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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Les préférences ethniques de l’adoption britannique (http://leblogueur.arte.tv)

Blog de l'AFAENAC

Il n’y a pas d’obstacle légal en Grande-Bretagne qui interdise l’adoption inter-ethnique, mais les agences ont la consigne de prêter une « attention significative » aux origines de l’enfant et des parents potentiels. L’objectif est le « perfect match » : de couleurs et d’environnements socio-culturels (= de religion).


Dans les faits,  l’adoption nationale s’en trouve plébiscitée (heureusement qu’il y a le problème des filles-mères !) et les blancs ne sont pas invités à adopter des noirs ou des Asiatiques (ou inversement mais le cas ne se présente… jamais).


Début novembre, le ministre de la Jeunesse britannique a pris position sur la question en demandant aux services sociaux de rendre plus facile l’adoption par des couples blancs d’enfants aux origines ethniques différentes. L’approche en la matière des agences d’adoption conduit les enfants de minorités ethniques à rester bien plus longtemps sans famille. L’adoption prend en moyenne deux ans et sept mois en Grande-Bretagne, et les enfants noirs, Asiatiques ou métisses attendent trois fois plus longtemps que les petits blancs pour trouver leur logis. 20% d’entre-eux ne trouveront jamais.

 

 

Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez de familles de minorités ethniques parmi les candidats à l’adoption. La loi britannique stipule que lorsqu’il n’est pas possible de trouver de correspondances culturelles ou ethniques entre parents et enfants, les travailleurs sociaux doivent aller au-delà et favoriser les foyers aimants de manière à ne laisser aucun enfant sur le carreau.


Il est intéressant de voir comment un système censé privilégier les droits de l’enfant à maintenir ses racines vivantes peut conduire à  préserver les discriminations à l’œuvre contre ces mêmes racines. Même abandonné, le petit noir a moins de chance que le petit blanc d’avoir une seconde chance (j’aurais pu parler des prisons).


Reste que la Grande-Bretagne entretient ces « préférences ethniques » pour des motifs parfois sensés (je vous mets le lien ici d’une très jolie colonne british) qui ne sont pas sans heurter une vision somme toute idéaliste (et souvent dangereuse) d’une adoption synonyme d’amour inconditionnel, dénué de préjugés, de passé, d’indicible, et sans doute un peu d’une vision commune de l’avenir.

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