Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 04:15

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 01:13

PROPOS RECUEILLIS PAR BENITO PEREZ

 

Solidarité CHILI - A la veille d'élections générales promises à la droite, la question mapuche symbolise l'échec du centre-gauche, au pouvoir depuis vingt ans, à intégrer les plus exclus dans son projet. Rencontre avec Víctor Ancalaf.


Ses 47 ans ne se lisent pas sur le visage doux et souriant de Víctor Ancalaf Llaupe. Pas même les cinq années passées en prison, au régime de la loi antiterroriste édictée par Augusto Pinochet et maintenue par ses successeurs. Leader des opposants au mégabarrage Ralco d'Endesa, le militant mapuche – fondateur de la remuante Coordination Arauco-Malleco – avait été arrêté puis condamné pour incendie volontaire sur la seule base de témoignages anonymes. Les protestations de la Fédération internationale des droits humains et d'autres ONG n'avaient servi à rien. Libéré en 2007, l'ex-prisonnier politique poursuit son action comme simple werken (porte-parole) de sa communauté de Choin Lafkenche (9e Région). En septembre, invité par l'Association internationale contre la torture, Víctor Ancalaf avait toutefois bénéficié d'une tribune de choix, s'exprimant au Conseil des droits de l'homme sous le regard des diplomates du Chili et d'ailleurs. Le Courrier l'a également rencontré. L'occasion de rappeler que, vingt ans après la chute de la dictature militaire et à la veille d'élire le successeur de Michelle Bachelet, la principale minorité ethnique du pays – plus d'un million de Mapuches pour 16 millions de Chiliens – demeure largement exclue des institutions et vit, dans sa grande majorité, sous le seuil de pauvreté.

 

A l'ONU, vous êtes intervenu durant un débat sur le droit au développement pour dénoncer la répression policière. Ne vous êtes-vous pas trompé de débat?

 

Víctor Ancalaf: Non. Nous voulions démontrer que la militarisation de l'Arauca (zone mapuche du Chili, ndlr) résulte de l'absence de volonté du politique du Chili de répondre à nos revendications territoriales. Nous sommes un peuple appauvri. On a nié notre droit à nous développer en tant que personnes. Et ceux qui n'acceptent pas de renoncer à la lutte historique de notre peuple sont criminalisés.

 

 

En quoi les Mapuches se voient-ils privés du droit au développement?

 

Un petit nombre de Chiliens s'est approprié notre territoire historique. La terre est un élément constitutif de notre culture, de nos us et coutumes, de notre existence en tant que peuple. Son statut communautaire sous-tend notre mode d'activité économique de survie, qui refuse le mercantilisme, l'accumulation et le profit. Les gens ne rêvent pas de se transformer en grands entrepreneurs mais de vivre en harmonie avec la nature.

 

 

Qui possède ces terres qui vous font défaut?

 

Pour bonne part, des transnationales, notamment forestières ou saumonières, mais aussi des privés chiliens, comme [Sebastián] Piñera (candidat favori de la présidentielle, lire ci-contre, ndlr), qui possède des dizaines de milliers d'hectares.

 

 

Depuis le retour de la démocratie, plusieurs programmes de restitution de terres aux indigènes ont pourtant été mis en place.

 

Leurs résultats sont infimes. Le budget consacré à l'achat de terre est très bas. Dans la zone de Malleco, par exemple, le dernier processus (débuté en 2003, ndlr) n'a permis de récupérer que 6000 à 7000 hectares des 400 000 que nous revendiquons1.

 

 

Comment se mène la lutte pour la terre dans ces conditions?

 

Dans ma région, les gens ont décidé de ne pas abandonner les terres bloquées (dans ce processus de restitution, ndlr).

 

 

C'est-à-dire que vous occupez les terres avant que l'Etat ne les attribue...

 

Nous avons été dupés plus d'une fois. Les autorités promettaient la restitution d'une parcelle puis laissaient les choses en l'état. C'est pourquoi, pour nous, entrer sur ces terres signifie ne pas les abandonner. Notre combat est juste et légitime. Nous avons été asservis et dépossédés durant la mal nommée «pacification» (conquête des territoires autonomes mapuches par l'armée chilienne en 1881, ndlr). Nous avons été regroupés sur de petites parcelles peu productives, condamnés à nous appauvrir.

Aujourd'hui, cette politique de génocide social et culturel continue. Toutes les ressources naturelles sont extraites et captées par une minorité. Laissant les gens dans la pauvreté et d'importants dégâts environnementaux, la terre et la mer stériles, les lacs et les rivières pollués par les mines ou les entreprises forestières. La faune et la flore aussi sont touchées, des espèces disparaissent.

 

Vous vivez dans une communauté rurale périphérique. Quels sont les problèmes vécus au quotidien?

