION DES CHILIENS DU QUÉBEC

 

          ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET PARLEMENTAIRES CHILI 2009

VOTE SYMBOLIQUE DE LA COMMUNAUTE CHILIENNE A MONTREAL

 

El domingo 13 de diciembre de 2009 se realizarán las elecciones presidenciales y parlamentarias en Chile. Sin embargo, los chilenos mayores de 18 años residentes en el extranjero, estaremos impedidos de votar. Es necesario notar que  más de 857.000 chilenos vivimos en el exterior, de los cuales alrededor de 10.000 nos hemos establecido  en la gran región de Montreal. Chile es uno de raros países de América Latina que no reconoce este derecho a sus nacionales que residen fuera de sus fronteras. Este derecho es, también, reconocido por el conjunto de las naciones industrializadas, como Canadá.

Le dimanche 13 décembre 2009 s’effectueront les élections présidentielles et parlementaires au Chili.   Or, nous, les Chiliens de plus de 18 ans résidant à l’étranger, serons empêchés de voter.    Il est à noter que plus de 857.000 Chiliens vivons à l’étranger, dont environ 10.000 dans la grande région de Montréal.   Le Chili est un des rares pays d’Amérique Latine qui ne reconnaît pas ce droit a ses ressortissants vivant hors de ses frontières.   Ce droit est reconnu par l’ensemble des nations industrialisées, comme le Canada.

 

Desde el retorno de la democracia, en 1990, los chilenos del exterior venimos luchando por que se nos reconozca este derecho ciudadano fundamental. Todas las iniciativas del gobierno de la presidenta Michelle Bachelet y de los parlamentarios de la Concertación no han prosperado a causa de la obstinada oposición de los partidos de derecha. Además, la Constitución, impuesta por Pinochet, exige un quorum calificado (aprobación por los 4/7 de los parlamentarios) para su modificación, lo que hace muy difícil remodelar el sistema electoral chileno.

Depuis le retour de la démocratie, en 1990, les Chiliens de l’étranger avons lutté pour que soit reconnu ce droit citoyen fondamental.   Toutes les initiatives du gouvernement de la Présidente Michelle Bachelet et des parlementaires de la “Concertación” ont échoué à cause de l’opposition obstinée des partis de droite.    De plus, la Constitution imposée par Pinochet* exige un quorum égal aux 4/7 des parlementaires se prononçant pour sa modification, ce qui rend extrêmement difficile de remodeler le système électoral chilien.

 

La Constitución Política de la República de Chile reconoce el derecho a voto a todos sus ciudadanos, sin distinción de su lugar de residencia. Este derecho está, igualmente, consagrado en convenciones internacionales, firmadas y ratificadas por Chile. A título de ejemplo, podemos mencionar que el artículo 21 de la Declaración Universal de Derechos Humanos, proclamada por la ONU en 1948, establece que “Toda persona tiene derecho a participar en el gobierno de su país, directamente o por medio de sus representantes libremente escogidos”. Al negar el derecho a voto a sus connacionales residentes en el extranjero, Chile viola estos dos instrumentos jurídicos. Por lo tanto, es necesario que los parlamentarios que serán elegidos en las próximas elecciones, corrijan esta anomalía inaceptable.

La Constitution Politique de la République du Chili reconnaît le droit de vote à tous ses citoyens, sans distinction de lieu de résidence.  Ce droit est également consacré dans des conventions internationales signées et ratifiées par le Chili.   A titre d’exemple, nous pouvons rappeler que l’article 21 de la “Déclaration Universelle des Droits de l’Homme”, proclamée par l’ ONU en 1948, établit que “Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis ”.    En refusant le droit de vote à ses ressortissants résidant à l’étranger, le Chili viole ces deux instruments juridiques.   Il est par conséquent nécessaire que les parlementaires qui seront élus dans les prochaines élections, corrigent cette anomalie inacceptable.

