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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

A 53 ans, une Genevoise est jugée trop âgée pour adopter (www.tdg.ch)

Blog de l'AFAENAC

JUSTICE | Déboutée à Strasbourg, Ariane Schwizgebel ne baisse pas les bras: elle accueillera un enfant d’une famille en difficulté.

 

«Oui bien sûr je suis déçue, explique Ariane Schwizgebel. Les juges n’ont pas fait preuve d’humanité et ont rendu une décision absolument injuste.» Cette Genevoise, qui aura 54 ans cet été, ne pourra jamais adopter un second enfant. C’est ce que lui a signifié la Cour européenne des droits de l’homme dans un arrêt entré en vigueur à la fin de l’année dernière.

 

Discrimination?

En 2000, cette musicienne, vivant dans un cinq-pièces cossu en face du parc des Bastions, avait pu adopter un premier enfant (Violaine, 11 ans) et souhaitait lui donner un petit frère ou une petite sœur. Elle disait notamment qu’elle disposait d’un large réseau d’amis et pouvait compter sur l’aide de son père octogénaire qui vit avec elle. Directrice artistique du festival de musique ancienne Agapé, cette mère célibataire s’était néanmoins heurtée au rejet de sa demande. En 2007, le Tribunal fédéral l’avait jugée trop âgée: «A plus de 60 ans, elle va se retrouver l’unique parente de deux jeunes en pleine adolescence. Aux problèmes liés à cette période de la vie peuvent s’ajouter les difficultés propres aux adoptés.» Par la suite, dans une requête adressée à Strasbourg, Ariane Schwizgebel s’était plainte de discrimination par rapport aux femmes qui peuvent avoir des enfants biologiques à plus de 45 ans. La décision, négative, est tombée plus de trois ans après son dépôt en 2007. La Cour européenne écarte sa requête et lui rappelle que l’Etat n’a aucune influence sur la possibilité ou non pour une femme d’avoir des enfants biologiques. En revanche, la Cour admet que l’intéressée peut prétendre être victime d’un traitement différencié par rapport à une femme plus jeune qui, dans les mêmes circonstances, pourrait obtenir l’autorisation d’accueillir un second enfant en vue de son adoption. Cependant, selon la Cour, «aucun arbitraire ne peut être décelé dans la présente affaire». L’intérêt supérieur de l’enfant a été pris en compte, de même que celui de l’enfant déjà adopté.

 

Une alternative

Mais la claveciniste ne s’avoue pas vaincue. «Je vis avec ma fille, d’origine vietnamienne, et mon père de 89 ans, nous sommes inscrits dans un réseau de famille d’accueil. Nous allons prendre en charge, en ce début d’année, un enfant qui sera âgé entre 5 et 8 ans. Une fillette ou un garçon dont les parents ne peuvent plus assurer l’éducation pour des raisons diverses. Il s’agira bien sûr d’un séjour provisoire. Je ne serai pas sa mère, Violaine ne sera pas sa sœur. Les liens du sang passant avant.» Ariane Schwizgebel dit avoir déjà pensé au choc le jour où l’enfant devra repartir après quelques mois, voire quelque années. «Je sais que cela va être un déchirement, mais nous nous préparons à ce cas de figure. Le but avant toute chose sera de lui donner de l’amour.»

 

«Violaine se réjouit»

Mais pourquoi avoir choisi l’adoption à un âge où certaines femmes sont déjà grands-mères? «J’ai eu une relation très forte il y a de longues années avec un homme. Il est mort à 28 ans dans un accident.» La musicienne a mis du temps à faire son deuil. Sa foi catholique l’a aidée, dit-elle: «A la fin des années 90, j’ai fait les démarches pour l’adoption de Violaine. Aujourd’hui, elle se réjouit de notre futur statut de famille d’accueil.»

 

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