 

D'abord, nous ne bénéficions pas des mêmes services de santé ou d'éducation qu'ailleurs. Ensuite, il n'existe aucune politique de soutien aux projets économiques de nos communautés. Dans ce pays, le développement n'est vu qu'à travers le soutien aux transnationales. Cette politique néolibérale a toujours eu les faveurs des gouvernements de la Concertacion (coalition des socialistes et démocrates-chrétiens, ndlr). A côté, ils ont mis en place quelques mesures assistancialistes qui ne permettent pas de sortir réellement de l'état de pauvreté. Ce n'est pas pour rien que les jeunes femmes jouent un rôle central dans le mouvement pour la terre. Comme futures mères, elles savent l'importance de conquérir un espace où installer leur famille.

 

Votre parcours témoigne de la dureté de ce combat. Quelque chose a-t-il changé depuis votre condamnation et l'arrivée de la socialiste Michelle Bachelet?

 

Non. La loi antiterroriste qui m'a été appliquée continue d'être invoquée face aux protestations sociales. Au fur et à mesure que le nombre de communautés engagées dans le processus de récupération augmente, la répression se durcit. Six Mapuches ont été assassinés sous ce gouvernement, le dernier en août d'une balle dans le dos. Or, quand les droits sont bafoués, la résistance est légitime. Par exemple, la loi interdit de faire commerce avec les terres indigènes. Mais dès que cette loi entre en conflit avec des intérêts particuliers, elle n'est pas respectée: on fait voter une loi sur l'eau, sur l'électricité, etc., qui primera sur la loi indigène.

 

Qu'attendez-vous des élections générales du 13 décembre?

 

Pas grand-chose. Le système électoral «binominal» (mixte de majoritaire et proportionnelle par petite circonscription, ndlr) ne permet pas la juste représentation du peuple mapuche. On est condamné au mieux à une participation folklorique... Nous sommes 10% de la population, nous devrions avoir 10% de députés, mais c'est impossible. La solution politique passe par une forme d'autonomie, où nous élirions directement nos autorités et nos représentants à Santiago. Personne ne parle d'indépendance, de dessiner une nouvelle frontière, seulement d'un rapport équilibré. Mais la volonté politique est absente.


I

Note : 1 Partie nord de la 9e région, Malleco couvre un total de 1,3 million d'hectares.

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 00:48
Pour bien des adoptés, il est difficile de construire un avenir sans connaître ses origines. Récit de trois parcours parfois douloureux

Alors que le gouvernement réfléchit à un « accouchement protégé » pour tenter de répondre aux demandes des enfants nés sous X et qu’un projet de loi sur l’adoption est toujours en débat au Parlement, La Croix donne la parole à des personnes adoptées en France ou à l’étranger. Leurs cheminements respectifs reflètent la diversité des situations et la persistance du désir de connaître son passé.

Raphaël, des racines dans la misère



« La vérité qui blesse »
Petit, Raphaël Lebold n’avait pas l’once d’un souvenir de son arrivée de Pologne à 2 ans, avec un frère de deux ans son aîné, dans sa famille alsacienne. Tout ce qu’il sait alors, ce sont les rares éléments connus de ses parents adoptifs (ses parents d’origine sont morts dans un accident). Les questions viennent plus tard. « À 19 ans, mon frère et moi avons demandé à nos parents notre dossier d’adoption, relate le jeune homme, aujourd’hui âgé de 24 ans. J’avais surtout envie de retrouver des frères et sœurs en Pologne. Je suis allé au Service central d’état civil à Nantes, et j’ai appelé l’orphelinat d’où je venais. En vain. Il n’avait plus un seul papier sur nous. À l’époque du rideau de fer, on ne gardait rien. » Pendant que Raphaël remue le peu d’éléments qu’il a et parvient à récupérer l’adresse de ses parents biologiques (il apprend que sa mère est vivante), l’une de ses sœurs polonaises fait des recherches en parallèle pour retrouver ses petits frères adoptés.

Ces démarches conjointes finissent sur un bureau du Service central. Raphaël est mis en relation avec Anja, cette sœur de trois ans son aînée. « Je ne savais pas trop par quoi commencer, ce n’était pas possible de la bombarder de questions, se souvient-il. Par Internet en vidéo, je me suis aperçu que je lui ressemblais. » Avec son teint mat, le jeune homme ne s’était jamais cru polonais. « J’ai découvert que j’étais gitan, et j’en suis fier… Quand je travaillais dans un kebab, on me prenait même pour un Turc ! » Il apprend d’autres nouvelles, plus rudes. De nombreuses souffrances traversent l’histoire familiale : son père s’est suicidé ; sa mère s’enferre dans un alcoolisme violent.

