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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chili post 27F

Blog de l'AFAENAC

 Nous publions ci-dessous un courrier reçu de Michel Bourguignat, Président de Français-du-Monde-ADFE (Association Démocratique des Français de l'étranger), que nous remercions vivement d'avoir mobilisé les adhérents de son association pour répondre à l'appel de l'AFAENAC "Urgence Chili Solidarité Bío Bío", après le tremblement de terre du 27 février dernier. Ils sont venus s'ajouter aux nombreux donateurs que nous avons nous-mêmes mobilisés de notre côté, ce qui a déjà permis un premier envoi de 10.300€, le 7avril 2010, à la Fundación CEPAS, à Lota/Coronel, puis d'un second virement de 14.500€, le 7 mai dernier. Soit une aide solidaire de 24.800€ pour aider à la reconstruction des Jardins d'enfants dont Benjamín Chau, de CEPAS, évoque les dommages subis et l'importance de l'aide reçue. Un grand merci à Michel Bourguignat pour toutes ces informations, et à Benjamín pour les témoignages que nous apportent les photos d'une situation d'urgence qui ne semble pas près d'être résolue...Enfin, et plus que tout, merci à ceux qui n'ont pas fait la sourde oreille à notre appel, et ont apporté leur solidarité concrète aux enfants de la région du BíoBío si éprouvés par le terre/maremoto qui a dévasté leur région, leurs maisons, leurs écoles...
                                                                                                                                                                                                                                Dominique Grange

 
En plus de contacts réguliers, voici la traduction d’une lettre de Benjamin, de CEPAS, reçue il y a quelques jours, qui contient un MERCI, auquel nous joignons le nôtre à l’adresse de tous ceux qui ont répondu à notre appel. 
 
Michel,
Tu trouveras ci-jointes quelques photos qui rendent compte de la façon dont sont installées des « mediaguas » (N.D.T. = littéralement « l’eau par le milieu » - voir les photos, sorte de baraques fort rudimentaires de 18m2  constituées de parois en planche sans aucun revêtement ni calfeutrage), solution fort partielle du problème du logement des familles sinistrées mais qui peut permettre d’en finir avec les tentes ou ce qui en tient lieu.
 
Pour dire vrai, la situation est des plus délicate à bien des égards. En premier lieu, la municipalité est débordée et totalement impréparée à tout point de vue imaginable pour faire face à la situation depuis le déb
ut, situation situation aggravée par l’absence quasi totale d’organisations sociales susceptibles de canaliser et d’assurer une juste répartition de l’aide. Cette même municipalité distribue à tour de bras des « permis de construire » - il s’agit bien sûr des « mediaguas » - n’importe où avec le seul objectif de pouvoir parer le plus vite possible aux pluies qui ont déjà fait leur apparition, timidement fort heureusement certes mais elles n’en sont qu’à leur début (Au Chili, la saison des pluies dure de fin avril à octobre, mais dans la région de Lota d’où nous écrit Benjamin – 500 kms au sud de Santiago -, il n’est pas rare qu’elles s’étendent sur toute l’année, non sans une intensité particulière durant l’hiver). Cependant, à court terme, et c’est déjà le cas en plusieurs endroits, ce genre de solution n’en est une que partiellement : le problème sanitaire se pose avec acuité, car là où s’installent les mediaguas il n’existe pas forcément de conduite d’eau, non plus de ligne électrique et le plus souvent sans wc ni salle de bain minimum et encore moins de tout à l’égout. Et sans tenir compte de l’entassement des familles dans ces logements si exigus. Inutile de faire état de la qualité du matériel, car il a fallu abattre des pins en grande quantité pour subvenir aux besoins, et les parois en bois verts ne vont pas tarder à présenter des difficultés prévisibles (N.D.T. : le gouvernement vient d’ octroyer une aide spéciale de $100 000 [= + € 140] aux familles les plus sinistrées jouissant d’un revenu maximun mensuel de  + $300 000 [=€ 400], mais  elles doivent payer $25 000[= € 35] pour un calfeutrage, lui aussi rudimentaire et en quantité disponible encore dérisoire, pour leur mediagua … ). Nous voudrions tous croire qu’il ne s’agit que de logements d’urgence…Reste posée l’éternelle question : Qu’est-ce que l’urgence ? trois, six, huit mois, un an ou deux, et peut-être plus…Heureusement, les gens n’ont ni le temps ni le loisir d’y penser. Et cependant, l’histoire est là pour nous rappeler que pour les plus démunis, et c’est le cas des habitants de Lota, les solutions d’urgence sont éternelles…Et pendant ce temps, les problèmes s’amoncellent de façon tout à fait insoupçonnée, dont il nous faut nous préparer à trouver des solutions adéquates. (N.D.T. : le président, lui aussi un peu dépassé et qui joue à imiter Sarkozy l’omni-présent, a eu l’outrecuidance de déclarer au milieu d’un nouveau quartier de mediaguas d’une ville durement sinistrée que « l’urgence avait pris fin »...) 
 
