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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Le président Piñera enterre en douce les années Pinochet (Liberation.fr)

Blog de l'AFAENAC

«Un pays étranger prend en charge notre propre passé... C'est très bien, mais en même temps, c'est pathétique, remarque Lisette, qui, à 27 ans, vend des sandwichs à la sauvette dans les rues de Santiago.Ce devrait être à nous de nous occuper de nos problèmes et de notre histoire !» Du procès des responsables de la disparition de quatre Français sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) qui se déroule en France depuis mercredi (Libération du 8 décembre), Lisette n'avait jusque-là pas entendu parler. Les médias chiliens ne l'ont pas même mentionné. Ils sont presque tous de droite, comme le gouvernement de Sebastián Piñera, arrivé au pouvoir il y a neuf mois. Si la justice, dans les affaires de violations des droits de l'homme, avançait jusqu'ici avec beaucoup de difficultés, depuis son accession à la présidence, elle est carrément au point mort.

 

Le nouveau gouvernement a coupé les subventions que nous recevions, à nous comme à tous les organismes de défense des droits de l'homme, souligne Lorena Pizarro, dirigeante de l'Association des familles de détenus disparus. Il instaure par ailleurs une impunité déguisée, en démantelant le programme des droits de l'homme.» Cet organisme d'Etat, dépendant du ministère de l'Intérieur, est chargé de monter les dossiers des crimes des années de dictature et intègre les avocats de l'accusation. Or, depuis que le nouveau ministre est entré en fonction, quatre affaires seulement sont passées, soixante attendent. «L'autorisation du ministère ne devrait être qu'une formalité, estime l'avocate Luisa Sanhueza, licenciée du programme des droits de l'homme le 29 novembre. Déterminer si la plainte est valable ou pas revient au juge d'instruction !» Certains avocats sont partis d'eux-mêmes, deux ont été licenciés. Leurs affaires sont depuis en suspens. Sur les 14 avocats du programme, il n'en reste que 7.

 

"Seuls deux entre eux ont de l'expérience", remarque l'avocate, qui dénonce la volonté du gouvernement dedémanteler l'organisme. Dans ce genre d'affaires, la connaissance des dossiers et l'engagement auprès des familles de victimes sont essentielles.
Difficile de croire que le gouvernement recrutera les nouveaux avocats sur ces criteres.

 

Durant sa campagne, Pinera avait promis l'impunité aux militaires à la retraite accusés de violations des droits de l'homme. Il tient, semble t'il, parole. Sans que laméthode ne génère de véritable scandale.
De quoi satisfaire l'armée chilienne, mais aussi son propre camp politique, formé principalement d'ancien partisans de Pinochet.

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