Raphaël s’envole vers l’Est peu après, un petit dictionnaire franco-polonais en poche. « Quand j’ai vu ma mère là-bas, elle était dans un tel état, à cause de l’alcool, qu’elle ne m’a pas reconnu, confie-t-il sans ciller. Après, elle a compris. » Elle attendait qu’il vienne vers elle dans un coin du salon, une pièce pleine de pauvreté et de mauvais souvenirs. « Mais moi, je ne voulais pas la prendre dans mes bras ; elle a quand même frappé ses enfants ! Elle s’est mise à genou. J’ai fini par lui pardonner. De toute façon, je ne la verrai plus. »

Il ne la verra plus, mais « il y a quand même la vérité qui blesse ». La vérité mise à nue. Raphaël voit ses frères désœuvrés et qui ont versé dans l’alcool. Il découvre une autre sœur, la jumelle d’Anja, qui « a eu quatre enfants avec quatre pères différents ». Celle-ci les a abandonnés et se trouve à nouveau enceinte. « Je lui ai dit : “si tu mets encore à l’orphelinat le bébé que tu portes, je reviens et ça va mal se passer” », raconte Raphaël. De retour de cette expérience qui « endurcit », il affirme ne pas regretter d’avoir été adopté. « Si c’était pour finir comme mes frères là-bas… Et puis je préfère avoir eu cette histoire qu’une histoire banale. »

Seule Anja a réussi à construire sa vie, tirée de chez elle à 15 ans par celui qui deviendra son mari. «On a découvert qu’on avait tous deux un peu le même caractère.» Un caractère « indépendant », que Raphaël a renforcé très tôt. Dès 14 ans, en travaillant dans les champs de houblon, de tabac, ou dans les restaurants de tartes flambées pour « gagner un peu (sa) croûte ». Plus tard, en s’engageant dans l’armée comme parachutiste. Au Tchad, transmetteur dans une mission « au service des autres », il a appris « à ne pas se la jouer ».

Aujourd’hui, Raphaël tisse doucement des liens avec Anja, qui se souvient encore « du jour où la police est venue nous chercher à la maison pour nous mettre tous les cinq à l’orphelinat, rapporte Raphaël. Elle m’a raconté qu’elle devait nous bercer pour nous rassurer. » À l’avenir, il aimerait « aider financièrement » la structure d’accueil. Désormais auto-entrepreneur avec sa compagne à Tarbes, Raphaël sera lui-même bientôt papa. Quand il a prié sa grande sœur polonaise d’être la marraine de son fils, « elle a pleuré », sourit-il.

Graciane, une cicatrice en forme de X



Le temps joue contre elle


Le temps est compté pour Graciane. À 57 ans, cette Rouennaise, née sous X dans une maison maternelle parisienne, cherche la femme qui l’a mise au monde. « Elle doit avoir dans les 77 ans aujourd’hui. Le temps joue contre moi mais je ne m’arrête pas. » Graciane a toujours été tenaillée, depuis l’âge de 11 ans, par le désir d’exhumer ses origines. « Non pas pour trouver une famille, mais pour savoir d’où je viens, glisse-t-elle. La cicatrice est là. Il est difficile de se construire un avenir quand on ne connaît pas son passé. »

Non que ses parents adoptifs l’aient privée de tendresse. Recueillie dans une famille aisée, ayant reçu une « éducation catholique, bourgeoise », Graciane dit même avoir eu de la chance d’être adoptée. Mais une enfance sans accrocs ne résout pas « le problème des origines ». « Tous les matins quand on se regarde dans la glace, on ne sait pas à qui on ressemble, observe-t-elle. Et il y a un vide énorme. »


Un grand trou dans la mémoire, qui s’est ressenti sur ses études. À l’école, l’enfant se sentait différente des autres. À la maison, sa sœur semblait éloignée de ses préoccupations. Pourtant, elle se remémore avec émotion son père adoptif. « Lorsqu’il est mort il y a dix ans, j’ai eu l’impression d’être à nouveau abandonnée. Quand vous avez été bordée avec amour tous les soirs étant enfant, c’est sûr que tout s’écroule autour de vous. »

Sa quête des origines a commencé après avoir fondé elle-même une famille, à partir des années 2000. Pourquoi pas plus tôt ? « Je ne me sentais pas prête. » Entre-temps, elle a passé un monitorat et s’est épanouie comme professeur de sport, pratique le judo, le tennis, et plus encore l’équitation. Graciane finit par s’investir dans l’association « X en colère ». Là, elle accompagne d’autres femmes sur les traces de leurs origines. C’est par le biais d’une émission qu’elle-même acquiert les premiers éléments de son histoire, orientée vers la piste d’une mère kabyle.


« Une femme, qui avait également accouché sous X, évoquait à la télévision la “maison maternelle” où j’étais née moi-même, raconte Graciane . Alors j’ai écrit à la chaîne pour entrer en contact avec cette personne. Elle disait qu’elle avait bien connu ma mère pendant six mois. Quand elle m’a vue, elle semblait frappée par la ressemblance avec ma mère, surtout les cheveux, paraît-il. Elle m’a affirmé que ma mère disait toujours “si c’est une fille je l’appellerai Graciane ”… » Après des recherches menées grâce à l’appui d’amis établis en Algérie, Graciane s’aperçoit finalement qu’elle s’est lancée sur une fausse piste. Très déçue, elle n’abandonne pas. Sa mise à la retraite précoce, à l’âge de 49 ans, lui offre à nouveau du temps. Sa dernière fille l’aide un peu dans ses investigations. En vain, jusqu’à présent.

