Infos adoption

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 00:55

Les parents adoptifs eux-mêmes ont à cœur d’introduire peu à peu l’enfant adopté à son passé

 

L’ouverture à la vérité sur le passé a depuis longtemps pris le pas sur la culture du secret dans les familles adoptives. L’essor de l’adoption internationale s’étant accompagné ces vingt dernières années d’une information plus large – bien que très souvent incomplète – sur les enfants adoptés et leurs origines, les familles vivent aujourd’hui d’autant plus sensiblement ce changement. « Il y a un consensus dans les pays occidentaux comme le nôtre pour dire que les enfants doivent avoir accès à leur histoire, ce qui ne veut pas forcément dire rencontre avec les géniteurs, souligne Bernard Golse, membre du Conseil supérieur de l’adoption et ancien président du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (Cnaop). Ce qui est important, c’est que l’enfant sache qu’il a été adopté, et que son histoire n’a pas commencé dans le ventre de sa mère adoptive. »

 

Et ce, bien avant que l’enfant ne pose lui-même des questions… « Il n’y a pas besoin d’attendre les grandes discussions solennelles de l’âge de raison, poursuit-il. On conseille ainsi aux parents de profiter de cette période durant laquelle l’enfant n’a pas accès au langage pour faire passer le message émotionnellement. »

 

Ils évoqueront alors le passé et l’arrivée de leur enfant, puis tôt ou tard l’emmèneront dans le pays d’origine : soit dans la perspective d’un voyage de découverte, soit pour revoir sa pouponnière ou son orphelinat, soit pour retrouver d’éventuels membres de la famille de naissance, selon les attentes des enfants. Thierry de Bailliencourt, souvent de passage à Moscou dans le cadre professionnel, a adopté en 2001 avec son épouse une petite fille de 18 mois dans la région de Driansk. Depuis, les parents cultivent soigneusement son lien avec sa terre de naissance. « On lui a très vite expliqué d’où elle venait, et nous sommes retournés sur place pour ses 3 ans et demi auprès des enfants de l’orphelinat qu’elle avait côtoyés, raconte le père adoptif. On a compris que cette superposition entre la Russie et la France était une richesse plus qu’un ennui. »

 

Le rapport aux origines peut être vécu différemment selon que l'enfant a été adopté à l’étranger ou en France

Les parents tiennent à partager cette histoire avec leur enfant, et plus encore à l’entretenir. Ce bain voulu dans une double culture se traduit au quotidien : tous les films de la maison sont en russe, leur fille est désormais inscrite dans une école bilingue, et elle vient d’effectuer cet été un camp en Russie. Liés d’amitié avec un membre du consulat à Moscou, les parents l’ont même élu comme «parrain» pour leur fille, comme un trait d’union avec sa culture, depuis qu’il se trouve en représentation à Paris à l’Unesco.

 

Au plan juridique, la forme de l’adoption plénière, déployée dans les années 1960, contribue à «sécuriser» les parents adoptifs sur le plan du rapport aux origines. Ils se retrouvent pleinement parents en asseyant leur filiation, tout en disposant d’éléments, très variables, sur le passé de l’enfant. Car leur rapport aux origines de l’enfant peut être vécu différemment selon qu’ils aient été adoptés à l’étranger ou en France. « Quand la famille d’origine vit en Haïti, cela paraît loin, évoque Janice Peyré, représentante d'Enfance et familles d’adoption au Cnaop.

 

En revanche, quand on sait qu’elle vit en France, cela peut être un peu plus délicat à gérer, avec la crainte que quelqu’un puisse surgir dans la vie de l’enfant adopté. » En fait l’essentiel est que la famille soit accompagnée, lorsqu’elle reçoit par exemple des données supplémentaires sur le dossier de l’enfant. L’association Enfance et familles d’adoption préconise ainsi que le Cnaop soit plus attentif au suivi des familles dans ce sens.

 

Il ne s’agit pas non plus de « s’enfermer dans la prime aux origines biologiques, car l’enfant cherche aussi l’histoire de ses premiers liens, insiste Bernard Golse. Dans ce qu’on appelle la quête des origines, il y a la carte génétique, mais aussi ce qui s’est passé pendant la grossesse, à l’orphelinat ou à la pouponnière. » Retourner au « berceau » peut constituer une étape particulièrement symbolique. Des années après le retour des Bailliencourt avec leur fille sur le lieu de son adoption, la petite Marie-Alizée, du haut de ses 9 ans, leur « parle encore souvent » de ses souvenirs à l’orphelinat. Des souvenirs qui relient ses parents adoptifs à son histoire personnelle.


