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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Au Chili, le mouvement étudiant ne relâche pas la pression (LEMONDE.FR)

Blog de l'AFAENAC

Les étudiants chiliens réclament toujours une refonte de leur système éducatif même s'ils ont quitté les négociations.

Les étudiants chiliens réclament toujours une refonte de leur système éducatif même s'ils ont quitté les négociations.REUTERS/IVAN ALVARADO

Les manifestations se suivent et se ressemblent au Chili. Alors que des dizaines de milliers d'étudiants – les estimations varient entre 25 000 et 200 000 – manifestaient, mercredi 19 octobre, pour une réforme de l'éducation, des échauffourées ont éclaté entre forces de l'ordre et jeunes émeutiers dans les rues de Santiago, pour le deuxième jour consécutif.

Un scénario devenu hebdomadaire. Même si le défilé en lui-même s'est déroulé dans une ambiance bon enfant, dans plusieurs quartiers de la capitale, des étudiants ont érigé une dizaine de barricades de pneus enflammés. D'autres ont détourné un bus, l'ont vidé de ses occupants avant de le brûler. Au cours de brèves batailles rangées, les policiers ont répliqué à coup de gaz lacrymogènes et lances à eau.

A l'échelle du pays, 373 personnes ont été appréhendées mais la plupart ont été libérées sauf une poignée d'entre elles, inculpées pour attaque contre des policiers. En effet, vingt membres des forces de l'ordre ont été blessés, certains par des plombs.

Les "encapuchados" affrontent les forces de l'ordre à coup de panneaux de signalisation ou plus prosaïquement à coup de pierres.

Les "encapuchados" affrontent les forces de l'ordre à coup de panneaux de signalisation ou plus prosaïquement à coup de pierres.REUTERS/STRINGER/CHILE

"Nous n'avons pas affaire ici à des enfants ou à des idéalistes", s'est emporté le porte-parole du gouvernement Andrès Chadwick. Preuve du durcissement du ton, le ministre de l'intérieur Rodrigo Hinzpeter a annoncé une plainte aux termes de la"Loi de sécurité de l'Etat", législation datant de la dictature, qui autorise des peines alourdies pour des délits spécifiques.

LA TRENTE-HUITIÈME MANIFESTATION EN SIX MOIS

Ces violences ne doivent pas occulter le fond du problème. C'était la 38e grande manifestation des étudiants depuis qu'avec enseignants et lycéens, ils se sont mobilisés, il y a six mois, pour réclamer la réforme d'une éducation à deux vitesses privé-public, et surtout des moyens accrus pour le public.

Le dialogue est au point mort depuis que les étudiants ont quitté, le 5 octobre les pourparlers avec le gouvernement, jugeant que les propositions sur la table ne répondaient en rien au "changement de paradigme" qu'ils réclament, en termes de budget de l'éducation et de gratuité.

Camilla Vallejo, fer de lance du mouvement, revient d'un tour d'Europe au cours duquel elle a essayé de sensibiliser institutions et opinions à la cause des étudiants chiliens.

Camilla Vallejo, fer de lance du mouvement, revient d'un tour d'Europe au cours duquel elle a essayé de sensibiliser institutions et opinions à la cause des étudiants chiliens.AFP/HECTOR RETAMAL

 Les syndicats étudiants dénoncent régulièrement les heurts et la violence qui émaillent le mouvement. Mais ils semblent dépassés par les "encapuchados", plus prompts à batailler avec les forces de l'ordre qu'à négocier.

Deux des leaders étudiants, Camila Vallejo et Giorgio Jackson, sont revenus mercredi d'une visite en Europe, en quête de soutien auprès d'institutions européennes et d'organismes internationaux tels l'Unesco ou l'OCDE. Pour MlleVallejo, cette mission "très positive" a démontré que ce que demandent les étudiants en termes de moyens pour l'éducation "est nécessaire et a été appliqué dans d'autres pays. Nous ne sommes pas fous, nos demandes sont légitimes et justes", assure-t-elle.

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