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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

HISTOIRE - Ils ont défendu un Chili qu'ils n'ont jamais connu (www.lepetitjournal.com)

Blog de l'AFAENAC

Louis et Monette Costechareire, ouvriers, militants de la région de Lyon, font parti de ces nombreux  Français qui se sont engagés politiquement au côté du Chili dans les années 1970. La triste disparition  de Louis, ce mois ci, nous donne l'occasion avec la revue "Espaces Latinos" de faire un zoom sur une époque qui a, à jamais éveillé la bienveillance des Français envers les Chiliens

Louis et Monette dans le "Espacea lations" de 1993
"
Le Chili on l’a connu par le voyage qu’ a réalisé en 1961  le général De Gaulle. Pour nous, c'était un héros national. Le Chili est rentré chez nous pour toutes les images que les médias nous montraient à ce moment du Chili… Et puis, après, le Chili a fait beaucoup de bruit au moment de l’arrivée au pouvoir de Salvador Allende… Pour nous, militants de gauche, le passage pacifique au socialisme était quelque chose de très intéressant…", confiait Louis Costechareire en 1993, alors retraité, d'une carrière d'ouvrier menuisier, au côté de sa femme Monette, aide-soignante.

Le jour du coup d’Etat au Chili, Louis, syndicaliste de longue date, se rappelle d’une grève symbolique à sa « boîte », en soutien à ce peuple lointain. Le lendemain, à l’appel des organisations politiques et syndicales françaises, se sont créés partout en France des comités de solidarité pour soutenir la lutte du peuple chilien. A Paris, à l’appel des personnalités de gauche et notamment d’Alain Joxe, s’est crée le "Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien". Ce comité appelait tous ceux qui le souhaitaient, à créer en province des antennes locales. A Lyon donc, dans le quartier de Montchat (Lyon 3e) existait déjà un petit comité paroissial qui soutenait l’œuvre sociale d’un prêtre du quartier, parti au Chili en 1970. Donc tout naturellement l’appel lancé à Paris, parvenait à des gens déjà motivés ; parmi eux, des militants de différents partis et mouvements ainsi que des syndicalistes et des chrétiens progressistes, dont Louis et Monette, qui prêtaient depuis vingt ans leur maison de la rue de Capitaine pour les réunions du Comité. Le récit de la découverte du Chili par Louis et Monette se mêle aux luttes militantes et syndicales. Tous deux faisaient partie de ces militants engagés pour l’indépendance de l’Algérie, de la Palestine, pour les campagnes antiracistes, ou pour le Vietnam. Louis réalisait depuis des années un travail constant au sein de l’Union départementale de la CFDT du Rhône.

Luz et Moises
Il se souvenait 20 ans après parfaitement des prénoms des premiers exilés chiliens: "
Luz et Moises, Pedro, Hugo, tous militants tous très bien informés". La solidarité était facile à développer. Le soutien financier aussi arrivait sans trop de difficultés", disait -il.
Depuis que la démocratie était de retour, le comité était en sommeil. Louis et Monette donnaient  de temps en temps des coups de main, avec ceux qui voulaient se mobiliser, pour réclamer justice et dignité, pain et respect dans un monde qui hélas, reste déséquilibré. Louis interrogé en 1993, se disait optimiste sur l’avenir du Chili.  "
Révolution… un mot qui fait peur et qui pour moi se traduit par des choses simples… si les Chiliens arrivent à nourrir leurs enfants, voilà une révolution… et je me bats pour ça. A la même époque, « les copains «  du comité Chili de Lyon ont réalisé un pari vieux de vingt ans aussi : ils se sont rencontrés, face au palais de La Moneda  à Santiago, dans un Chili de liberté et de démocratie retrouvées.

 
S.R (www.lepetitjournal.com Santiago ) mardi 22 juin

d'après Espaces Latinos, une revue, et un site d'information sur l'actualité de l'Amérique latine et sa présence politique, culturelle et associative en France et dans la région lyonnaise en particulier. 

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