Marilyne CHAUMONT

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 00:48
Pour bien des adoptés, il est difficile de construire un avenir sans connaître ses origines. Récit de trois parcours parfois douloureux

Alors que le gouvernement réfléchit à un « accouchement protégé » pour tenter de répondre aux demandes des enfants nés sous X et qu’un projet de loi sur l’adoption est toujours en débat au Parlement, La Croix donne la parole à des personnes adoptées en France ou à l’étranger. Leurs cheminements respectifs reflètent la diversité des situations et la persistance du désir de connaître son passé.

Raphaël, des racines dans la misère



« La vérité qui blesse »
Petit, Raphaël Lebold n’avait pas l’once d’un souvenir de son arrivée de Pologne à 2 ans, avec un frère de deux ans son aîné, dans sa famille alsacienne. Tout ce qu’il sait alors, ce sont les rares éléments connus de ses parents adoptifs (ses parents d’origine sont morts dans un accident). Les questions viennent plus tard. « À 19 ans, mon frère et moi avons demandé à nos parents notre dossier d’adoption, relate le jeune homme, aujourd’hui âgé de 24 ans. J’avais surtout envie de retrouver des frères et sœurs en Pologne. Je suis allé au Service central d’état civil à Nantes, et j’ai appelé l’orphelinat d’où je venais. En vain. Il n’avait plus un seul papier sur nous. À l’époque du rideau de fer, on ne gardait rien. » Pendant que Raphaël remue le peu d’éléments qu’il a et parvient à récupérer l’adresse de ses parents biologiques (il apprend que sa mère est vivante), l’une de ses sœurs polonaises fait des recherches en parallèle pour retrouver ses petits frères adoptés.

Ces démarches conjointes finissent sur un bureau du Service central. Raphaël est mis en relation avec Anja, cette sœur de trois ans son aînée. « Je ne savais pas trop par quoi commencer, ce n’était pas possible de la bombarder de questions, se souvient-il. Par Internet en vidéo, je me suis aperçu que je lui ressemblais. » Avec son teint mat, le jeune homme ne s’était jamais cru polonais. « J’ai découvert que j’étais gitan, et j’en suis fier… Quand je travaillais dans un kebab, on me prenait même pour un Turc ! » Il apprend d’autres nouvelles, plus rudes. De nombreuses souffrances traversent l’histoire familiale : son père s’est suicidé ; sa mère s’enferre dans un alcoolisme violent.

Raphaël s’envole vers l’Est peu après, un petit dictionnaire franco-polonais en poche. « Quand j’ai vu ma mère là-bas, elle était dans un tel état, à cause de l’alcool, qu’elle ne m’a pas reconnu, confie-t-il sans ciller. Après, elle a compris. » Elle attendait qu’il vienne vers elle dans un coin du salon, une pièce pleine de pauvreté et de mauvais souvenirs. « Mais moi, je ne voulais pas la prendre dans mes bras ; elle a quand même frappé ses enfants ! Elle s’est mise à genou. J’ai fini par lui pardonner. De toute façon, je ne la verrai plus. »

Il ne la verra plus, mais « il y a quand même la vérité qui blesse ». La vérité mise à nue. Raphaël voit ses frères désœuvrés et qui ont versé dans l’alcool. Il découvre une autre sœur, la jumelle d’Anja, qui « a eu quatre enfants avec quatre pères différents ». Celle-ci les a abandonnés et se trouve à nouveau enceinte. « Je lui ai dit : “si tu mets encore à l’orphelinat le bébé que tu portes, je reviens et ça va mal se passer” », raconte Raphaël. De retour de cette expérience qui « endurcit », il affirme ne pas regretter d’avoir été adopté. « Si c’était pour finir comme mes frères là-bas… Et puis je préfère avoir eu cette histoire qu’une histoire banale. »

Seule Anja a réussi à construire sa vie, tirée de chez elle à 15 ans par celui qui deviendra son mari. «On a découvert qu’on avait tous deux un peu le même caractère.» Un caractère « indépendant », que Raphaël a renforcé très tôt. Dès 14 ans, en travaillant dans les champs de houblon, de tabac, ou dans les restaurants de tartes flambées pour « gagner un peu (sa) croûte ». Plus tard, en s’engageant dans l’armée comme parachutiste. Au Tchad, transmetteur dans une mission « au service des autres », il a appris « à ne pas se la jouer ».

Aujourd’hui, Raphaël tisse doucement des liens avec Anja, qui se souvient encore « du jour où la police est venue nous chercher à la maison pour nous mettre tous les cinq à l’orphelinat, rapporte Raphaël. Elle m’a raconté qu’elle devait nous bercer pour nous rassurer. » À l’avenir, il aimerait « aider financièrement » la structure d’accueil. Désormais auto-entrepreneur avec sa compagne à Tarbes, Raphaël sera lui-même bientôt papa. Quand il a prié sa grande sœur polonaise d’être la marraine de son fils, « elle a pleuré », sourit-il.