 

En este contexto, la Asociación de Chilenos de Quebec ha lanzado un llamado a todos los miembros de la comunidad chilena para que participen en un VOTO o PLEBISCITO SIMBOLICO y  manifiesten así su descontento frente a esta situación intolerable. Este ejercicio democrático se desarrollará  el 13 DE DICIEMBRE DE 2009, de 10 a 20 horas. Para estos efectos se instalará una mesa receptora de sufragios en la sede de la Asociación de Chilenos de Quebec, situada en 3730, Avenue du Parc, esquina Avenue des Pins, Montreal. Para la implementación de esta iniciativa se ha formado un comité de coordinación compuesto por Gisela Barraza, Carmen Concha y Gastón Ancelovici. Podrán votar todos los chilenos, mayores de 18 años, residentes en la provincia de Quebec. La pregunta será la siguiente: “Está usted de acuerdo con el voto de los chilenos en el extranjero?  SI---  NO---”.

Dans ce contexte, l’Association des Chiliens du Québec a adressé un appel à tous les membres de la communauté chilienne, pour qu’ils participent à un VOTE ou PLEBISCITE SYMBOLIQUE et manifestent ainsi leur mécontentement face à cette situation intolérable.   Cet exercice démocratique se déroulera le 13 décembre 2009, de 10h00 à 20h00.   A cet effet sera installé un bureau de réception des suffrages, au siège de l’Association des Chiliens du Québec, tenu par un comité de coordination, où pourront se rendre et voter tous les Chiliens de plus de 18 ans résidant dans la province du Québec.    La question qui leur sera posée est la suivante: “Etes vous pour le vote des chiliens de l’étranger?   OUI  -----  NON “

 

Varias comunidades chilenas en diferentes países, como Alemania, Australia y Holanda, llevarán a cabo iniciativas similares. Queremos, de esta manera, exigir a los partidos de derecha que acepten el clamor de miles de compatriotas que reivindican este legítimo derecho. El voto en el exterior fue la principal demanda, expresada y apoyada por los dos tercios de los chilenos que participaron en el censo efectuado por el Ministerio de Relaciones Exteriores y la Oficina Nacional de Estadísticas de Chile, en 2004.

Plusieurs communautés chiliennes dans différents pays, dont l’Allemagne, l’Australie et la Hollande mettront en place des initiatives semblables.   Nous voulons ainsi exiger des partis de droite qu’ils acceptent cette revendication de milliers de nos compatriotes pour exercer ce droit légitime.   Ce fut la principale demande, exprimée et soutenue par les deux tiers des Chiliens ayant participé au recensement effectué par le Ministère des Affaires Etrangères et l’Office National des Statistiques du Chili, en 2004.

 

La Asociación de Chilenos de Quebec invita a todos los miembros de la comunidad chilena a participar en esta CONSULTA PLEBISCITARIA que se realizará el domingo 13 de diciembre. Ese mismo día, a las 20 horas, se darán a conocer los resultados en la sede de la Asociación, los que serán comunicados al gobierno chileno, a los candidatos presidenciales y a los parlamentarios.  (…)

 L’Association des Chiliens du Québec invite tous les membres de la communauté chilienne à participer à ce REFERENDUM, qui s’effectuera le dimanche 13 décembre.   Le même jour, à 20h00, seront diffusés les résultats au siège de l’Association, lesquels seront communiqués au gouvernement chilien, ainsi qu’aux candidats à la présidence et aux parlementaires.  (…)

 

Augusto Pinochet Ugarte, Général de l’armée, dictateur ayant usurpé le pouvoir au Chili en 1973, après le renversement du gouvernement démocratiquement élu, de Salvador Allende.

 

Traduction française Raúl Villouta © AFAENAC


 

Asociación de Chilenos de Quebec / Association de Chiliens du Québec Courriel : info@chilenos.qc.ca -www.chilenos.qc.ca

Correo electrónico:  votosimbolicochilenosmontreal@gmail.com

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 00:00

08.12.2009 | La Nación

 

Un juge chilien a pour la première fois, le 7 décembre, évoqué l'hypothèse d'un assassinat, dans l'enquête sur la mort en 1982 d'Eduardo Frei Montalva, ex-président du Chili et chef de file de l'opposition sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Frei Montalva, au pouvoir de 1964 à 1970, était décédé le 22 janvier 1982 d'une septicémie. Selon le magistrat Alejandro Madrid, sa mort serait due à l'injection de "substances toxiques non conventionnelles". Six hommes, dont quatre médecins, ont été arrêtés dans cette affaire.

