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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chico Trujillo, la cumbia en fanfare (next.liberation.fr)

Blog de l'AFAENAC

Festif . Le groupe chilien survitaminé, qui mêle ska et rythmes colombiens, débute sa tournée à Paris.

Le groupe est chilien, mais sa musique «chilombienne» : une façon de souligner sa dette envers la Colombie. Son rythme étendard, la cumbia, a commencé à déborder de ses frontières dans les années 60 avec les orchestres de Pacho Galán ou Lucho Bermúdez. Aujourd’hui, la cumbia est partout sur la scène musicale des pays hispanophones, faisant danser un consensus de DJ, rockeurs, rappeurs… Reste à séduire l’ensemble de la planète.

Cuivres. Chico Trujillo naît en 1999, de la scission de La Floripondio, groupe reggae punk du cru. Les musiciens sont originaires de la région de Valparaíso, concrètement de Villa Alemana («ville allemande»). Et c’est d’ailleurs en Allemagne que Chico Trujillo va se faire un nom, dès 2002, bien avant d’être reconnu au Chili. Le Café Zapata de Berlin est ainsi devenu leur maison : le groupe y a joué des dizaines de fois et, rien qu’en 2010, à 18 reprises.

En mars, à Marseille, lors du festival Babel Med Music, les huit membres de Chico Trujillo mettaient le feu avec un cocktailcumbia-ska dopé à la bonne humeur, des rythmiques implacables, des cuivres infatigables et un chanteur au talent de showman. Comme aux plus beaux jours de la Mano Negra, le jeune public des premiers rangs sautait dans tous les sens. Grâce à la présence en nombre de programmateurs de festivals, l’agenda 2011 du groupe s’est rapidement garni.

Backstage, le percussionniste Tio Rodi retrace la genèse de ce rock tropical. «Au Chili, cumbia, cueca et valse sont les trois piliers des bals populaires. Dans les années 60, la cumbia rivalisait avec le rock, avec des groupes tels que Viking 5 ou la Sonora Palacios et son chanteur adulé, Tommy Rey.» Le guitariste Michael Magliocchetti enchérit : «La cumbia a longtemps été méprisée par les élites, car identifiée aux bas-fonds et aux classes populaires. Avec un double discours : on la critiquait, mais quand il s’agissait de faire la fête, on ne pouvait s’en passer, pauvres comme riches.» Tio Rodi ajoute : «Dans les années 80, toute cette musique était en léthargie, elle a refait surface à partir de 1989. La fin de la dictature s’accompagnait d’un énorme besoin de respirer et de s’amuser.»

Affiche. Les musiciens ne se reconnaissent pas de filiation avec les Argentins Fabulosos Cadillacs, à qui ont les a comparés, mais ils citent volontiers les Skatalites de Jamaïque comme une influence majeure.

Si le groupe se garde d’afficher des engagements politiques, il a participé à des concerts de solidarité avec les indiens Mapuche du nord du pays. Et mène activement campagne contre la construction de cinq centrales hydroélectriques dans la Patagonie chilienne, projet ravageur pour les écosystèmes.

Une fois bouclé son tour du Vieux Continent, Chico Trujillo s’envolera pour les Etats-Unis, où l’attendent deux concerts à New York, et un autre à Chicago : rien moins que le festival Lollapalooza, la plus grosse affiche américaine de l’été, avec Eminem, Muse, Coldplay et Foo Fighters.

CHICO TRUJILLO CD : CHICO DE ORO (Barbès Records). En concert jeudi à Paris (Divan du monde) ; le 18 à La Roche-Posay (86) ; le 25 à Audincourt (25) ; le 26 à Auxerre (89) ; le 6 juillet, à Miribel (01) ; le 12 à Mons (Belgique) ; le 14 à Arles (13) ; le 29 à Paris (Glazart).
Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ

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