Graciane, une cicatrice en forme de X



Le temps joue contre elle


Le temps est compté pour Graciane. À 57 ans, cette Rouennaise, née sous X dans une maison maternelle parisienne, cherche la femme qui l’a mise au monde. « Elle doit avoir dans les 77 ans aujourd’hui. Le temps joue contre moi mais je ne m’arrête pas. » Graciane a toujours été tenaillée, depuis l’âge de 11 ans, par le désir d’exhumer ses origines. « Non pas pour trouver une famille, mais pour savoir d’où je viens, glisse-t-elle. La cicatrice est là. Il est difficile de se construire un avenir quand on ne connaît pas son passé. »

Non que ses parents adoptifs l’aient privée de tendresse. Recueillie dans une famille aisée, ayant reçu une « éducation catholique, bourgeoise », Graciane dit même avoir eu de la chance d’être adoptée. Mais une enfance sans accrocs ne résout pas « le problème des origines ». « Tous les matins quand on se regarde dans la glace, on ne sait pas à qui on ressemble, observe-t-elle. Et il y a un vide énorme. »


Un grand trou dans la mémoire, qui s’est ressenti sur ses études. À l’école, l’enfant se sentait différente des autres. À la maison, sa sœur semblait éloignée de ses préoccupations. Pourtant, elle se remémore avec émotion son père adoptif. « Lorsqu’il est mort il y a dix ans, j’ai eu l’impression d’être à nouveau abandonnée. Quand vous avez été bordée avec amour tous les soirs étant enfant, c’est sûr que tout s’écroule autour de vous. »

Sa quête des origines a commencé après avoir fondé elle-même une famille, à partir des années 2000. Pourquoi pas plus tôt ? « Je ne me sentais pas prête. » Entre-temps, elle a passé un monitorat et s’est épanouie comme professeur de sport, pratique le judo, le tennis, et plus encore l’équitation. Graciane finit par s’investir dans l’association « X en colère ». Là, elle accompagne d’autres femmes sur les traces de leurs origines. C’est par le biais d’une émission qu’elle-même acquiert les premiers éléments de son histoire, orientée vers la piste d’une mère kabyle.


« Une femme, qui avait également accouché sous X, évoquait à la télévision la “maison maternelle” où j’étais née moi-même, raconte Graciane . Alors j’ai écrit à la chaîne pour entrer en contact avec cette personne. Elle disait qu’elle avait bien connu ma mère pendant six mois. Quand elle m’a vue, elle semblait frappée par la ressemblance avec ma mère, surtout les cheveux, paraît-il. Elle m’a affirmé que ma mère disait toujours “si c’est une fille je l’appellerai Graciane ”… » Après des recherches menées grâce à l’appui d’amis établis en Algérie, Graciane s’aperçoit finalement qu’elle s’est lancée sur une fausse piste. Très déçue, elle n’abandonne pas. Sa mise à la retraite précoce, à l’âge de 49 ans, lui offre à nouveau du temps. Sa dernière fille l’aide un peu dans ses investigations. En vain, jusqu’à présent.

Il y a quelques années, si Graciane avait retrouvé sa mère, elle lui aurait sans doute déclaré que son abandon était « lamentable », qu’elle lui en voulait. Mais après avoir côtoyé de nombreuses « mères de l’ombre » au sein des « X en colère », la militante dit avoir évolué. Aujourd’hui, c’est l’envie de dissiper un éternel flou qui l’habite. « Je voudrais savoir plein de petites choses idiotes sur ma mère ; était-elle douée pour le sport, qu’aimait-elle manger ? Quand on n’est pas en possession de ses informations génétiques, c’est comme un arbre sans racines, ça ne tient pas debout… » Pour l’heure, Graciane se consacre à ces autres personnes qui ont, comme elle, un « X scotché sur le corps ».

Guilherme-Luc, l’appel de la pampa



« Je sais ce que j’ai évité »


« À quelle heure tu es né ? » Dans la cour son école primaire de Montpellier, Guilherme-Luc Malet aurait bien aimé répondre. « C’est un petit détail qui m’a tout le temps tracassé », avoue-t-il. Sa mère célibataire ne lui a pourtant jamais caché ses origines. Elle le recueille petit chez les sœurs missionnaires de Juiz de Fora, au Brésil, le ventre rond en raison de carences alimentaires. Deux ans auparavant, elle a aussi adopté une petite Brésilienne, plus tard gravement handicapée, et peu à peu paralysée.