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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 14:32

Le gouvernement chilien a recommandé aux mapuches - qui revendiquent des terres au sud du pays (sic) - de s’adapter au monde moderne et, bien qu’il leur garantisse la préservation de leurs coutumes, il a écarté de leur octroyer l’autonomie qu’ils réclament, la qualifiant d’ "utopie".


"Ils doivent comprendre que leur identité doit prendre place dans un monde changeant et moderne", a assuré le ministre de la Présidence, Jose Antonio Viera Gallo, un préposé présidentiel pour les affaires indigènes. "La solution est la vie en commun des mapuches avec les entrepreneurs", a-t-il insisté en dialogue avec la presse étrangère.

Viera Gallo a qualifié comme une utopie la possibilité de remettre un territoire autonome aux mapuches. "Sur les terres ancestrales, nous pouvons leur donner le droit d’usage mais non de pouvoir", a-t-il précisé, en ajoutant que cela pourrait se concrétiser dans une co-administration ou droit d’usage partagé des terres.


"Une autonomie comme la basque ou la catalane n’est pas possible (...) c’est une utopie, cela ne peut jamais arriver. La solution consiste en ce que des mapuches et des non mapuches (entrepreneurs forestiers ? NdT) vivent ensemble. C’est un apprentissage lent", a-t-il soutenu.

Le ministre a considéré que la seule autonomie qui peut se comprendre est la capacité des communautés de continuer leurs coutumes et traditions.


L’ethnie mapuche, la plus importante du Chili, représentant 6 % des 16 millions d’habitants du pays, réclame la dévolution des terres qui ont appartenu à leurs ancêtres, principalement dans la région de l’Araucania (650 kms au sud de Santiago), terres riches pour usage forestier et agricole, aujourd’hui entre des mains privées.

Viera Gallo a rappelé que, pour continuer d’avancer dans les accords avec les mapuches, sont en marche les installations d’un ministère des Affaires Indigènes et d’un Conseil des Peuples Indigènes qu’intégreront 43 conseillers élus par les différents peuples.


Comme partie de sa lutte, quelques communautés plus radicales ont recouru aux occupations illégales de propriétés et se sont affrontées à la police, dans les actions qui se sont intensifiées dans les derniers mois.

Il y a au moins 50 mapuches en prison, et une dizaine ont été inculpées de la loi antiterroriste qui date de la dictature d’Augusto Pinochet et qui triple les peines pour des délits communs, malgré le fait que les Nations Unies ont demandé au gouvernement chilien de ne pas l’invoquer.


À ce sujet, Pamela Figueroa, fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur - chargé de la sécurité nationale-, a précisé que l’application de cette loi "ne s’applique pas sur des personnes et des groupes ethniques mais sur des actions".

En 2009, l’État chilien a engagé des pousuites judiciaires contre des mapuches à trois opportunités, pour des attentats contre un procureur et des attaques incendiaires sur différentes propriétés et des camions de compagnies forestières malgré le fait qu’au début de son mandat la présidente Michelle Bachelet s’était engagée à ne pas l’utiliser.

Les mapuches assurent que la police les réprime quand ils rentrent dans leurs communautés à la recherche d’indigènes supposément liés avec des faits violents, ce qui a cassé la confiance gagnée en dialogues entre le gouvernement et les communautés.


"Il est difficile d’harmoniser les actions de sécurité du ministère public et des carabiniers avec la construction d’accords avec les communautés", a admis Ricardo Brodsky, chef des Relations Interministérielles du Ministère de la Présidence.


AFP, 17 novembre 2009.