Face à cette municipalité débordée, on assiste, souvent impuissant, au spectacle du chacun pour soi, chaque chef de famille cherchant la solution de SON problème sans penser à la force de l’associativité qui pourrait permettre des solutions collectives efficaces. C’est, hélas !, le produit du système et de la société que nous avons commencés à construire sous la dictature il y a plus de 30 ans où le « sauve qui peut » règne en maître. Néanmoins, je suis convaincu que la situation présente est favorable pour mettre en œuvre un travail communautaire de longue haleine, et c’est ce à quoi nous nous employons, et des signes avant-coureurs nous y encouragent, non sans sous-estimer les difficultés que ce genre de défi comporte, mais le pire serait de se croiser les bras et de regarder ce qui se passe depuis le trottoir d’en face. 
 
En ce qui concerne les jardins d’enfants situés à Lota, Coronel et Tomé, - voir les photos - , nous avons la joie de pouvoir annoncer que 5 d’entre eux ont pu être restaurés et ont ouvert leurs portes, grâce en grande partie aux dons reçus – MERCI - , permettant d’accueillir les enfants de 8.30 à 17.00, alimentation comprise, laissant ainsi aux parents la possibilité de chercher du travail – qui représente un problème des plus sérieux dans la région - ou de s’occuper d’aménager leur mediagua et surtout d’offrir aux enfants des activités, avec l’aide précieuse de psychologues, dans le but de les aider à dépasser les traumatismes du séisme; quant aux 2 jardins totalement inutilisables et qui sont classés « à détruire », nous sommes en train de chercher des alternatives pour les démarrer le plus tôt possible. 
 
Voilà un aperçu de ce que nous vivons.

 

 « Un abrazo ».
Benjamin.  
          
 
 
Pour ceux qui voudraient encore participer à l’aide au travail de CEPAS, ou inviter parents ou amis à le faire, voici à nouveau le processus à suivre dans le document joint  : AFAENAC France.
Quelques chiffres pour aider à la compréhension du désastre.
La solidarité ne semble pas tarir encore…y compris celle des Français résidents (voir document joint : solidarité, et corazones)
Et des photos envoyées par Benjamin.

  

 

 

CORAZONES FRANCESES POR CHILE »

« Cœurs français pour le Chili » 