Il y a quelques années, si Graciane avait retrouvé sa mère, elle lui aurait sans doute déclaré que son abandon était « lamentable », qu’elle lui en voulait. Mais après avoir côtoyé de nombreuses « mères de l’ombre » au sein des « X en colère », la militante dit avoir évolué. Aujourd’hui, c’est l’envie de dissiper un éternel flou qui l’habite. « Je voudrais savoir plein de petites choses idiotes sur ma mère ; était-elle douée pour le sport, qu’aimait-elle manger ? Quand on n’est pas en possession de ses informations génétiques, c’est comme un arbre sans racines, ça ne tient pas debout… » Pour l’heure, Graciane se consacre à ces autres personnes qui ont, comme elle, un « X scotché sur le corps ».

Guilherme-Luc, l’appel de la pampa



« Je sais ce que j’ai évité »


« À quelle heure tu es né ? » Dans la cour son école primaire de Montpellier, Guilherme-Luc Malet aurait bien aimé répondre. « C’est un petit détail qui m’a tout le temps tracassé », avoue-t-il. Sa mère célibataire ne lui a pourtant jamais caché ses origines. Elle le recueille petit chez les sœurs missionnaires de Juiz de Fora, au Brésil, le ventre rond en raison de carences alimentaires. Deux ans auparavant, elle a aussi adopté une petite Brésilienne, plus tard gravement handicapée, et peu à peu paralysée.

Lui dispose de son certificat de baptême portant le nom de ses parents d’origine. « Maman me racontait ma venue du Brésil, et j’assumais le fait d’être adopté, avance Guilherme-Luc, dont le prénom porte le chaînon de la double nationalité. C’est vis-à-vis de l’extérieur qu’on doit se justifier, à cause de sa couleur de peau, ou lorsqu’on remplit des papiers en indiquant son lieu de naissance. » L’absence de père se fait peu ressentir dans son enfance. Sa mère a à cœur de la combler par des référents masculins. « Elle faisait en sorte que je rencontre beaucoup mon oncle et mes grands-parents, détaille le jeune homme de 26 ans. J’ai aussi fréquenté la maisonnée Saint-Joseph, un patronage religieux où j’ai trouvé un certain équilibre par une présence masculine. »


À force de fréquenter des Brésiliens, Guilherme-Luc se laisse plus tard gagner par l’envie de retourner vers son passé. Les sœurs d’une de ses amies, établies là-bas, parviennent à repérer sa famille en appelant la pharmacie de sa ville natale. Celle-ci vit dans les favelas. Guilherme-Luc réussit alors à la joindre. Sa mère, trop pauvre, lui explique à distance qu’elle ne pouvait pas l’assumer bébé, et qu’il était malade. Elle lui avoue aussi l’avoir vendu, avant qu’il ne se retrouve chez les sœurs missionnaires. « On ne peut pas juger l’acte de quelqu’un qui n’a rien à manger, estime Guilherme-Luc. Elle ne m’a pas vendu pour acheter une montre, et je dis parfois avec humour, “c’est pour ça que je suis aujourd’hui un bon commercial !” »

La rencontre avec son père séparé de sa mère est forte. Et puis, parce qu’en France, il se sent à demi fils unique (« Avec ma sœur handicapée, on se comprend par le sourire et le regard », dit-il), il est attendri par sa plus jeune sœur là-bas, qui a 12 ans. Le Brésil lui dévoile aussi le dénuement des favelas, une culture métissée, loin des étroites images « de football et de Copacabana ». Touché, le jeune Franco-Brésilien retourne l’année suivante fêter Noël, un « Noël en tongs », dans cette autre famille de la pampa.


Depuis, Guilherme-Luc écrit, téléphone souvent mais s’efforce aussi de maintenir une certaine distance. « Ma mère biologique voudrait que je revienne au Brésil, mais je lui ai dit que ma vie était en France, qu’on ne peut pas tout mélanger. Je l’ai aussi remerciée de m’avoir permis d’être adopté, car je sais ce que j’ai évité. Ce qui compte, c’est qu’elle ait gagné en dignité dans son quartier, car j’ai pu dire autour d’elle que je ne la jugeais pas mal. »

Celui qui a toujours eu l’impression d’être « né en descendant de l’avion » travaille maintenant dans l’aéronautique, après une formation de steward. Cloué au sol pour le moment à cause de la crise, il espère en secret être recruté par Air France pour s’envoler très vite vers des terres éloignées, en particulier le Brésil. Un pays qu’il a su faire sien. « Même si le plus important, ce sont les liens du cœur, je pourrai plus tard raconter à mes enfants pourquoi j’ai du sang brésilien qui coule dans mes veines. » Il saura même leur dire, s’ils lui demandent, qu’il est né un 3 juin à midi trente.


Maryline CHAUMONT
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 16:39

Céline Giraud revient sur la place et les attentes des adoptés en France



La Croix. Quel est l’apport des adoptés en France sur les questions liées à l’adoption nationale et internationale ?