Lui dispose de son certificat de baptême portant le nom de ses parents d’origine. « Maman me racontait ma venue du Brésil, et j’assumais le fait d’être adopté, avance Guilherme-Luc, dont le prénom porte le chaînon de la double nationalité. C’est vis-à-vis de l’extérieur qu’on doit se justifier, à cause de sa couleur de peau, ou lorsqu’on remplit des papiers en indiquant son lieu de naissance. » L’absence de père se fait peu ressentir dans son enfance. Sa mère a à cœur de la combler par des référents masculins. « Elle faisait en sorte que je rencontre beaucoup mon oncle et mes grands-parents, détaille le jeune homme de 26 ans. J’ai aussi fréquenté la maisonnée Saint-Joseph, un patronage religieux où j’ai trouvé un certain équilibre par une présence masculine. »


À force de fréquenter des Brésiliens, Guilherme-Luc se laisse plus tard gagner par l’envie de retourner vers son passé. Les sœurs d’une de ses amies, établies là-bas, parviennent à repérer sa famille en appelant la pharmacie de sa ville natale. Celle-ci vit dans les favelas. Guilherme-Luc réussit alors à la joindre. Sa mère, trop pauvre, lui explique à distance qu’elle ne pouvait pas l’assumer bébé, et qu’il était malade. Elle lui avoue aussi l’avoir vendu, avant qu’il ne se retrouve chez les sœurs missionnaires. « On ne peut pas juger l’acte de quelqu’un qui n’a rien à manger, estime Guilherme-Luc. Elle ne m’a pas vendu pour acheter une montre, et je dis parfois avec humour, “c’est pour ça que je suis aujourd’hui un bon commercial !” »

La rencontre avec son père séparé de sa mère est forte. Et puis, parce qu’en France, il se sent à demi fils unique (« Avec ma sœur handicapée, on se comprend par le sourire et le regard », dit-il), il est attendri par sa plus jeune sœur là-bas, qui a 12 ans. Le Brésil lui dévoile aussi le dénuement des favelas, une culture métissée, loin des étroites images « de football et de Copacabana ». Touché, le jeune Franco-Brésilien retourne l’année suivante fêter Noël, un « Noël en tongs », dans cette autre famille de la pampa.


Depuis, Guilherme-Luc écrit, téléphone souvent mais s’efforce aussi de maintenir une certaine distance. « Ma mère biologique voudrait que je revienne au Brésil, mais je lui ai dit que ma vie était en France, qu’on ne peut pas tout mélanger. Je l’ai aussi remerciée de m’avoir permis d’être adopté, car je sais ce que j’ai évité. Ce qui compte, c’est qu’elle ait gagné en dignité dans son quartier, car j’ai pu dire autour d’elle que je ne la jugeais pas mal. »

Celui qui a toujours eu l’impression d’être « né en descendant de l’avion » travaille maintenant dans l’aéronautique, après une formation de steward. Cloué au sol pour le moment à cause de la crise, il espère en secret être recruté par Air France pour s’envoler très vite vers des terres éloignées, en particulier le Brésil. Un pays qu’il a su faire sien. « Même si le plus important, ce sont les liens du cœur, je pourrai plus tard raconter à mes enfants pourquoi j’ai du sang brésilien qui coule dans mes veines. » Il saura même leur dire, s’ils lui demandent, qu’il est né un 3 juin à midi trente.


Maryline CHAUMONT
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 16:39

Céline Giraud revient sur la place et les attentes des adoptés en France



La Croix. Quel est l’apport des adoptés en France sur les questions liées à l’adoption nationale et internationale ?

Céline Giraud : L’essentiel se fait dans leurs interventions auprès des parents adoptifs. Les professionnels apportent de leur côté beaucoup de chiffres, de notions, de données psychologiques, mais les adoptés apportent leur vécu. Cela permet aux parents adoptifs de s’identifier à une expérience concrète plus qu’à des statistiques, parce qu’ils se projettent, eux et leur enfant, dans nos témoignages et nos ressentis. Aujourd’hui, La Voix des adoptés s’est également aperçue qu’elle était capable d’apporter une analyse à partir des expériences ; un point de vue complémentaire qui intéresse aussi bien les associations que le service de l’adoption internationale. On peut aussi faire bouger les lignes sur certains sujets, tels que la recherche des origines ou encore le trafic d’enfants, dont je suis moi-même issue et qui demeure encore tabou.

Quelles évolutions constatez-vous concernant la recherche des origines dans les familles adoptives et chez les adoptés eux-mêmes ?

