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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Solidarité Franco-Chilienne pour les Droits de l'Homme - Le coeur du Chili bat aussi très fort à Dunkerque

Blog de l'AFAENAC
Quand il a quitté son pays en 1976, Rigoberto a pris à direction de Dunkerque.  
Quand il a quitté son pays en 1976, Rigoberto a pris à direction de Dunkerque.

 

Le Chili était dans tous les gros titres ces derniers mois. Les mineurs prisonniers de la terre auront, à leur insu, braqué les yeux du monde sur ce pays...


Ne cherchez pas une communauté chilienne à Dunkerque. Peu de Dunkerquois sont nés dans ce pays situé à un peu moins de 12 000 km de Dunkerque : Rigoberto Mansilla, fondateur de Solidarité Franco-Chilienne pour les Droits de l'Homme, une association qui fêtera ses dix ans l'an prochain, est l'un d'eux.

 

Le Chili a été au coeur d'une activité chaude ces derniers mois avec ses mineurs qui sont restés prisonniers de la terre durant 69 jours. Une actualité que Rigoberto a suivie avec son oeil critique et légitime de Chilien. « Ce qu'on n'a pas dit, c'est que les mineurs, avant l'accident, avaient fait savoir qu'ils préssentaient quelque chose d'anormal..., explique-t-il. Les médias n'en ont pas parlé. Au Chili, 400 mineurs sont morts en 10 ans, c'est une réalité ! » La vie de Rigoberto Mansilla qui suit l'actualité de son pays natal depuis Dunkerque, se croise aussi avec l'actualité du film "Nostalgie de la lumière", sorti le 27 octobre dernier. Ce documentaire aussi magnifique que bouleversant de Patricio Guzmàn fait le lien entre les astronomes venus du monde entier qui se rassemblent dans le désert d'Atacama, un lieu où la sécheresse du sol a conservé intacts les restes humains dont des prisonniers politiques de la dictature.

Viscéralement attaché à sa terre, Rigoberto, né il y a 65 ans à Puerto Montt, ne l'oublie pas. Quand le séisme a frappé le Chili, Rigoberto a lancé un appel à l'aide dans la région dunkerquoise. « J'ai organisé une campagne de collecte à laquelle les Dunkerquois ont répondu très vite... Nous avons pu envoyer 1 800 kg de produits pharmaceutiques. Ils sont en ce moment du côté de Valparaiso. Cela va permettre de continuer à soigner les gens qui n'ont pas les moyens... » Ces actions solidaires, il les prolonge avec le concert de Francisco Villa ce 12 novembre à Dunkerque. « Ce musicien a connu jeune la période de la dictature... Il est marqué par ce qu'il a vécu et il résume en chanson tout ce qu'est le Chili. Il évoque aussi l'intifada, les droits de l'Homme... Certaines chansons font vraiment frissonner, tellement elles sont belles et fortes... Il a une telle sensibilité, c'est fou ! » Cette même sensibilité que Rigoberto décline aussi, avec son association, en devoir de mémoire pour ce pays long de 4 300 km. Lui qui a souffert de la dictature de Pinochet et de ses sbires. Lui qui est arrivé en France après avoir connu les geôles chiliennes. Fait prisonnier en 1973 après avoir été accusé de terrorisme, Rigoberto fera trois dans de camp de concentration, déplacé régulièrement dans la région de Punta Arenas. En 1976, il sort de prison et arrive le 27 octobre 1977 à Dunkerque, ville dont il ignorait l'existence quelques mois plus tôt. Une date dont il se souvient parfaitement. «  Ça fait 34 ans que je suis en France et 33 ans que j'habite à Dunkerque... », décompte-t-il. Il est retourné depuis au Chili pour verser à l'histoire son témoignage auprès du ministère de la Justice de son pays : il s'en est fait un devoir « par rapport à ce que j'ai vécu, par rapport aux gens qu'on a torturés, pour que justice soit faite, pour que les gens qui ont commis ces crimes soient punis ! » Des témoins pour dénoncer des crimes dont les traces ont été effacées, des cadavres disparus, largués en pleine mer pour ne pas qu'on les retrouve, ou enterrés dans le dessert d'Atacama...

Citoyen du monde
Retraité de l'enseigne Renaut, Rigoberto continue à faire vivre son pays et sa culture, et la culture latino d'une manière générale, à travers son association qui compte une trentaine d'adhérents. Outre son émission "Rincon Latino" sur Radio Rencontres, il met à disposition une exposition sur Pablo Neruda. Le Chilien, guitariste joue également au sein du groupe "Alma" et distille les accords du charango (sorte de petite guitare) et les notes de la quena. Des sonorités qui lui rappellent son pays où il est retourné à plusieurs reprises, notamment pour retracer, avec ses enfants, le fil de sa vie, de l'histoire de son pays.

Suzanne URGACZ


 Francisco Villa, la vision d'un monde dans une voix

 En tournée européenne, Francisco Villa, a accepté l'invitation de l'association Solidarité Franco-Chilienne pour les Droits de l'Homme. Entre deux dates à Liège et Anvers, l'artiste chilien donnera un concert à Dunkerque, le Né à Santiago du Chili, Francisco Villa est considéré comme l'un des auteurs-compositeurs les plus reconnus de son pays. Depuis ses débuts en 1984, il entretient des liens particuliers avec le monde universitaire et de la culture ainsi qu'avec des organisations sociales, politiques et des moyens de communication essentiellement indépendants.
Son travail dont la grande force conceptuelle révèle une vision du monde lucide et aborde des thématiques très diverses, constitue en outre une oeuvre poétique de haut vol. Accompagné d'une guitare dont il joue magistralement, il crée une atmosphère unique où sa voix déploie toute sa force.
L'ensemble des bénéfices du concert sera reversé au profit des victimes du tremblement de terre au Chili.

Francisco Villa

Vendredi 12 novembre, à 20h, salle du Méridien à Dunkerque. Concert organisé par la Solidarité Franco-Chilienne pour les Droits de l'Homme.
Les bénéfices seront reversés aux victimes du tremblement de terre du Chili. Prix des places : 12 euros. Tarif réduit : 6 euros.
Renseignements et réservations : 03 28 66 37 27.

Il y a un an, le séisme Le séisme d'une magnitude de 8,8 est survenu le 27 février 2010 à 3 h 34 heure locale, dans le centre du Chili. L'épicentre se trouvait dans l'océan Pacifique, à 6,4 km au large des côtes et à 325 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Santiago du Chili. La ville la plus proche est Concepción située à 115 kilomètres. Le séisme a été ressenti jusqu'à Santiago du Chili. Dans les régions les plus fortement affectées, des bâtiments se sont effondrés, l'électricité et le téléphone ont été coupés. Au total, près de 550 personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe qui a auguré près de 2 millions de sinistrés.

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