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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chili : la dictature Pinochet devant la justice française (lefigaro.fr)

Blog de l'AFAENAC

Le procès de 14 responsables de l'ex-junte chilienne soupçonnés d'avoir enlevé quatre Français durant les premières années de la dictature s'est ouvert en leur absence ce mercredi devant la cour d'assises de Paris.

 

Un procès pour l'histoire et... le symbole. Le procès de 14 membres de l'ex-junte chilienne jugés pour les disparitions de quatre Français sous la dictature de Pinochet s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises de Paris. Les accusés, essentiellement des anciens militaires âgés de 61 à 89 ans, étaient appelés à comparaître pour «arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie».

Mais mercredi, personne n'a pris place dans le box des accusés. Le président de la cour d'assises Hervé Stéphan a appelé à l'ouverture de l'audience les accusés et a constaté, sans surprise, qu'ils avaient renoncé à faire le déplacement et à se faire représenter. Ils dénient en effet le droit à la justice française de les poursuivre. Les mandats d'arrêt internationaux lancés par les juges français à leur encontre sont par ailleurs restés lettre morte, le Chili n'extradant pas ses ressortissants.

 

Une attente de plus de 35 ans

Le procès va donc se tenir «par défaut», uniquement en présence des familles des disparus et de leurs avocats et le dossier sera examiné par trois magistrats professionnels, sans jurés, jusqu'au 17 décembre. Une procédure dite de «défaut criminel» qui, depuis 2004, a remplacé la contumace et qui prévoit qu'en cas de condamnation, l'accusé ne puisse pas faire appel. Et dans cette affaire, le jugement ne pourra être effectif que si les condamnés quittent le Chili.

Les familles des victimes, qui attendent ce procès depuis le dépôt de plaintes en France en 1998, sont arrivées ensembles au palais de justice mercredi matin. Très émues, elles ont fait part de leur volonté d'une condamnation symbolique, après plus 35 ans d'attente.

 

Bernard Alexandre Chanfreau brandit une photo de son frère Alphonse à l'ouverture du procès.
Bernard Alexandre Chanfreau brandit une photo de son frère Alphonse à l'ouverture du procès. Crédits photo : FRANCOIS MORI/AP

Le dossier porte sur la disparition le 11 septembre 1973 - jour du coup d'Etat de Pinochet - de Georges Klein, un médecin devenu conseiller du président socialiste Salvador Allende, renversé par la junte militaire. Les disparitions d'Etienne Pesle, un ancien prêtre, le 19 septembre 1973, et de deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (Mir), Alphonse Chanfreau, le 30 juillet 1974, et Jean-Yves Claudet-Fernandez, le 1er novembre 1975, seront également examinées. Les corps de ces quatre Français n'ont jamais été retrouvés.

 

Des caméras aux audiences

Le principal accusé est Manuel Contreras, 81 ans, ancien chef de la police secrète du régime Pinochet, la Dina. Comme certains des autres accusés, il a déjà été condamné au Chili pour d'autres crimes commis pendant la dictature et se trouve actuellement en détention. Parmi les 14 accusés - 13 Chiliens et un Argentin - cinq dignitaires sont décédés, dont le général Pinochet, mort en 2006.

Ce procès est la première audience au monde abordant la nature du régime issu du coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, appuyé en sous-main par les Etats-Unis. La dictature a fait 3197 morts et disparus, selon un rapport officiel remis au Chili en 1991. Ce procès français, fait exceptionnel, sera filmé pour son intérêt historique. «Ce sera le seul procès qui permettra une photographie judiciaire précise, globale, à peu près exhaustive, de l'appareil de répression mis en place par le général Augusto Pinochet», a souligné lundi Me William Bourdon, avocat des familles Chanfreau, Klein et Pesle.

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