Il y a cinquante ans, être adopté restait quelque chose d’un peu honteux : toute une génération dans les années 1950 a ainsi vécu sous le sceau du secret, voire du mensonge. Aujourd’hui, c’est une énorme évolution que l’on connaît : on doit pouvoir en parler en famille, accepter cette éventualité de la recherche des origines… Mais cette évolution n’est pas terminée. Il y a encore beaucoup de parents dépositaires d’une histoire qu’ils jugent nécessaire ou pas de retransmettre à leur enfant. En même temps, tous les professionnels, les associations et les instances officielles vont dans le sens de l’intérêt premier de l’enfant et de l’accès à ses origines s’il le désire. Or, les parents adoptifs agissent beaucoup en fonction de ce qu’ils entendent au moment où ils adoptent. Actuellement, ils sont beaucoup moins démunis et peuvent profiter de nombreux points d’information, des maisons de l’adoption, des espaces adoption ou d’Internet…

Internet, justement, vient-il bouleverser la manière d’enquêter sur ses origines ?

Le recours à Internet se développe en effet depuis plusieurs années, mais il y a un revers à la médaille. Les sites ou réseaux sociaux comme Facebook sont si nombreux que c’est devenu un moyen de recherche, notamment pour des adolescents. On a des retrouvailles par Internet. Mais cela peut être dangereux, surtout sur le plan psychologique pour une personne isolée par exemple, car les informations tombent d’un coup. Alors que l’accompagnement dans ces moments est fondamental. Il ne faut pas oublier que si l’on a été adopté, c’est souvent parce qu’on venait d’une famille malheureuse, qu’il y a tout un lot d’histoires douloureuses derrière ; et la découverte de la vérité peut être violente, encore plus à l’époque si fragilisante de l’adolescence. On déconseille d’ailleurs assez souvent les recherches à l’adolescence, en proposant des alternatives comme la possibilité d’être parrainé par un adulte adopté.

Un projet de réforme de l’adoption est en cours. Quelles sont les améliorations qui s’imposent, selon vous ?

La grande réforme prévue à la suite du rapport Colombani a trait surtout aux démarches de l’adoption. Elle a le souci de l’accompagnement des parents, mais elle porte très peu sur la post-adoption. Ce sujet est bien trop peu abordé. Une fois que les enfants sont arrivés dans leur famille adoptive, il leur reste tout un chemin à parcourir. Les questions peuvent venir très tard, même soixante ans après. Ce n’est pas encore acquis chez les acteurs du monde de l’adoption... Les associations font déjà un très bon travail, mais n’ont pas les moyens d’aller suffisamment loin. Il faudrait des structures réservées à la post-adoption, comme il en existe en Espagne dans toutes les régions, ouvertes à tout âge et sans délai d’attente. Il s’y déroule des groupes de parole, des ateliers, des suivis personnalisés ou encore des thérapies familiales, et c’est cela qui manque encore en France.

Recueilli par Marilyne CHAUMONT
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 01:03
Par Bruno Roger-Petit le 03/12/2009

Le 24 novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a présenté les nouvelles orientations du gouvernement en matière d'adoption internationale.

Il en a profité pour lancer une formule aussi creuse que stupide: « Avant d'adopter plus, il faut adopter mieux », slogan, qui, au delà de la formule, se révèle aussi injurieux dès lors qu'on le prend au pied de la lettre. Le ministre a-t-il voulu dire que tous les enfants adoptés en France étaient mal adoptés? Bravo! Des dizaines de milliers de famille apprécieront! De même que les milliers de postulants à l'adoption qui ne seraient pas tous recommandables selon Kouchner. Encore bravo!

L'adoption française est sinistrée depuis trois ans. Et je fais partie de ceux qui commencent à se demander si tout cela n'est pas le fruit d'une politique délibérée de la part de la droite française, politique visant à restreindre, voire rendre impossible l'arrivée sur le sol français de petits enfants, futurs citoyens Français dont le défaut serait de ne pas être assez blanc de peau.

 

D'abord les chiffres: en 2008, 3.271 enfants ont pu être adoptés. Par rapport à l'année 2006, cela représente une chute de 20,5%! (2006: 3977; 2005: 4136; 2004: 4079) La France est revenue au niveau de 2001. Bernard Kouchner, qui ne connait du dossier que ce que certains lui racontent, pour justifier cette baisse, explique que de moins en moins d'enfants sont adoptables dans le monde. Franchement: qui peut gober un bobard pareil?

 

En 2006, la France a inventé un monstre bureaucratique. Il s'agit de l'AFA, Agence Française pour l'adoption, organisme qui a vite fait preuve d'incompétence et d'insuffisance. Pourquoi?

 

1/ Elle a été créée ex nihilo, sans intégrer les administrations existantes expérimentées en la matière, comme la MAI du Quai d'Orsay (mission pour l'adoption internationale), ce qui était une aberration.

