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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

CHILI : Le tsunami a tué beaucoup plus que le tremblement de terre (NOUVELOBS.COM)

Blog de l'AFAENAC

Le bilan provisoire de 799 morts devrait exploser. "L’erreur de diagnostic" admise dès dimanche par les autorités militaires dans l’évaluation de l’alerte commence à faire polémique.

 

La recherche de centaines de disparus s’est poursuivie mercredi 3 mars sur le littoral du Chili, où l’on a pris conscience que le tsunami de samedi a tué beaucoup plus que le tremblement de terre, d’où une polémique ravivée sur l’alerte confuse des autorités.

"La plupart des corps sont terriblement gonflés et mutilés, très difficiles à identifier. L’odeur est terrible", explique le lieutenant Guttierrez. "On s’attend à en trouver plus".

 

La liste des noms inscrits sur un tableau blanc à la morgue de Constitucion, égrène 78 morts, victimes de trois vagues géantes qui ont avalé une partie de la station balnéaire. Ils n’étaient que 51 la veille, et leur nombre grimpe à chaque heure. Un responsable municipal a évoqué au moins 300 disparus dans le secteur de Constitucion.

 

"Dans la région du Maule, c’est surtout le tsunami qui a fait des dégâts sur 200 km de côte. A certains endroits les flots ont pénétré jusqu’à 2 km à l’intérieur", a déclaré le général Bosco Pesse, chef des opérations d’urgence dans la province du Maule, la plus dévastée. "On pourrait passer de 600 morts (mardi) dans la région à un millier", estime-t-il.

Près du fleuve Maule, où les flots se sont engouffrés samedi, surprenant nombre d’habitants dans leur sommeil, des zones entières ont été rasées.

 

"Information fort peu claire"

Constitucion, Dichato, Pelluhue, Penco, Talcahuano... le même panorama de dévastation, les mêmes recherches macabres suggèrent que le bilan officiel provisoire de 799 morts devrait exploser. Que le tsunami a été infiniment plus meurtrier que le séisme de magnitude 8,8.

"L’erreur de diagnostic" admise dès dimanche par les autorités militaires dans l’évaluation de l’alerte redevient un sujet brûlant entre la présidente Michelle Bachelet, la Marine, et le Bureau national des urgences (Onemi).

 

La Marine a reconnu avoir transmis, via son Service hydrographie et Oceanographie (SHOA) une "information fort peu claire" à la présidente.

A la suite de l’alerte initiale des services américains du US Geological Survey, une alerte au tsunami a été émise par le SHOA à destination de la présidence quelques minutes après le séisme samedi à 3h34 locales (6h34).

 

Puis elle a été baissée d’intensité, puis levée, puis de nouveau activée, dans une série de communications officielles.

Entretemps, trois vagues géantes avaient balayé le littoral chilien, rasant des villes comme Constitucion.

 

"Nous n’avons pas été suffisamment précis dans notre communication à la présidente, pour dire s’il fallait maintenir ou annuler (...). Nous avons eu une hésitation", a reconnu le chef d’état-major de la Marine, Edmundo Gonzalez.

 

"Il n’y a pas eu d’alarme"

"La vérité est qu’il y a eu une information d’un tel niveau d’imprécision et d’ambiguïté qu’elle ne permettait à personne de prendre une décision", a accusé la directrice de l’Onemi Carmen Fernandez.

"Nous sommes tous des généraux après la bataille", a déclaré mercredi la présidente Michelle Bachelet, refusant d’envenimer.

Sur le littoral, à Pellehue devasté, les survivants savent juste qu’"ici, il n’y a pas eu d’alarme, seulement le tremblement de terre" qui a coupé toutes les communications, explique Silvia Aparicio une responsable sociale. La secousse a cependant suffi à alerter certains habitants.

"Tous les gens d’ici savaient où aller, ce qu’il fallait faire. Quasiment tous les gens qui sont morts venaient d’ailleurs. Après le tremblement de terre, je suis descendu chercher des gens", raconte Jorge Recabal, qui habite sur les hauteurs de Curenipe, village voisin de Pelluhue.

"Nous savions qu’il fallait monter vers les collines, mais les touristes sont allés vers la plage, de peur que les immeubles s’effondrent à cause des répliques", abondent Sandra et Guillermina, de Pelluhue.

 

D’autres disent que les touristes se sont en fait égarés en pleine nuit. Mercredi, un vent de panique a saisi des communes sinistrées du littoral avec une alerte au tsunami, levée après quelques minutes, pendant lesquelles des gens paniqués ont couru vers les collines. Tardif excès de précaution.

(Nouvelobs.com)

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20100304.OBS8680/le_tsunami_a_tue_beaucoup_plus_que_le_tremblement_de_te.html

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