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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Chili. Il y a 40 ans, le pays basculait dans la dictature (letelegramme.fr)

Blog de l'AFAENAC

Le 11 septembre 1973, a marqué, en une poignée d'heures, le basculement du Chili dans la dictature militaire. 40 ans après, cette date reste gravée dans la mémoire collective au Chili , et même au-delà. Ce dimanche, à Santiago, une manifestation commémorative à réuni entre de 30.000 et 60.000 personnes. Dans le cortège, des pancartes proclamaient: "Quarante ans après le coup d'Etat, rien ni personne n'est oublié". Retour en images sur ce coup d'état.

6H20. Le téléphone sonne dans la résidence privée du chef de l'Etat chilien. Le président Salvador Allendeest informé que l'infanterie de marine s'est soulevée dans le port de Valparaiso. Salvador Allende prévient ses gardes du corps et part pour la Moneda, le palais présidentiel dans le centre de Santiago. En chemin vers la Moneda, Allende comprend que le coup de force est en marche malgré sa tentative, vaine, de sauver le gouvernement d'Unité Populaire (UP) au pouvoir depuis 1.000 jours par un référendum.

7H30. Salvador Allende arrive au palais présidentiel de La Moneda armé du fusil AK-47 que lui a offert le leader de la révolution cubaine Fidel Castro et de la conviction qu'il ne s'en sortira pas vivant. En costume-cravate, un casque sur la tête, il organise immédiatement la résistance et distribue des armes à ses collaborateurs, une quarantaine de fidèles qui décident de rester à ses côtés face au soulèvement mené par les commandants des trois armées.

8H30. Première proclamation de la junte militaire qui exige la reddition d'Allende, ordonne à la population de ne pas sortir de chez elle et à la presse "intoxiquée par l'UP" de suspendre ses activités sous peine de "châtiment aérien et terrestre". A l'intérieur de la Moneda, le président reste serein et déterminé. "Il parle à ses conseillers, secrétaires, ministres, assistants, il leur demande d'abandonner le Palais disant qu'il ne veut pas de morts inutiles et qu'il est important de porter témoignage de ce qui est en train de se passer", raconte Isabel Allende, qui était aux côtés de son père ce jour-là.

9H15. Début de l'attaque contre la Moneda où des francs-tireurs sont postés aux fenêtres et dans des immeubles voisins pour freiner l'avancée des soldats mutins. Les attaques s'intensifient et Salvador Allende demande à nouveau à ceux qui sont avec lui de quitter le Palais. Le junte demande au président de se rendre et d'abandonner le pays, lui offrant un avion pour partir.
"Reddition inconditionnelle, pas de discussions, reddition inconditionnelle", scande Pinochet par radio. "Le Président ne se rend pas !", rétorque Allende aux putschistes qui lui donnent un ultimatum: ou bien il se rend, ou bien ils bombardent la Moneda à 11H00 du matin. Sur fond de tirs de tanks et du vrombissement du vol rasant de deux appareils Hawker Hunter, Allende décide d'adresser un dernier message au pays: "Je ne démissionnerai pas et paierai de ma vie la loyauté du peuple", affirme Allende, d'une voix ferme. "Il nous disait adieu, remerciant les jeunes, les femmes et tous ceux qui l'avaient soutenu, mais lorsqu'il nous parlait, en même temps il nous envoyait un message d'espoir", se souvient sa fille Isabel.

11H50. Début du bombardement aérien et terrestre contre la Moneda. Les deux Hawker Hunter se lancent contre le Palais. Plusieurs explosions de produisent à l'intérieur du palais présidentiel où débute un incendie et des colonnes de fumée commencent à s'élever du bâtiment. Un peloton de soldats entre dans la cour centrale. Encerclés, les derniers combattants descendent par le grand escalier de la Moneda pour se livrer à la junte. A cet instant, un coup de feu retentit. Le président, âgé de 65 ans, s'est suicidé d'une balle sous le menton avec le fusil offert par Fidel Castro.

14H00. Assaut final des putschistes, qui font irruption dans le palais présidentiel. Dans le Salon de l'Indépendance, ils trouvent le corps sans vie de Salvador Allende gisant sur un canapé. "Mission accomplie. La Moneda prise. Président mort", annonce un commandement putschiste, près de trois ans après l'arrivée au pouvoir du dirigeant de la gauche chilienne, élu le 3 novembre 1970.

La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait plus de 3.200 morts, et plus de 38.000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels. Le général Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir été condamné par la justice.

  • K.F. avec AFP

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