  • Non sans une certaine lenteur compréhensible, et faisant suite à une initiative prise dès les premiers jours post-tremblement de terre du 27 février par français-du-monde-ADFE de venir en aide à une ONG de Lota – CEPAS - , l’ensemble des associations françaises implantées au Chili, dont Français-du-monde – ADFE, - ont décidé de se concerter. Nous avions déjà l’expérience de travailler ensemble pour mettre sur pied le « bal du 14 juillet » de puis plusieurs années ainsi que des célébrations de notre fête nationale en raison de la suppression de crédits par le Président Sarkozy. Nous nous sommes mis d’accord pour inviter les Français résidents à montrer leur attachement à ce pays en organisant une série d’activités de solidarité sous le signe « Corazones franceses por Chile » (« Cœurs français pour le Chili ») au bénéfice de la caserne de pompiers de Concepción dénommée « Pompe France », totalement détruite. Il faut savoir que les pompiers, au Chili, sont des volontaires qui doivent se procurer uniforme et tenue de feu, et les subsides de l’Etat étant relativement maigres, les Chiliens sont habitués au  système des dons et collectes publiques en leur faveur. Lors de la première soirée le 10 avril dernier, fort réussie malgré une faible participation numérique, notre délégué Marc  Jamin a tenu à se rendre présent et a participé de façon active aux différentes activités (photo).  Outre la présentation bénévole de plusieurs ensembles musicaux ainsi que de chanteurs d’opéra et de folklore, une tombola et une vente aux enchères de tableaux d’artistes chiliens renommés ont pu avoir lieu grâce à une grande quantité de dons venant soit d’artistes soit d’entreprises françaises ou encore de particuliers.
  • En lien avec l’association des « Dames françaises » qui organisent chaque année une activité destinée à collecter des fonds pour les œuvres qu’elles soutiennent tout au long de l’année, nous nous sommes associés à leur soirée de jeux et convivialité qui aura lieu le 31 mai, et dont, cette année, une aprtie des sommes récoltées seront destinées elles aussi à la caserne de la « Pompe France » de Concepción.
  • Notre « Bal du 14 juillet » aura aussi pour but, cette année, d’augmenter les sommes mises à la disposition de la même « Pompe France » de Concepción. 

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LA SOLIDARITÉ  NE TARIT PAS ENCORE 

