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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Présidentielle au Chili: fin de campagne avant un second tour serré

Blog de l'AFAENAC

De Eva Vergara (CP) – Il y a 1 jour

 

SANTIAGO — Le soutien explicite de la présidente sortante Michelle Bachelet au candidat démocrate-chrétien Eduardo Frei fait polémique au Chili, à trois jours du second tour de la présidentielle: donné en tête, mais avec une marge si étroite que tout semble possible, le candidat conservateur Sebastian Pinera s'en est offusqué.

 

"Jamais, jamais, même à deux ou trois jours d'une élection, un président ou une présidente ne doit oublier qu'elle est la présidente de tous les Chiliens", a-t-il dénoncé lors d'un de ses meetings de fin de campagne jeudi soir.

 

Arrivé en tête à l'issue du premier tour le 13 décembre avec 44% des voix, le candidat de L'Alliance pour le changement (dont sont notamment membres la Rénovation nationale de droite et l'Union démocratique indépendante d'extrême droite, qui soutinrent la dictature) est donné selon les derniers sondages gagnant avec une étroite avance de 1,8%, tandis que l'ancien président démocrate-chrétien Frei a remonté allègrement 13 des 15 points qui le séparaient alors de son adversaire.

En face, les rangs de la gauche chilienne, arrivée dispersée au premier tour, se sont resserrés. Frei, candidat de la Concertation, coalition de centre-gauche aux commandes depuis la fin de l'ère Pinochet, a reçu, in extremis, le soutien du candidat-trublion du premier tour.

 

Le jeune et fringant Marco Enriquez-Ominami, indépendant et fils d'un des fondateurs du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) assassiné par la dictature en 1974 et élevé en exil en France, avait crée la surprise en décrochant 20% des voix. Jorge Arrate, candidat de Junto Podemos, l'alliance autour des communistes, avait déjà fait affaire avec Frei depuis le premier tour.

 

Un peu plus de huit millions de Chiliens, sur une population de 17 millions sont appelés aux urnes. Si Pinera l'emporte, il deviendra le premier président de droite au Chili depuis la fin de la dictature (1973-1990). Une éventuelle alternance chilienne qui résonnerait comme un séisme pour une Amérique latine aujourd'hui majoritairement gouvernée à gauche.

 

Mais tous les analystes s'accordent à dire que les jeux ne sont pas faits, et que chaque voix comptera. Les deux équipes de campagne ont donc mobilisé pour avoir des observateurs présents dans chacun des quelque 35.000 bureaux de vote du pays.

 

Le candidat "officialiste" a clôturé sa campagne dans un bidonville au sud de Santiago, puis à la télévision, quelques minutes à peine avant le début de la période de réflexion qui précède le scrutin de dimanche.

"Nous sommes tous égaux, et (dans l'isoloir, NDLR), chaque Chilien, avec son coeur et son esprit, choisit et détermine l'avenir", a-t-il lancé. "Nous représentons l'histoire profonde du Chili, l'âme du Chili, et c'est ce qui se joue dimanche prochain."

 

La très populaire présidente socialiste, Michelle Bachelet, que la constitution n'autorisait pas à se représenter, a réaffirmé sa confiance à Frei. "Je vote pour lui parce que c'est un homme honnête (...) qui a quand il a décidé de se consacrer à la vie publique, a quitté les affaires (...) immédiatement et pas après avoir été élu", a-t-elle lancé.

Allusion à Pinera, l'homme d'affaires milliardaire qui se refuse à vendre les 26% qu'il détient de la compagnie aérienne Lan avant d'être élu, et a d'ores et déjà fait savoir qu'il restera propriétaire d'une chaîne de télévision et de ses parts dans l'équipe de football la plus populaire du pays...

 

Et une "intervention électorale" dénoncée par l'intéressé: "je veux dire à tous ceux qui font peur aux plus pauvres, que mon gouvernement ne mettra pas fin à la protection sociale, et que c'est mal de mentir. Sous ma direction, nous gouvernerons pour tous", a-t-il ajouté au cours d'un meeting à Concepcion, 500 km au sud de Santiago.

Michelle Bachelet a aussi exhorté ses compatriotes à ne voter ni blanc ni nul, et à remplir leur devoir électoral, comme pour souligner que chaque voix compte.

 

En décembre, les votes blancs avaient dépassé les 200.000 (soit plus que la différence de voix qui sépare aujourd'hui les deux rivaux), et les nuls 85.000. L'abstention était de 12,3%.

Selon les projections de l'institut Mori, Frei n'aurait en effet besoin que de 126.000 voix pour faire basculer un scrutin, qu'on donnait il y a un an acquis à Pinera.


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