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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

VIOLETA PARRA CHILIENNE DE VIE (Paris Match)

Blog de l'AFAENAC

http://photo.parismatch.com/media/photos2/3.-photos-culture/musique/violeta-parra/5219695-1-fre-FR/violeta-parra.jpg

 

Un très beau film retrace la vie de la chanteuse sud-américaine. Pour Paris Match, son fils, Angel Parra, se souvient.

 

Violeta Parra naît en 1917 dans la région du Chillan, dans le sud du Chili. D’une mère agricultrice et d’un père professeur de musique, elle apprend à cultiver la terre en même temps qu’à chanter lors des fêtes traditionnelles et des veillées mortuaires. La misère de la campagne chilienne forme son esprit à la révolte et le folklore de son pays lui inspire ses premières chansons, à l’âge de 12 ans. Etudiante en littérature à Santiago, Violeta se produit dans de petites salles. Le regard aussi noir que sa longue chevelure, le teint buriné par le soleil, une guitare sèche entre ses mains de paysanne, elle parcourt le pays, ajoutant à son répertoire des mélodies et des chants traditionnels. Elle devient une star, la voix de sa patrie, une militante engagée dans la défense des arts folkloriques, la Edith Piaf du Chili, pionnière du baba cool au physique de Joan Baez. Cette dernière rendra célèbre le plus grand hit de Violeta, « Gracias a la vida ».

"ELLE N'ÉTAIT PAS FACILE ÀVIVRE, SURTOUT POUR SES AMOUREUX"

Son fils aîné, Angel Parra, lui aussi chanteur, est exilé politique à Paris depuis 1974. Il se souvient de la dernière fois qu’il a vu sa mère : « Trois jours avant son suicide, je suis allé la voir dans son chapiteau, sur les hauteurs de Santiago [NDLR : où elle animait un centre culturel]. Le soleil était haut, elle venait de se laver les cheveux avec des herbes. Il y avait comme un halo de lumière autour d’elle. » Dans le film biographique réalisé par le Chilien Andrés Wood, la vie de Violeta est racontée sous son angle le plus sombre. L’actrice et chanteuse chilienne Francisca Gavilan y incarne une Violeta malheureuse, mère endeuillée, épouse délaissée, artiste torturée qui finit par se tuer d’une balle dans la tête à l’âge de 49 ans. « Malgré tout, ma mère a eu une vie heureuse, intense. Elle se levait à 5 heures du matin et elle composait à la guitare. Ça m’empêchait de dormir mais c’était très beau. Elle était assez stricte, pas facile à vivre, surtout pour ses amoureux ! » 
Enfant, Angel Parra devient l’assistant de sa mère, il la suit sur les routes. « On travaillait dans le cirque de ma tante. C’était un autre monde. Le seul moyen d’expression était la musique. » En 1954, Violeta abandonne enfants et mari pour partir en Pologne, invitée d’un festival des jeunesses communistes. Elle restera deux ans en Europe. Une absence d’autant plus cruelle que sa fille de 6 mois, restée au Chili sous la surveillance d’Angel, meurt brutalement d’une méningite. Violeta multiplie les formes d’expression : peinture, poésie, tapisserie. A Paris, elle est exposée au musée du Louvre au début des années 60. Elle vit alors avec un anthropologue suisse, Gilbert Favré, pour qui elle écrit ses plus belles chansons d’amour. « Un jour, il en a eu marre des flûtes en bois, des Indiens, du Chili et il a envoyé balader tout le monde. » Cette rupture provoque le geste désespéré et la mort de Violeta.

Mais le Chili n’a pas oublié. Aujourd’hui, restent deux magnifiques chansons composées à Paris : « Que vivan los estudiantes » et « Arauco tiene una pena », les préférées d’Angel. « Ma mère n’était pas Jeanne d’Arc. Son engagement était dans la vie quotidienne. Son travail de compilation des mélodies et des textes de la culture populaire chilienne est un acte politique. » Une mémoire et un héritage portés par les enfants d’Angel, devenus des musiciens célèbres au Chili. En 2012, dans les rues de Santiago, ce sont les chansons de Violeta que les étudiants reprennent lors des manifestations. Le plus beau des hommages.

 

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