 

2/ Elle a été confiée à un tandem venu des rangs de la droite catho réactionnaire. Le député Yves Nicolin à la présidence, et la magistrate Laure de Choiseul (épouse du très conservateur ancien ministre de la Justice Pascal Clément) à la direction générale. Sous leur direction, l'AFA, déjà mal née, est devenue un monstre administratif aussi inutile qu'inhumain. Lancée par Raffarin, cette agence devait augmenter de 50% le nombre des adoptions, elle a réussi à les faire baisser de 20%! Un bien beau succès à la française.

 

3/ J'ai recueilli les témoignages de beaucoup de personnes devenues les victimes de l'AFA. Toutes m'ont décrit une administration opaque, peu voire pas accueillante. Beaucoup m'ont fait part de leur souffrance née de la façon dont ils ont été traités. De nombreux (pas tous) responsables de l'AFA ont tendance à considérer les postulants à l'adoption de façon méprisante (c'est ce qu'ils m'ont dit) presque comme des coupables suspects d'être prêts à tout pour satisfaire leur désir d'enfant et ils ont le sentiment que tout est fait pour leur compliquer la tache.

 

4/ Très souvent l'AFA a fait preuve de méconnaissance des traditions et usages des pays concernés. Le Vietnam par exemple, pays traditionnellement favorable à la France en matière d'adoption, a fini par réduire à presque rien les relations avec une AFA jugée inadaptée et qui, j'en ai personnellement tiré cette conclusion, se comportait encore comme au temps de l'Indochine.

 

Ce bilan humain a conduit le gouvernement a écouter (enfin!) les associations concernées et à tenir compte du rapport alarmant rédigé par Jean-Marie Colombani fin 2008. Laure de Choiseul a été « sanctionnée ». Et quelle sanction! Une belle place au Conseil d'État! Et Yves Nicolin est demeuré en fonction.

 

Ce 24 novembre, le gouvernement et les responsables de l'AFA présentaient en grandes pompes le nouveau contrat d'objectifs fixés pour l'organisme déconsidéré. Et tout le petit monde des postulants à l'adoption de se dire: enfin!

 

Mais avec ce pouvoir, il faut toujours redouter le pire. Donc, mauvaise surprise! Bernard Kouchner déclare que le gouvernement comptait en finir avec l'adoption individuelle, c'est à dire avec les adoptions légales réalisées hors l'AFA. Or, 37% des adoptions internationales sont obtenues dans ce cadre. L'objectif du gouvernement est donc de confier pratiquement l'essentiel (il existe aussi les OAA, mais là aussi c'est pas toujours facile) de l'administration de l'adoption internationale à un organisme qui, pour le moment, n'a fait la preuve que d'une magistrale incompétence, organisme toujours présidé par ce même député catholique conservateur (défenseurs de l'homoparentalité, c'est mal barré pour vous) qui est le maître d'œuvre de ce ratage! Bravo!

 

Vous imaginez combien cette perspective a enchanté toutes les parties concernées. Compte tenu des citères « apparents » de l'AFA pour sélectionner les dossiers, on peut déjà estimer que les personnes jugées (entre autres) trop âgées (en fonction de critères souvent variables), célibataires (donc présumées de mauvais genre) ne sont pas prêtes de voir leur rêve d'enfant se réaliser. Au vu de l'efficacité actuelle de l'AFA, ce seront 1200 adoptions annuelles en moins si le projet d'interdire l'adoption individuelle voit le jour.

 

Mais au delà de tout cela je me pose bien des questions. Kouchner précise bien que l'adoption internationale ne doit pas se résumer à une question de chiffres. Les 30 000 titulaires de dossiers en souffrance (c'est le cas de le dire) à l'AFA apprécieront. Il est clair que non seulement aucun effort ne sera fait de la part de l'AFA (les objectifs du contrat sont tellement vagues que ne rien écrire eut mieux convenu), et au surplus on ne lui demande plus de maintenir un niveau chiffré d'adoptions, d'où le slogan « avant d'adopter plus, il faut adopter mieux ». Il est clair que le pire est à redouter.

 

Je ne peux m'empêcher de mettre cette annonce en corrélation avec la volonté annoncée d'Eric Besson de lutter contre les mariages mixtes, qualifiés par lui de mariages gris, donc tous présumés suspects d'être des mariages de complaisance afin d'alimenter une immigration clandestine jugée insupportable.

 

Dès qu'il s'agit de transformer des noirs, des bruns, des jaunes en citoyens de France, j'ai quand même le sentiment que ce gouvernement fait tout pour que cela ne se fasse pas. N'est-ce pas cela le but de honteux débat sur l'identité nationale? Justifier in fine tous les non-dits que cachent la politique du gouvernement en matière de famille et d'immigration, d'adoption et de mariage? Je n'écris pas ici le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier cette politique. Mais j'y pense fortement.

