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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Un jugement qui crée l’inégalité dans la famille (ledauphine.com)

Blog de l'AFAENAC

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Il y a un an, la famille Genevrier réunie au grand complet s’apprêtait à vivre son premier Noël tous ensemble. Mais les garçons n’ont pas le même statut que leurs sœurs originaires d’Haïti. Photo Archives DL/Michel THOMAS

 

Ils se considèrent comme chanceux. Luc et Nadine Genevrier ont pu récupérer la totalité du dossier d’adoption concernant leurs filles Oschna, 5 ans et Marlie, 7 ans, aujourd’hui. Pourtant ces précieux papiers auraient pu être perdus à jamais, enfouis dans les décombres du séisme survenu le 12 janvier 2010 en Haïti. « Heureusement pour nous, la procédure était arrivée à terme et l’immeuble qui abritait nos documents est resté debout ! », se souvient le papa. Oschna et Marlie ont le statut d’enfant adopté et « non de simples rapatriées comme la majorité des familles qui manifestaient aujourd’hui (NDLR : hier) devant le ministère des Affaires Étrangères ».

Mais comme beaucoup de parents d’enfants haïtiens, les Treptois n’ont pu obtenir l’adoption plénière. Le tribunal de Grenoble leur a en effet refusé ce statut qui ouvre pourtant bien des portes. Une adoption plénière par rapport à une adoption simple rompt de manière définitive le lien avec la famille biologique, pour en établir une avec la nouvelle famille.

Oschna et Marlie portent leur prénom de naissance et le nom de leur famille française. Sur ce plan, les Genevrier ne sont pas lésés. Mais le chef de famille déplore le manque de cohérence pour l’ensemble de la fratrie. La couple a en effet adopté il y a quelques années deux garçons lettons dans le cadre d’une adoption plénière. « Cette différence peut avoir une influence lors de succession faite par les grands-parents. » Les garçons seront avantagés car ils paieront par exemple moins de succession.

Comment se construire avec un tel statut ?

Mais le papa s’interroge surtout sur la signification d’une telle décision sur le plan humain. « Si vous voulez qu’une plante prenne racine dans une terre où elle n’a pas germé, il faut bien la déraciner ».

La maman biologique des deux fillettes est encore vivante. « Pendant des mois, nous avons accompagné nos filles dans leur deuil. Elles pleuraient souvent le soir au coucher. Ça va mieux. Les filles vont bien. Elles nous ramènent des sourires et des bonnes notes. Et elles ont des copines ».

par Célia LOUBET le 20/11/2011 

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