Céline Giraud : L’essentiel se fait dans leurs interventions auprès des parents adoptifs. Les professionnels apportent de leur côté beaucoup de chiffres, de notions, de données psychologiques, mais les adoptés apportent leur vécu. Cela permet aux parents adoptifs de s’identifier à une expérience concrète plus qu’à des statistiques, parce qu’ils se projettent, eux et leur enfant, dans nos témoignages et nos ressentis. Aujourd’hui, La Voix des adoptés s’est également aperçue qu’elle était capable d’apporter une analyse à partir des expériences ; un point de vue complémentaire qui intéresse aussi bien les associations que le service de l’adoption internationale. On peut aussi faire bouger les lignes sur certains sujets, tels que la recherche des origines ou encore le trafic d’enfants, dont je suis moi-même issue et qui demeure encore tabou.

Quelles évolutions constatez-vous concernant la recherche des origines dans les familles adoptives et chez les adoptés eux-mêmes ?

Il y a cinquante ans, être adopté restait quelque chose d’un peu honteux : toute une génération dans les années 1950 a ainsi vécu sous le sceau du secret, voire du mensonge. Aujourd’hui, c’est une énorme évolution que l’on connaît : on doit pouvoir en parler en famille, accepter cette éventualité de la recherche des origines… Mais cette évolution n’est pas terminée. Il y a encore beaucoup de parents dépositaires d’une histoire qu’ils jugent nécessaire ou pas de retransmettre à leur enfant. En même temps, tous les professionnels, les associations et les instances officielles vont dans le sens de l’intérêt premier de l’enfant et de l’accès à ses origines s’il le désire. Or, les parents adoptifs agissent beaucoup en fonction de ce qu’ils entendent au moment où ils adoptent. Actuellement, ils sont beaucoup moins démunis et peuvent profiter de nombreux points d’information, des maisons de l’adoption, des espaces adoption ou d’Internet…

Internet, justement, vient-il bouleverser la manière d’enquêter sur ses origines ?

Le recours à Internet se développe en effet depuis plusieurs années, mais il y a un revers à la médaille. Les sites ou réseaux sociaux comme Facebook sont si nombreux que c’est devenu un moyen de recherche, notamment pour des adolescents. On a des retrouvailles par Internet. Mais cela peut être dangereux, surtout sur le plan psychologique pour une personne isolée par exemple, car les informations tombent d’un coup. Alors que l’accompagnement dans ces moments est fondamental. Il ne faut pas oublier que si l’on a été adopté, c’est souvent parce qu’on venait d’une famille malheureuse, qu’il y a tout un lot d’histoires douloureuses derrière ; et la découverte de la vérité peut être violente, encore plus à l’époque si fragilisante de l’adolescence. On déconseille d’ailleurs assez souvent les recherches à l’adolescence, en proposant des alternatives comme la possibilité d’être parrainé par un adulte adopté.

Un projet de réforme de l’adoption est en cours. Quelles sont les améliorations qui s’imposent, selon vous ?

La grande réforme prévue à la suite du rapport Colombani a trait surtout aux démarches de l’adoption. Elle a le souci de l’accompagnement des parents, mais elle porte très peu sur la post-adoption. Ce sujet est bien trop peu abordé. Une fois que les enfants sont arrivés dans leur famille adoptive, il leur reste tout un chemin à parcourir. Les questions peuvent venir très tard, même soixante ans après. Ce n’est pas encore acquis chez les acteurs du monde de l’adoption... Les associations font déjà un très bon travail, mais n’ont pas les moyens d’aller suffisamment loin. Il faudrait des structures réservées à la post-adoption, comme il en existe en Espagne dans toutes les régions, ouvertes à tout âge et sans délai d’attente. Il s’y déroule des groupes de parole, des ateliers, des suivis personnalisés ou encore des thérapies familiales, et c’est cela qui manque encore en France.

Recueilli par Marilyne CHAUMONT
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:54

LE MONDE | 14.12.09 | 08h53  •  Mis à jour le 14.12.09 | 09h02
Santiago du Chili, envoyée spéciale


Le candidat de droite, le milliardaire Sebastian Piñera, est arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle, dimanche 13 décembre, avec 44 % des voix. Il devance l'ex-président démocrate-chrétien Eduardo Frei (1994-2000), candidat de la Concertation, la coalition de centre-gauche au pouvoir depuis vingt ans, qui a recueilli 29,6 % des suffrages. Un second tour, qui s'annonce serré, aura lieu le 17 janvier 2010.


Les électeurs du candidat indépendant Marco Enriquez Ominami, jeune dissident socialiste, arrivé en troisième position avec 20 % des voix, joueront les arbitres. Un autre dissident, Jorge Arrate, allié au Parti communiste, a obtenu 6 % des suffrages : il a appelé à voter pour M. Frei au second tour.


C'est la première fois depuis la fin de la dictature militaire du général Augusto Pinochet que la droite arrive en tête d'un ballottage. En décembre 1999, Joaquin Lavin, candidat de l'Union démocrate indépendante (UDI), le parti de droite pro-Pinochet, avait réuni 47 % des voix contre 48 % pour le socialiste Ricardo Lagos, qui avait été élu de justesse au second tour avec 51 % des suffrages.


M. PIÑERA INCARNE UNE DROITE MODÉRÉE


Trente-six ans après le coup d'Etat du 11 septembre 1973, la société chilienne a changé. La peur a disparu. Trois ans après la mort du général Pinochet, le 10 décembre 2006, l'axe autoritarisme-démocratie, qui caractérisait les présidentielles antérieures, a été effacé.


