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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chili: un recensement raté qui met à mal la réputation de l'administration (Source : RFI)

Blog de l'AFAENAC

Les Chiliens sont dans le flou. Ils ne savent pas combien ils sont, ni à combien s’élève le PIB par habitant. En tout cas pas depuis 2002, car les résultats du dernier recensement ne sont pas valides. L’enquête comporte plusieurs erreurs : 9,3% de la population n’a pas été recensée, soit 1 million 600 000 personnes. La Commission d'experts chargée d'analyser les résultats demande qu'un nouveau recensement soit effectué. En pleine campagne présidentielle, le sujet crée la polémique. Le président Sebastian Piñera a demandé pardon à tous les Chiliens.

Avec notre correspondante à Santiago, Laurie Fachaux

Les 30 millions d’euros investis pour le recensement par l'Institut national de la statistiquene serviront à rien. Aucune politique publique ne pourra se baser sur ces résultats. C’est un journal en ligne qui a révélé, en avril dernier, les méthodes douteuses mises en œuvre pour ce recensement 2012. Le directeur de l'institut, qui a démissionné depuis, voulait devenir l’artisan « du meilleur recensement de l’histoire du Chili », en atteignant le taux de participation le plus élevé possible.

Il a donc omis de préciser que plus d’un million et demi de Chiliens, soit une personne sur dix n’a pas répond au questionnaire : 600 000 personnes car elles n’étaient pas chez elles quand l’enquêteur est passé et un million de Chiliens n’ont eu tout simplement jamais reçu le questionnaire.

Un coût politique aussi pour le centre-droit

Les résultats se basent donc sur une projection de la population estimée en 2012 et non pas sur la population recensée. Un détail oublié dans les conclusions du recensement.
Le Comité d’experts estime donc que le recensement 2012 ne respecte pas les règles de transparence requises par la fonction publique et préconise un nouveau recensement avec un questionnaire abrégé dans deux ans. Habituellement, le Chili réalise ces enquêtes de population tous les dix ans.

L’actuel directeur de l’institut estime qu'une nouvelle enquête remettrait en cause la crédibilité de l’institution. En pleine campagne électorale pour l'élection présidentielle de novembre prochain, cette affaire fait tache dans le bilan du président sortant Sebastian Piñera, élu sur une promesse d'«excellence» dans sa gestion des affaires. L’opposition de centre-gauche elle, accueille favorablement l’idée d’un nouveau recensement pour remettre en selle la crédibilité institutionnelle du Chili. « Le meilleur recensement a fini par être le pire de l’Histoire » a ironisé le porte-parole de Michelle Bachelet, favorite du scrutin.

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