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 14:47
LE MONDE | 07.12.09 | 15h01  •  Mis à jour le 07.12.09 | 20h38


Santiago du Chili Envoyé spécial


Pour le premier enterrement, il y a trente-six ans, il n'y avait que trois personnes. La cérémonie ce jour-là fut clandestine et rapide. Le Chili vivait sous une dictature militaire. Samedi 5 décembre, en revanche, ils étaient des milliers à accompagner au cimetière principal de Santiago du Chili la dépouille mortelle du chanteur
Victor Jara assassiné, à 40 ans, par les militaires au lendemain du coup d'Etat du 11 septembre 1973.

Pendant près de sept heures, sous un soleil éclatant, le cortège funèbre, conduit par sa compagne, Joan, et les deux filles du couple, Amanda et Manuela, a traversé le centre de la capitale au milieu d'une foule de jeunes et de moins jeunes, de célébrités et d'inconnus, tous reprenant en choeur, tel un hymne national, la plus célèbre des chansons de Victor Jara, Te recuerdo Amanda. Les drapeaux rouges au milieu des drapeaux nationaux, les mots d'ordre politiques, les oeillets rouges jetés par des femmes sur le cercueil, les portraits du chanteur tenus à bout de bras, tout se mélangeait. Jamais les obsèques d'un artiste n'avaient réuni autant de monde au Chili.


Victor Jara, figure de la "nouvelle chanson chilienne", était un artiste engagé - proche du Parti communiste - qui puisait son inspiration dans la vie quotidienne du petit peuple. Sa notoriété allait au-delà de l'Amérique latine. Arrêté le jour du putsch contre
Salvador Allende, incarcéré comme des milliers d'autres dans le plus grand stade de la capitale, Victor Jara allait affronter la barbarie : à coup de bottes et de crosse, les doigts de ses deux mains allaient être écrasés.

A un jeune, également raflé, il exhibait ses plaies dans le stade : "Regarde mes mains... C'est pour que je ne puisse plus jouer de la guitare." Quatre jours plus tard, il était abattu d'une rafale de mitraillette. Une enquête ouverte en juin par la justice (d'où l'exhumation du corps et les nouvelles obsèques) a permis de reconstituer les circonstances de la mort de l'artiste. Le nom du soldat de 18 ans qui l'a tué est aussi connu. Mais pas celui de l'officier qui a donné l'ordre.


Prisonnier politique quelques mois pendant la dictature avant d'être contraint à l'exil, Ramiro a suivi le cortège, samedi, avec son épouse Monica. "Nous étions jeunes, et Victor symbolisait notre idéal. Cet idéal, il ne faut pas l'oublier", dit-il. Et elle d'ajouter : "La droite veut gommer l'épisode de la dictature. Il faut être vigilant."

Mais les temps ont changé. Vendredi, à la veillée funèbre, la présidente - socialiste -, Michelle Bachelet, est venue rappeler, la voie émue, que si Victor Jara "peut maintenant reposer en paix", il est important de "poursuivre la quête de justice et de vérité" pour les autres victimes de la dictature. Un musée de la mémoire et des droits humains devrait être inauguré à Santiago en début d'année. Il le sera par la présidente, quelques jours avant la fin de son mandat. Et le retour annoncé de la droite au pouvoir.


Jean-Pierre Tuquoi
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 14:28

Les autochtones sont de plus en plus nombreux à passer derrière la caméra pour exprimer leur vision du monde. Ils ont désormais leur propre festival de cinéma, Native Spirit, dont la troisième édition vient de se dérouler à Londres.


02.12.2009 | David Cox | The Guardian

 

Bon nombre de peuples autochtones, en Amérique et ailleurs, estiment que les Blancs portent sur eux un regard complètement faussé. Ils ne se voient, en effet, pas seulement comme des quémandeurs d'aides publiques ou les apôtres d'interminables guerres de territoire. Mais surtout, ils refusent de livrer leurs croyances et leurs modes de vie en pâture aux anthropologues ou aux touristes. A présent, les peuples autochtones passent derrière la caméra. Des pêcheurs inuits du Canada aux réfugiés endorois du Kenya en passant par les pâtres du quechua et les ramasseurs de sel boliviens, ils filment avec ce qu'ils ont sous la main, racontent leur propre histoire et signent des œuvres au message universel.