"Beaucoup de Chiliens ne se guident plus en fonction du paramètre traditionnel gauche-droite, estime l'analyste Carlos Peña. Ils savent que le modèle libéral chilien ne sera pas remis en cause, ils votent désormais pour celui qu'ils perçoivent comme plus efficace et plus moderne." Le Chili jouit d'une démocratie solide et d'une stabilité économique exemplaire sur le sous-continent latino-américain.


A la tête du Parti de rénovation nationale, M. Piñera incarne une droite modérée qui a pris ses distances à l'égard de l'ancien dictateur. Il avait voté "non" au plébiscite de 1988 par lequel le général Pinochet avait tenté de se maintenir au pouvoir. Son père était un démocrate-chrétien. Sebastian Piñera a été ambassadeur en Belgique sous la présidence du fondateur de la démocratie chrétienne, Eduardo Frei Montalva (1964- 1970), le père de son rival.

Candidat malheureux face à la socialiste Michelle Bachelet, la présidente sortante, M. Piñera avait fait sensation en devançant, au premier tour en 2005, son rival ultraconservateur Joaquin Lavin, membre de l'Opus Dei. Aujourd'hui, M. Piñera est toutefois allié à l'UDI. Le dernier président de droite élu avait été, il y a cinquante-et-un ans, Jorge Alessandri (1958-1964).


Mathématiquement, en additionnant les votes en faveur des deux dissidents socialistes, M. Frei pourrait l'emporter au second tour. Cependant, les politologues à Santiago estiment qu'une partie des électeurs de Marco Enriquez-Ominami, désabusés par la Concertation, pourrait reporter ses voix sur le candidat de la droite.

Eduardo Frei appartient au secteur conservateur de la coalition de centre-gauche au pouvoir. A 67 ans, il est perçu comme peu différent de la nouvelle droite que prétend incarner M. Piñera. Ce dernier a repris à son compte la défense des droits de l'homme, un thème jusqu'ici monopolisé par la Concertation.


Dans un pays conservateur, un des spots télévisés de la campagne de M. Frei montrait deux jeunes filles s'embrassant sur la bouche. De son côté, M. Piñera est apparu aux côtés de deux jeunes homosexuels se tenant par la main. Cela lui a valu le courroux de ses alliés de l'UDI et de l'Eglise catholique.

M. Piñera a su habilement reconnaître les succès des quatre gouvernements successifs de la Concertation depuis le retour de la démocratie, rendant un hommage particulier à la présidente Michelle Bachelet, qui termine son mandat, le 1er mars 2010, avec 78 % d'opinions favorables.


LE PARTI COMMUNISTE REVIENT AU PARLEMENT


M. Piñera a toutefois rappelé que l'énorme brèche entre riches et pauvres n'a pas été comblée. Et il a promis la création d'un million d'emplois, une augmentation des programmes sociaux et une main de fer contre la délinquance qui préoccupe les Chiliens.

Les électeurs ont également voté, dimanche, pour renouveler la Chambre des députés et la moitié des sièges du Sénat. Pour la première fois depuis le coup d'Etat du général Pinochet qui renversa le président socialiste Salvador Allende (1970-1973), le Parti communiste chilien revient au Parlement avec trois députés élus, selon les premiers résultats officiels.


Christine Legrand

 

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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 16:18
affiche-clandestino-theatre-Aleph.jpg
Clandestinopolis :
Une polis où règne la police, une terra incognita, un tram dans l’antre de la ville, un homme dans les entrailles d’un tram.
Hippolyte Wetters alias destin n°7111968 cloué à son siège, égrène les stations en même temps que les souvenirs, des souvenirs étranges qui font naître des passagers inquiétants qui ne cessent de tourmenter Hippolyte jusqu’à ce que mort s’en suive...

Clandestinopolis revient comme un refrain, comme une rengaine qui ne s’oublie pas et s’invite au Théâtre Aleph à Ivry Sur Seine au mois de janvier et de février 2010.
Clandestiopolis a été enfanté par un géniteur algérien dans une ville belge : Mustapha Benfodil, mais Clandestinopolis est doué pour la métempsycose et le voilà qui s’empare de l’âme d’un metteur en scène tunisien : Nour Jlassi qui le fait renaître à Paris en le revêtant de son costume de son et de lumière.
Clandestinopolis vit avec la Compagnie à l’Affût.

