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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Les plaies ouvertes du Chili un an après le séisme (Ouest-France)

Blog de l'AFAENAC

08ACTT_3420093_1_apx_470_.jpgSymbole de la catastrophe, à Concepción, l'immeuble de 15 étages coupé en deux n'a pas bougé.

 

La reconstruction est lente dans la région du Bio-Bio. Élu l'année dernière, le président Sebastián Piñera fait face à l'impatience des Chiliens.

Chili.De notre correspondant

C'est comme une blessure encore saignante. L'immeuble Alto Rio gît encore sur le terrain vague de Concepción. Escortés par les Carabineros (police), d'anciens occupants récupèrent leurs affaires enfouies sous les décombres.

« Pour des raisons plus sentimentales que matérielles », souffle l'un d'eux. Lors du séisme de 8,8 sur l'échelle de Richter qui a frappé le Chili le 27 février 2010, l'Alto Rio n'a pas résisté. Huit personnes sont mortes avant d'avoir pu l'évacuer.

 

L'image de cet immeuble neuf éventré est devenue un symbole de la catastrophe. Un après an, cette plaie béante n'a pas bougé. « Le gouvernement croit en loi du marché, mais personne ne s'occupe de détruire cet immeuble », déplore Tomas Mosciatti, au siège de la radio Bio-Bio. Après des mois de tergiversation, une entreprise sera chargée prochainement de raser l'Alto Rio.

 

« La situation des propriétaires reste insolite, précise Tomas Mosciatti. Ils doivent encore payer leurs emprunts pour des appartements détruits tout en assumant le coût d'un loyer pour pouvoir vivre décemment. » Le président Sebastián Piñera a récemment visité les zones les plus affectées par le tremblement de terre. Il a dû répondre aux plaintes de milliers de Chiliens. Le séisme a fait 30 milliards de dollars de dégâts, 524 morts et deux millions de sinistrés. Si les séquelles ont disparu dans la riche agglomération de Santiago, ce n'est pas le cas dans les régions du Maule et Bio-Bio, plus au sud. Deuxième pôle économique du Chili, la région du Bio-Bio a vu son produit intérieur brut chuter de 11 % en 2010, contre une croissance du pays de 5 %.

 

« Travail titanesque »

Point positif, la principale route du sud du pays fonctionne à nouveau. La plupart des ports et hôpitaux ont été récupérés, tandis que deux tiers des 3 700 écoles détruites sont en cours de réparation.

« Nous n'avons pas terminé, mais nous avons beaucoup progressé. La reconstruction de logements a été lente et difficile car le travail est titanesque », a reconnu le chef d'État. Les Chiliens attendent davantage de Sebastián Piñera, dont le passé de brillant homme d'affaires l'a aidé à remporter l'élection présidentielle, l'année dernière.

 

Pour Simón Perretta, âgé de 34 ans, « le gouvernement n'a pris aucune grande mesure jusqu'à présent, seulement quelques mesures cosmétiques ». Selon l'institut Adimark, 46 % des Chiliens se disent déçus par le président.

 

Olivier UBERTALLI.

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