  • Des étudiants de dernière année de la faculté d’architecture de l’Université du Chili, située à Santiago, accompagnés de leurs professeurs, se sont divisés en plusieurs groupes et se sont rendus dans plusieurs localités fortement touchées par le séisme du 27F (c’est ainsi que l’on désigne  aujourd’hui le tremblement de terre du 27 février…). Leur objectif : réaliser une enquête auprès des habitants pour savoir comment ils veulent reconstruire leur ville ou village – la plupart représentant une certaine tradition architectonique datant de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe et ayant échappé à plusieurs séismes ; puis à l’aide des données de ces enquêtes, présenter comme projet de fin d’études un projet de reconstruction. Une telle initiative, à des degrés divers et dans des domaines variés (travail social, psychologie, sociologie entre autres) s’est reproduite en plusieurs universités au bénéfice de villes et villages touchés par le séisme. Reste que personne n’a encore la moindre idée de la manière dont va se réaliser la re-construction…
  • C’est le cas de plusieurs grandes entreprises, dont plusieurs chaînes de super-marchés, qui, avec grand tapage publicitaire, ont décidé de prendre en charge la reconstruction de plusieurs villages typiques : on attend encore ce qu’elles pensent faire...
  • Tous les week-ends, des centaines de voitures se dirigent vers les zones sinistrées avec des volontaires de tous âges à bord pour mettre leur bonne volonté au service des habitants des villes et villages sinistrés, surtout ceux de l’intérieur qui sont parmi les plus oubliés. Il s’agit encore de déblayer des décombres des sites, d’aménager les mediaguas, de restaurer ce qui peut l’être encore, etc.
  • De nombreux groupes d’amis de tous âges, parfois à partir d’ associations de parents des collèges ou de clubs sportifs, se forment un peu partout, surtout à Santiago, pour récolter des fonds ou des vivres et vêtements dans le but d’aller aider les familles vivant en mediaguas dans des buts précis, par exemple pour les calfeutrer ou les  connecter à l’électricité et le plus souvent pour préparer l’hiver tout proche.
  • L’université de Concepción à laquelle s’est jointe une chaîne de radio a lancé une campagne en vue de remplacer les barques de pêcheurs détruites  par le raz-de-marée – environ 3 000.
  • Des étudiants de bon nombre d’universités se joignent constamment aux dizaines de milliers de volontaires – on ne sait jamais leur nombre exact - de l’organisation « techo para Chile » (= « un toit pour le Chili », une ONG animée par les jésuites depuis plusieurs années pour remplacer les bidonvilles) qui a reçu la mission de la part du gouvernement de construire quelque 35 000 mediaguas d’ici la mi-juin. Au total, selon les prévisions gouvernementales, il doit y en avoir environ 70 000 prêtes le 11 juin, la moitié aux mains de cette ONG des jésuites au rythme de 2 000 par semaine, cependant que le gouvernement s’est vu obligé à engager plusieurs milliers de chômeurs et environ 15 000 militaires pour le reste. Il est évident que, même si la technique de construction de ces logements d’urgence n’exige guère de grande capacité professionnelle, tous ces volontaires o autres personnes sont loin d’être tous des experts, ce qui se traduit souvent par des détails que la pluie et le froid se chargent de faire apparaître, comme le laissait entendre Benjamin dans sa lettre..
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    • Quelques informations complémentaires :
  • Les associations françaises implantées au Chili, dont Français-du-monde – ADFE, se sont mises d’accord pour inviter les Français résidents à montrer leur attachement à ce pays en organisant une série d’activités de solidarité sous le signe « Corazones franceses por Chile » au bénéfice de la caserne de pompiers de Concepción dénommée « Pompe France », totalement détruite. Lors de la première soirée le 10 avril dernier, fort réussie malgré une faible participation numérique, notre délégué Marc  Jamin a tenu à se rendre présent et a participé de façon active aux différentes activités (photo : à l’entrée 2).
  • Le gouvernement chilien vient d’envoyer au parlement un projet de loi de financement pour la reconstruction, qui contemple en particulier 2 nouveaux impôts, temporaires et dégressifs (2011-2013) - c’est un gouvernement de droite qui ose prendre cette mesure : sur les grandes entreprises et sur les biens fonciers de grand standing ; les hauts revenus ainsi que les fortunes personnelles ne sont pas touchées. Ces deux impôts s’ajoutent à de nombreuses coupures dans les programmes ministériels, en particulier ceux des travaux publics, de la santé et du logement, ainsi que dans les régions et les municipalités.
  • Dans les régions sinistrées, on enregistre une légère augmentation du chômage du trimestre janvier-février-mars par rapport à celui de décembre-janvier-février, en particulier dans la région de Concepción la plus touchée (9, 8%) et où le chômage est presque toujours le plus élevé du pays, dans l’attente des prochains résultats trimestriels qui s’annoncent avec une forte croissance dépassant de loin les 10%.
  • Par ailleurs, s’il est vrai que plusieurs grandes entreprises situées dans les régions sinistrées, telle l’aciérie de Huachipato, ont pu reprendre leurs activités à 80% grâce à leurs réserves, la plupart des petites et moyennes entreprises n’ont pas encore pu en arriver là, et l’aide publique – en général par voie interposée du crédit bancaire - se fait attendre, non sans se voir compliquée par une bureaucratie inadaptée pour ce genre de situation. Néanmoins, pour le mois de mars, l´économie nationale affiche une chute de 2.8%,  cependant que l’activité productive l’a fait pour 6.6%, les secteurs de la pêche, de l’industrie forestière, de la construction et des services étant les plus touchés.
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  • Concernant les logements : le gouvernement estime que 72 000 ont été détruits, susceptibles d’être remplacés provisoirement par les fameuses mediaguas ; 60 000 devront subir des réparations et 150 000 devront être reconstruits, sans délais prévus…le gouvernement ne cesse d’appeler à la patience…De nombreux experts considèrent ces chiffres bien en dessous de la réalité, ce que prouve le nombre de mediaguas prévues (70 000) s’avérant de jour en jour insuffisant.
  • Pour avoir une idée de l’ampleur des besoins, 922 localités ont été touchées, dont 45 villes entre 10 000 et 50 000 habitants, ainsi que Concepción (400 000 hab.) et Talca (250 000 hab.) les capitales régionales les plus touchées, Rancagua (200 000 hab.), Santiago et Valparaiso à un moindre degré. 68 mairies sont ou fortement endommagés ou devront être détruites.
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  • Les viticulteurs français peuvent dormir tranquilles, car ceux du Chili ne vont pas pouvoir leur faire concurrence pour un bout de temps : le tremblement de terre a provoqué des torrents de vin dans ruelles et demeures des alentours, torrents évalués à quelque 120 millions de litres…
  • Une autre information qui retient l’attention : la ville de Concepción, certainement une des plus touchées par le séisme, a progressé de 3 mètres en direction du Pacifique…Notre terre n’en finit pas de nous surprendre…Et nul n’est encore allé voir ce qui se passe et s’est passé dans l’épaisse Cordillère…

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