Il y a trois ans, Freddy Treuquil, vidéaste chilien d'origine mapuche, décida que cette nouvelle tendance méritait d'avoir sa manifestation. Il a donc créé le Native Spirit Festival, dont la deuxième édition s'est déroulée à Londres à la fin du mois d'octobre. Son objectif: "Réhabiliter le respect pour mère Nature", explique Treuquil. Au programme de cette année, Tungusta Project sur les Evenks de Sibérie, Taina-Kan qui raconte comment les Karajas du Brésil associent la naissance de l'agriculture à des événements cosmologiques, et President Evo qui reflète le point de vue des Aymaras quant au programme de redistribution des terres initié par le premier président de Bolivie d'origine indienne.

La démarche cinématographique est aussi éloignée d'Hollywood que des courants avant-gardistes. Il n'y a pas d'effets spéciaux et les spectateurs occidentaux ne retrouveront pas le genre de tension dramatique auquel ils sont habitués. Ici, le temps est plutôt circulaire que linéaire : il s'agit de réexaminer un événement passé plutôt que de le dramatiser, de garder la mémoire vivante plutôt que d'en faire une source de divertissement. Au lieu de proposer une fuite en dehors de la réalité, ces films cherchent à exprimer des idées et des sentiments profonds. Après avoir regardé plusieurs d'entre eux, vous en viendrez à prendre conscience que les peuples autochtones – où qu'ils se trouvent sur la planète – partagent des attitudes étrangement similaires, pas seulement des valeurs mais aussi des symboles et des prophéties. Tous partent du principe que le savoir et la sagesse doivent aller de pair, la première devenant inutile sans la seconde ; que le but de l'existence n'est pas d'acquérir des richesses mais simplement de vivre; que l'univers est une construction vivante et sacrée ; que les êtres humains vivent en symbiose avec un système plus vaste dont ils ne doivent pas perturber l'équilibre ; que le passé ne doit pas être oublié et que l'avenir doit être respecté.

Bien sûr, nous avons déjà entendu ce genre de discours que nous avons peut-être balayé d'un revers de la main, le jugeant trop simpliste, voire non pertinent. Dans ces films, pourtant, ces idées se rapportent à des comportements particulièrement convaincants. The Gift of Pachamama, par exemple, nous conte l'histoire d'un garçon de 13 ans qui entre dans l'âge adulte en suivant le chemin tortueux d'une caravane de lamas dans les Andes. Il apprend à supporter la perte et découvre l'amour mais, surtout, il comprend comment Pachamama – mère Nature – peut donner un sens à sa vie. In the Footsteps of Yellow Woman nous montre le pouvoir de la sagesse des femmes à travers un dialogue entre une jeune fille navajo et sa grand-mère, tandis que The Voice of the Mapuche nous dit comment les persécutions peuvent renforcer le sentiment d'identité et le lien avec la nature. Le message n'est pas seulement honnête, il est pertinent. Les peuples autochtones sont aussi conscients que nous des risques de catastrophe écologique. Ils savent que les excès du monde industrialisé les menacent également mais ils n'en nourrissent pas un ressentiment aussi grand que nous pourrions l'imaginer. Quoi qu'il arrive, nous n'avons pas le choix : pour survivre, nous devons unir nos forces et trouver un nouveau mode de vie au-delà de l'hyperconsommation. Spirits for Sale nous montre comment la vie peut être plus que vivable et vraiment valoir la peine d'être vécue.

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 01:38
"Le peuple chilien a commencé à régler sa dette à l'égard de Víctor Jara, en participant massivement à sa cérémonie d'adieux", écrit le quotidien. Trois jours d'hommage au chanteur, poète et homme de théâtre, torturé et exécuté en 1973, aux premiers jours de la dictature d'Augusto Pinochet, ont débuté le 3 décembre. En juin dernier, sa dépouille mortelle avait été exhumée pour des tests médicaux-légaux, dans le cadre de l'enquête sur son assassinat. Cet hommage culminera le 5 décembre avec l'inhumation des restes du corps de l'artiste.
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