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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

«L’éducation au Chili, c’est un fiasco total» (tdg.ch)

Blog de l'AFAENAC

En tournée européenne, trois jeunes dirigeants du mouvement étudiant chilien dénoncent la répression après des mois de conflit

 

«C’est fou. Ici en Europe, l’école publique, vous trouvez ça tout à fait normal. Mais, au Chili, réclamer l’accès pour tous à l’éducation, c’est devenu un crime. Non seulement le gouvernement refuse de nous écouter malgré cinq mois de manifestations et de grèves, mais en plus notre mouvement est réprimé: des rassemblements sont interdits, des étudiants sont menacés, parfois séquestrés ou même torturés!»

Francisco Figueroa, 24 ans, a la hargne volubile. Vice-président de la Fédération des étudiants de l’université du Chili, il était hier de passage à Genève pour tenter de secouer les consciences, notamment au siège du Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme. Vite fait, entre des escales à Paris et à Bruxelles.

Endetté à vie

A ses côtés, Sebastian Farfan, 23 ans, qui dirige la fédération de Valparaiso. Et Gabriel Iturra, à la tête des étudiants du secondaire. Tous trois ont un look vaguement révolutionnaire et un discours bien rodé. Mais on les sent des plus sincères. «Moi, je suis un privilégié, mes parents ont payé mes études de journalisme. Pour mes frères, par contre, ce n’est pas sûr qu’ils auront les moyens», raconte Francisco. Sebastián, lui, dit s’être endetté à vie pour devenir historien. «Imaginez: les cotisations mensuelles sont l’équivalent du salaire moyen dans mon pays. Aujourd’hui au Chili, la plupart des familles sont pieds et poings liés aux banques.»

Mais il y a pire, à entendre Francisco: «Les familles s’endettent pour investir dans l’avenir de leurs enfants, mais trop souvent cet avenir n’est pas meilleur que s’ils n’avaient pas étudié du tout! Sur un million d’étudiants chiliens, 40% abandonnent leur formation pour des raisons financières, mais sur les 600 000 qui vont jusqu’au bout, la moitié seulement obtiendront un job correspondant à leur niveau académique.»

Un échec modèle

Bref, les étudiants réclament une réforme du système d’éducation. «On vous a fait croire que le néolibéralisme à la mode chilienne produisait une économie modèle. Mais en réalité c’est surtout un modèle de fiasco total. Une société à deux ou trois vitesses», assène Sebastian. Et ce n’est pas uniquement dans l’éducation que l’échec est patent, souligne Gabriel. Accès à la santé, gestion des richesses naturelles… «Ce mardi et mercredi, une grève générale est à nouveau convoquée. Les Chiliens nous soutiennent, parce qu’ils savent bien que leur avenir est en danger.»

Une inquiétude, note Francisco, qui n’est pas sans rappeler celle des «indignés» un peu partout en Europe.

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