Clandestinopolis est une pièce contemporaine de Mustapha Benfodil
une création de la Cie à 'Affût
dans une mise en scène de Nour Jlassi
s’invite au Théâtre Aleph (30, rue Christophe Colomb 94200 Ivry sur Seine) pour 5 dates
les jeudis 14, 21, 28 janvier 2010 à 20h30
les jeudis 4 et 11 février 2010 à 20h30
réservation au 01 46 70 56 85

plein tarif : 15 euros, tarif réduit : 10 euros


Clandestinopolis a été joué 10 fois:

le 6 juin 2009 à la Cié Refuge de l'Armée du Salut
le 14,16,18 et 20 juin 2009 à la 2ème édition de la Semaine des Affûtés: Festival de Théâtre Amateur mis en place par la Cie à l'Affut, tous les ans au mois de juin (dans un jardin au 47, av. Boutroux 75013 Paris)
le 5 juillet 2009 à l'occasion d'un repas de quartier mis en place par la Mairie du 13e
le 26 septembre 2009 à Méli-Mélo, une fête de quartier mise en place par le Collectif Chevaleret, dans un jardin
le 27 septembre 2009 à la Péniche Nix Nox, à l'occasion de la Fête des Sorties Culturelles: le Festival Spectaculaire mais en place par la Mairie de Paris
le 27 et 28 novembre à la Poterne des Peupliers (Paris 13)

Clandestinopolis est interprété par 10 comédiens:
Julie Benegmos dans le rôle d'Adeline Wetters alias P963
Françoise Géromet dans le rôle d'Hippolyte Wetters alias Destin n° 7111968
Houda Zekri dans le rôle de Dieu alias le Démiurge Ravageur
Pénélope Boissonnet dans le rôle d'Anne Wetters et du service de la Narration
Jennifer Scappaticci dans le rôle de la Faucheuse
Natalia Ciciarello dans le rôle de la Voyante Aveugle
Cyril Duflos dans le rôle du Fou Antonin Artaud (tragiquement lucide)
Mathieu Villatelle dans le rôle de Slimane et du profileur physiognomoniste
Julien Villacampa dan sle rôle du conducteur du tram et du temps objectif
Sébastien Bidault dans le rôle du Chefd e la Brigade anti-terroriste

Clandestinopolis est "illuminé" par:
Pauline Fort et Françoise Noyon


"décoré" par :
Ivan Mata Maenza et Llorenç Batlle


"sonorisé" par:
Christophe Deroulers
Conception du Journal:
Christophe Deroulers


Pour tous renseignements:  compagniealaffut@gmail.com
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 15:39

Son regard inquiet contraste avec la passion avec laquelle elle parle des Mapuches, les Indiens qui vivent dans le centre-sud du Chili, au coeur de l'Araucanie. Elena Varela, cinéaste chilienne, risque 15 ans de prison. Elle est accusée de "terrorisme" pour avoir réalisé des documentaires sur les Mapuches qui revendiquent la terre de leurs ancêtres. Une loi antiterroriste, datant de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), est encore en vigueur.

 

Son avocat est l'ancien juge Juan Guzman, célèbre pour avoir inculpé Augusto Pinochet et enquêté sur les crimes contre les droits de l'homme commis pendant les années de plomb. Il est convaincu qu'il s'agit d'un "montage politico-judiciaire contre une intellectuelle qui veut montrer la discrimination dont sont victimes les Mapuches". "Le gouvernement n'écoute pas les Mapuches et les traite comme des mouches qu'il faut chasser", lance l'ancien magistrat qui a réussi à faire repousser par deux fois le procès d'Elena Varela. Il devrait finalement s'ouvrir le 8 janvier 2010, à Villarrica (650 km au sud de Santiago). Militante de gauche, la cinéaste n'appartient pas à l'ethnie Mapuche. Arrêtée en mai 2008, elle a passé trois mois en prison. Elle est actuellement en liberté provisoire.


La cause des Mapuches - conflit récurrent pour la Concertation démocratique de centre gauche au pouvoir depuis vingt ans - a été évoquée pendant la campagne électorale en vue de la présidentielle du 13 décembre. Les quatre candidats se sont déclarés partisans d'une loi garantissant la reconnaissance constitutionnelle des droits des peuples indigènes qui est toujours en attente au Parlement.

Une frange des Mapuches s'est radicalisée au cours des derniers mois avec des occupations de terres et l'incendie de propriétés privées. Les images retransmises par la télévision d'un jeune Mapuche, menotté, violemment battu par des carabineros, la police militaire, alors qu'il n'opposait aucune résistance, ont attisé les rancoeurs. Le mouvement mapuche le plus extrémiste, la Coordination Arauco Malleco (CAM), a "déclaré la guerre au gouvernement". Les partisans de "l'autonomie de la nation Mapuche" ont dit "renoncer à la nationalité chilienne" dans un communiqué, le 20 octobre.


POPULATION DES BIDONVILLES

A Santiago, le quotidien conservateur El Mercurio a publié, à la "une", la photographie de grands propriétaires terriens munis de gilet pare-balles. Les journaux, majoritairement de droite, présentent les Mapuches comme de dangereux terroristes qui auraient des liens avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Pas un mot sur le procès. En 2008, quatre cinéastes, deux Français et deux Italiens, venus filmer la lutte Mapuche ont été expulsés, accusés d'appartenir au mouvement séparatiste basque ETA.


