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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chili - "SIDA - Longtemps tabou, toujours présent"

Blog de l'AFAENAC

La Conférence internationale sur le Sida vient de s’achever à Vienne, l’occasion de faire le point localement sur cette maladie avec le docteur Alejandro Afani, directeur universitaire de la faculté de médecine de l’université du Chili et médecin immunologue spécialiste du VIH, présent à cette conférence


Photo DR

 


Le Chili est l'un des pays d’Amérique Latine les moins touchés par l’épidémie du Sida, 0,3% de la population étant affecté. A titre de comparaison, moins de 0,2% de la population française est touchée par le VIH. La transmission du virus se fait principalement par rapports sexuels : "mais il y a aussi 5% de malades  contaminés par l’usage de seringue pour les drogues et 1,8% par transmission verticale, c ‘est-à-dire de mère à enfant", ajoute le docteur Afani.


Depuis 2000, une loi rend les soins médicaux, comme la trithérapie, totalement gratuits pour les malades. L’Etat couvre à 100% les dépenses liées au traitement de la maladie. Parallèlement, le début des années 2000 a aussi marqué un tournant dans la perception de la population des malades et du virus. Le phénomène est de moins en moins tabou, surtout auprès de la jeune génération, qui a toujours connu cette maladie. Alors qu’avant, tout comme en France d’ailleurs, la maladie était systématiquement associée aux homosexuels. Les mentalités changent progressivement. Un phénomène lié à la féminisation de la maladie constatée dès les années 2000. Les campagnes de prévention du gouvernement et du ministère de la Santé ont elles aussi changées. Aujourd’hui, elles sont destinées autant aux hommes et aux homosexuels, qu’aux femmes et aux hétérosexuels.

Améliorer le dépistage
Ces campagnes sont aussi de plus en plus axées sur le dépistage du Sida. En effet, si 35.000 personnes seraient atteintes du VIH, seules 20.000 sont au courant. "Pendant 5 à 10 ans, il n’y a pas de symptômes précis qui permettent de détecter la maladie et les gens ont peur de savoir alors ils préfèrent rester dans l’ignorance", explique le docteur Afani. Cet écart représente un véritable danger et favorise la transmission, 15.000 personnes agissant comme si elles n’étaient pas contaminées.  


Bien que le pays ait rattrapé son retard en matière de recherche et de prise en charge des malades, certains scandales ont révélé les problèmes qui persistent au Chili : à la fin de l’année 2008, 25 personnes n’ont pas reçu de notifications pour confirmer leur séropositivité. "Les tests sont anonymes et certaines personnes donnent de mauvaises informations pour ne pas être reconnues mais après les médecins ne peuvent pas les retrouver", précise le Docteur Afani. Une négligence conduisant à la mort d’au moins deux d’entre elles et qui a entrainé la création d’une commission d’experts chargée d’améliorer les conditions de dépistage. La commission a rendu son rapport au gouvernement  il y a près d’un an mais pour l’instant rien n’a encore été fait dans ce sens.

 


Morgane Rous (www.lepetitjournal.com/ Santiago) mercredi 4 août 2010

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