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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Docteur Jean-Vital de Monléon : "L'adoption n'est pas une maladie !" (http://blogs.mediapart.fr/edition/dijon-bourgogne )

Blog de l'AFAENAC

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"Non, l'adoption n'est pas une maladie !", a rappelé avec vigueur le docteur Jean-Vital de Monléon - pédiatre au CHU de Dijon et éminent spécialiste de la question - lors de la journée de rencontre "Elisabeth Rousseau" sur le thème de l'adoption, vendredi 28 janvier 2011. Organisé à l'initiative des membres de la Jeune chambre économique (JCE) de Dijon, ce colloque réunissait professionnels de l'adoption mais aussi adoptants et adoptés. Pour l'occasion, Jean-Paul Monchau, ambassadeur de l'adoption internationale, a fait le déplacement depuis Paris. La journée d'échanges, qui a rassemblé plus de 250 personnes, a notamment permis de battre en brèche certains "préjugés" sur la question sensible de l'adoption...

 

La Côte-d'Or à la pointe en matière d'adoption

Marianne Tarragon-Béarez, directrice de la commission "Adoption" au sein de la Jeune chambre économique de Dijon (JCE) affiche un sourire radieux  : "Réfléchir à la question de l'adoption nous semblait d'actualité mais je n'imaginais pas que tant de personnes feraient le déplacement !", se réjouit l'organisatrice en chef de la journée, devant une salle quasi comble. En effet, près de 250 personnes ont fait le déplacement vendredi 28 janvier 2011, pour participer à la journée rencontre "Élisabeth Rousseau – Et si on parlait d'adoption ", organisée conjointement par la JCE Dijon - en partenariat avec le docteur Jean-Vital de Monléon, pédiatre dijonnais spécialiste de l'adoption -, le conseil général de Côte-d'Or et la Consultation d'adoption Outremer du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon - structure d'accueil et d'accompagnement pour les enfants adoptés fondée par le Dr de Monléon.

"Notre ambition est aussi de faire du 28 janvier la Journée nationale de l'adoption ; les démarches dans ce sens sont en cours", explique encore Marianne Tarragon-Béarez. Le docteur Jean-Vital de Monléon, pédiatre au CHU de Dijon, célèbre notamment pour son blog, a aussi tenu à battre en brèche quelques idées reçues. "Non, l'adoption n'est pas une maladie !", a d'ailleurs réaffirmé le praticien. Il faut dire que, traditionnellement, dans la culture occidentale, la filiation biologique se trouve favorisée.


L'adoption imprègne notre culture de Moïse à Harry Potter...

Si l'adoption est parfois mal perçue dans la société, elle reste pourtant très présente dans notre culture, d'après le docteur Julien Pierron, auteur d'une thèse sur l'adoption. "Moïse, Jésus, Mahomet ou Bouddha sont des enfants adoptés, ne l'oublions pas ! Par ailleurs, les adoptés sont très présents dans la littérature ou le cinéma, de Rémy sans famille à Harry Potter en passant par Spider Man". Possible dans le christianisme et même valorisée dans le judaïsme, l'adoption est officiellement interdite en terre d'Islam" en vertu de la trente-troisième sourate du Coran (Lire ici) mais des adoptions sont quand même possibles au cas par cas", nuance le docteur de Monléon.

Quand aux causes de l'adoption, elles sont plus variées qu'elles ne peuvent paraître de prime abord. Se basant sur ses travaux de recherche effectués dans le cadre de sa thèse, le docteur Pierron affirme que contrairement à une idée reçue, "les enfants adoptés ne sont pas forcément des enfants de prostituées" et que dans la plupart des cas, la cause est d'abord "une augmentation de la taille de la famille, qui fait que les parents n'ont plus les moyens de subvenir aux besoins de l'enfant".

Abandon d'enfant ou séparation d'avec l'enfant ?

Au terme "abandon", les deux médecins préfèrent celui de "séparation" d'avec l'enfant. "Les raisons de se séparation avec l'enfant sont très variables : abandon actif, abandon passif [ndlr : délaissement], carence de soins, facteurs socio-économiques, enfant orphelin, raisons culturelles – comme pour les enfants albinos dans certaines zones de l'Afrique subsaharienne". En Europe, cependant, la grande majorité des enfants adoptables sont nés sous X (En savoir plus ici).

La journée de rencontre sur l'adoption s'est donc révélée parfaitement d'actualité. Vendredi 28 janvier 2011, le Conseil constitutionnel revoyait en effet au Parlement la responsabilité de décider d'un éventuel changement de la loi interdisant le mariage homosexuel (Lire ici le communiqué de l'AP via Nouvelobs.com). Cette question de l'adoption n'est pas étrangère aux difficultés rencontrées par les couples homosexuels souhaitant adopter. Par ailleurs, deux jours plus tôt, la cour d'appel d'Angers confiait un enfant né sous X à ses grands-parents biologiques (En savoir plus ici sur Ouest-France.fr).

"L'adoption est une concurrence internationale"

"Le phénomène de l'adoption se caractérise par sa grande hétérogénéité. Cependant, en France, les adoptants sont le plus souvent des couples aisés, qui rencontrent un problème de fécondité". A en croire le docteur Jean-Vital de Monléon, "en matière d'adoption, la France est leader en Europe avec l'Italie, mais avec des adoptions qui émanent d'une plus grande diversité de pays". Pour autant, réussir à adopter relève bien souvent du parcours du combattant de l'avis des familles. En Côte-d'Or, par exemple, près de 60 candidatures seraient déposées par an pour une adoption. Dans 90% des cas, elles obtiennent un agrément, valable cinq ans.

"Nous assistons à une baisse du nombre d'enfants adoptables dans le monde. L'adoption est une concurrence internationale", a expliqué d'emblée Jean-Paul Monchau, ambassadeur de l'Adoption internationale au sein de l'Agence française de l'adoption (AFA) car les demandes sont fortes. Enfin, s'agissant des délais considérés comme trop longs par les familles, l'ambassadeur a répondu qu'il préférait "voir une adoption qu'on rate plutôt qu'une adoption ratée car l'adoption, c'est pour la vie".

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