 

PS: un lien pour signer la pétition contre l'abandon de l'adoption internationale individuelle. ICI


(Source: France Soir)
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 13:17

Agnès Leclair


Le profil des enfants proposés à l'adoption a changé. Ces derniers ont souvent 5 ans et plus, font partie de fratries ou présentent des pathologies.


Aujourd'hui, moins d'une famille candidate sur sept recueille un enfant.

 

Avec toujours plus de parents candidats et toujours moins d'enfants à accueillir, le contexte de l'adoption internationale se tend chaque année un peu plus. Pour plus de transparence et d'efficacité, la France s'est dotée mardi d'une «convention d'objectifs et de gestion» signée par l'AFA (Agence française d'adoption), la secrétaire d'État à la Famille, les ministres des Affaires étrangères et du Budget. Elle vise pour les années 2009, 2010 et 2011 à favoriser l'action de l'AFA dans les pays d'origine des enfants mais aussi «d'accompagner au mieux les familles dans ce véritable parcours du combattant», a souligné Bernard Kouchner .

Accompagnement de parents parfois perdus

«Sur les 30 000 candidats titulaires d'un agrément, seuls 4 000 ont vu leur rêve se réaliser en 2008. Moins d'un sur sept», a rappelé le ministre des Affaires étrangères. Des chiffres fondés sur les 3 271 adoptions internationales effectuées l'année dernière et qui placent la France au troisième rang des pays d'accueil derrière les États-Unis et l'Italie. Les derniers chiffres de 2009 laissent par ailleurs entrevoir une nouvelle baisse de ces adoptions, de l'ordre de 7 à 8 %. Face à cette «contraction» de l'adoption internationale, Bernard Kouchner se défend néanmoins de vouloir faire du chiffre. Il s'agit avant tout «d'adopter mieux» prône le ministre. Tous les intervenants l'ont rappelé mardi, le profil des enfants proposés à l'adoption a changé. Ces derniers ont souvent 5 ans et plus, font partie de fratries ou présentent des pathologies. L'attente pour un petit de moins de 3 ans est désormais très longue, a prévenu le ministre. Un pays comme l'Italie se serait mieux adapté à cette nouvelle donne avec un pourcentage de 55 % de bambins de plus de 5 ans recueillis pour l'année 2008.


Pour Nadine Morano, la convention devrait également permettre d'harmoniser le dispositif de fonctionnement de l'AFA et d'améliorer le suivi et l'accompagnement de parents parfois perdus. Cette convention augure enfin d'autres accords avec les 41 organismes autorisés pour l'adoption (OAA) français, ces associations privées qui gère également les dossiers de demande des familles. C'est en tout cas le souhait de Bernard Kouchner. Et pourquoi ne pas réfléchir à l'arrêt des adoptions individuelles en France, ces démarches effectuées par les parents sans l'appui d'aucun organisme, a lancé le ministre. Un débat controversé car la fin de ce procédé ferait encore baisser les chiffres. En effet, ces actions individuelles représentent aujourd'hui un tiers des adoptions réalisées en France.

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 01:21

Bernard Kouchner procédera, le 24 novembre à 11h30 au Quai d’Orsay, aux côtés de Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille et la Solidarité, et de Yves Nicolin, Président de l’Agence Française de l’Adoption (AFA), à la signature de la convention d’objectifs et de gestion conclue entre l’Etat et cette agence. Le Ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique est également signataire de cette convention.


La signature de cette convention s’inscrit dans l’important travail de réforme de l’adoption internationale mené par le Ministère des Affaires étrangères et européennes depuis plus d’un an, à la suite du rapport sur l’adoption remis au Président de la République par Jean-Marie Colombani, le 19 mars 2008. Cette convention a pour objet de rendre plus transparente, plus visible et plus efficace l’action de l’Agence.


Dans un contexte de contraction du nombre des adoptions internationales constatée par la plupart des pays d’accueil, d’autres mesures destinées à permettre aux candidats français à l’adoption de disposer des meilleures chances de voir aboutir leur dossier ont été prises.


Le Service de l’Adoption Internationale (SAI), placé sous l’autorité d’un ambassadeur, a été créé le 14 avril 2009, au sein du Ministère des affaires étrangères et européennes afin de mettre en œuvre la politique de l’adoption internationale.

L’information du public a été renforcée. Le ministère des Affaires étrangères et européennes a rénové son site Internet de l’adoption internationale et participé, avec le Secrétariat d’Etat à la Famille, le Ministère de la Justice et l’AFA à la création du site www.adoption.gouv.fr.


L’appui du SAI aux organismes autorisés pour l’adoption (OAA) a été développé. Le montant des subventions allouées pour conforter leur action dans les pays d’origine a été augmenté de 41 %. La concertation avec le monde associatif est désormais systématique.