Les Mapuches - dont le nom signifie "hommes de la terre" - sont le principal groupe ethnique du Chili. Ils représentent plus de 6 % des 17 millions d'habitants. Ils réclament la restitution de terres annexées, selon eux, par l'Etat, à la fin du XIXe siècle. La plupart sont occupées par des multinationales - usines hydroélectriques, sociétés forestières - qu'ils accusent de détruire l'environnement. Ils réclament le respect de leurs coutumes et jugent insuffisante la dévolution de 650 000 hectares de terre faite par l'Etat. Plus du tiers de ces restitutions ont été faites depuis le début de la présidence, en 2005, de la socialiste Michelle Bachelet.


Ce sont des terres pour la plupart infertiles, dénoncent les indigènes, qui vivent pauvrement de l'agriculture. Ils sont souvent, privés de système de santé et d'éducation. Beaucoup émigrent vers les grandes villes où "ils viennent grossir la population des bidonvilles et souffrent de discrimination", souligne Matais Meza de l'Observateur Citoyen. Les Mapuches dénoncent "une militarisation de leur territoire par l'armée chilienne". Des dizaines de dirigeants mapuches sont en prison en vertu de la loi antiterroriste. Des centaines attendent d'être jugés.


"Au Chili, personne n'est en prison parce qu'il est mapuche, mais parce qu'un délit a été commis",


Mme Varela est aussi accusée d'avoir appartenu à un gang qui a attaqué une banque, en décembre 2004, et un centre de paiement de retraites, en juin 2005. Ses proches évoquent un montage policier pour empêcher la cinéaste de poursuivre son travail. Elle-même dénonce "le manque de liberté d'expression au Chili dès que l'on remet en cause le modèle libéral, mis en place par Pinochet".


Christine Legrand

affirme la présidente sortante. Mme Bachelet, qui terminera son mandat le 1er mars 2010, condamne la violence de "groupes extrémistes". Ouverte au dialogue, elle a présenté, en septembre, un projet de loi visant à la création d'un ministère des affaires indigènes. Depuis le retour de la démocratie, le Chili a été à plusieurs reprises rappelé à l'ordre à Genève par le Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies qui a effectué des missions dans les communautés indigènes.
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 15:26

Le Chili où 8,3 millions d'électeurs désignent dimanche Parlement et président, représente depuis 20 ans un pôle de stabilité politique et de performance économique en Amérique Latine

Fiche technique du Chili avant l'élection présidentielle du 13 décembre 2009

Image © AFP

Fiche technique du Chili avant l'élection présidentielle du 13 décembre 2009



AFP - le 12 décembre 2009, 10h58


GEOGRAPHIE: Le Chili (756.950 km2) s'étire sur 4.300 km (pour une largeur maximale de 350 km) entre l'océan Pacifique à l'ouest et la cordillère des Andes à l'est qui le sépare de son principal voisin, l'Argentine. Il est bordé par le Pérou au nord, la Bolivie au nord-est. Il possède l'île de Pâques, à 3.700 km de ses côtes.


POPULATION: 16,8 millions (2008), dont près d'un million d'Indiens (Mapuche principalement, et aymaras)


CAPITALE: Santiago (plus de 6 millions d'habitants avec agglomération)


LANGUE: Espagnol

RELIGION: Catholique (70%), progression des églises évangéliques et protestante (15%)


HISTOIRE: Colonie espagnole depuis le milieu du XVIème siècle, le Chili a signé son indépendance en 1818, mais commémore le 18 septembre 1810, réunion de sa première Junte gouvernante.

Dictature militaire de 1973 à 1990 sous le général Augusto Pinochet qui renversa le président socialiste Salvador Allende (11 septembre 1973). La dictature a fait plus de 3.100 morts et disparus. 28.000 cas de torture. Désavoué par un référendum plébiscitaire en 1988, Pinochet cède le pouvoir en 1990 au chrétien-démocrate Patricio Aylwin, démocratiquement élu.


INSTITUTIONS: République. Régime présidentiel, mandat de quatre ans sans possibilité de mandats consécutifs. Le Chili est dirigé depuis mars 2006 par la socialiste Michelle Bachelet, première femme chef d'Etat du pays. Elle est à la tête d'une coalition de centre-gauche, la "Concertation Démocratique", formée par le Parti socialiste, la Démocratie chrétienne (CD), le Parti Radical Social-Démocrate (PSD) et le Parti pour la Démocratie (PD).

La "Concertation" est au pouvoir depuis le retour de la démocratie, avec deux démocrate-chrétien (Patricio Aylwin puis Eduardo Frei), un social-démocrate (Ricardo Lagos) et une socialiste (Michelle Bachelet).


ECONOMIE: Cité en modèle de croissance économique de la dernière décennie, le Chili a durement subi l'impact de la crise internationale avec 12 mois de contraction du PIB. Il a payé en 2008 le yo-yo des cours du cuivre, dont il est le premier producteur mondial (35%) et représente 45% de ses exportations.

Autres produits: bois, agro-alimentaire, pêche, or, argent, pétrole.


PNB: 14.688 par habitant (2008, Banque centrale).

CROISSANCE: -2% en 2009 (prévision Banque centrale).

CHOMAGE: 9,7% (2009; Institut Statistiques)

INFLATION: -1,1% (2009, Banque centrale)

DETTE EXTERIEURE: 68,8 milliards de dollars (2009)


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