Des actions de coopération en faveur de l’enfance privée de famille et en appui aux autorités étrangères chargées de l’adoption ont été réalisées dans onze pays d’origine des enfants adoptés ainsi qu’auprès du Bureau Permanent de la Haye et du Service Social International. Afin de poursuivre ces actions, les crédits alloués en 2009 seront reconduits en 2010. Le réseau expérimental des volontaires de la protection de l’enfance et de l’adoption internationale participe à ces actions de coopération et fera l’objet d’une évaluation en décembre.

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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 19:43
La secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Nadine Morano, a déclaré qu'elle ne voulait pas changer la loi interdisant l'adoption aux couples homosexuels, tout en souhaitant un "débat" pour "sortir de l'hypocrisie".

"Il n'y a pas de projet pour réformer l'adoption en faveur des couples homosexuels. C'est un engagement du président de la République", a déclaré à l'Assemblée nationale Mme Morano à la presse qui l'interrogeait sur la décision du tribunal administratif de Besançon.

Le tribunal administratif a ordonné mardi au conseil général du Jura de délivrer "dans un délai de 15 jours" un agrément d'adoption à une enseignante homosexuelle.
"Mais il faudra ouvrir le débat, pourquoi pas lors de la prochaine élection présidentielle en 2012", a ajouté Mme Morano, en évoquant aussi une récente décision de la cour d'appel de Rennes (délégation d'autorité parentale avec exercice partagé au sein d'un couple d'homosexuelles séparées).

"Il faut sortir de l'hypocrisie qui existe en France", a poursuivi Mme Morano, rappelant que 30.000 enfants vivent dans une famille homoparentale, d'après l'INED.
Mme Morano a rappelé que lorsqu'elle était députée (jusqu'en mars 2008), elle était favorable à l'adoption simple au sein des couples homoparentaux, pour le "parent social" (qui n'a pas de lien biologique avec l'enfant).

Mme Morano a reconnu que la question fait débat au sein de sa famille politique.
"Dès qu'il y a un enfant, il faut un papa et une maman", a déclaré le député UMP Eric Raoult à l'Assemblée.
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 14:43
Le tribunal administratif de Besançon a donné son feu vert, mardi 10 novembre, à l'adoption d'un enfant par une homosexuelle vivant en couple, annulant totalement les décisions du conseil général du Jura, qui refusait l'agrément.

Depuis dix ans, Emmanuelle B. se bat pour obtenir un agrément pour l'adoption d'un enfant, refusé à deux reprises par le conseil général du Jura. "Je demande au tribunal d'appliquer la loi : on n'a pas le droit de refuser un agrément pour une adoption à une personne à cause de sa sexualité", avait déclaré Me Caroline Mécary, l'avocate d'Emmanuelle B., peu avant l'audience du tribunal administratif de Besançon du 13 octobre.


Le rapporteur public avait demandé au tribunal d'annuler la décision du conseil général du Jura et d'octroyer à cette enseignante un agrément sous quinze jours à compter de la notification du jugement avec une astreinte de 100 euros par jour de retard, et le remboursement de 2 000 euros pour les frais d'avocat.


Dans cette affaire, la Cour européenne des droits de l'homme avait condamné la France le 22 janvier 2008 pour discrimination sexuelle, soulignant que le droit français autorisait bel et bien l'adoption d'un enfant par un célibataire et que la Convention européenne des droits de l'homme interdisait de discriminer des personnes sur la base de leur orientation sexuelle. Forte de cette décision européenne, Emmanuelle B., qui vit en couple depuis vingt ans avec Laurence R., avait déposé une nouvelle demande d'adoption en janvier.


En dépit de rapports de travailleurs sociaux favorables à une adoption d'un enfant de 6 mois à 10 ans par ce couple, le conseil général avait de nouveau refusé de délivrer un agrément aux motifs qu'il existerait "des différences notables [dans le couple] dans le projet d'adoption, notamment au niveau de l'âge de l'enfant" à adopter, et que son amie montrait "peu d'engagement affectif vis-à-vis de cet enfant". "Le président du conseil général du Jura n'a pas refusé l'agrément à Mme B. parce qu'elle vit avec une femme, mais parce qu'il existe un désaccord" entre les membres du couple, avait soutenu MeChristophe Nicoley, avocat de la collectivité jurassienne, lors de l'audience.


La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité a, pour sa part, rendu le 5 octobre un avis jugeant ce refus "discriminatoire". Le conseil général a saisi le Conseil d'Etat d'un recours contre l'avis de la Halde.


Me Mécary, qui dénonce une "décision politique" du président UMP du conseil général du Jura, souligne l'urgence de la situation pour sa cliente, aujourd'hui âgée de 48 ans.

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