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AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

“Couleur de peau : miel” ou l’adoption et l’acculturation?

Blog de l'AFAENAC

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“Couleur de peau : miel” est une bande dessinée en trois tomes écrite par Jung Sik-Jun, dont le premier ouvrage fut édité en 2007.

 

Cette auto-bio-graphie nous permet de découvrir le parcours de l’auteur et son voyage vers ses origines. Une question survole les deux premiers tomes (le troisième n’est pas encore paru) : Qui est Sik-Jun Jung ?

Pour répondre à cette question, il évoque tout d’abord ses premiers souvenirs, mais également un document sur lequel il est décrit. Il est notamment noté : “couleur de peau = miel”.

Jung est un enfant de cinq ans qui est trouvé dans la rue, faisant les poubelles pour se nourrir. Un policier l’emmène vers l’orphelinat de Séoul où il ne restera que deux mois. Alors où va-t-il aller? L’auteur se demande s’il deviendra américain, français, anglais, danois… Comme si des multitudes de lui-même pouvait exister. Il est finalement adopté par une famille belge.

Il commence à faire des rapprochements : la Belgique c’est un peu comme la Corée, elle est séparée au Nord et au Sud. L’auteur ne sait pas s’il doit remercier ou détester l’orphelinat encore aujourd’hui : des sentiments ambivalents l’envahissent : autour de sa famille d’accueil, de ses parents biologiques…

Il est adopté par un couple wallon parents de trois enfants biologiques (ils adopteront une fille coréenne plus tard). Jung ne parlait bien sûr que le coréen en arrivant en Belgique, langue qu’il perdra rapidement pour faire place au français.

Pour lui, c’était le prix à payer pour s’intégrer. Il ne se souvient plus comment il a appris, et suppose qu’au fond, une parcelle de lui-même garde le souvenir du coréen.

Jung est un jeune garçon, il parle français, il est belge cependant ce qu’il perçoit et l’image que les autres lui renvoient ne colle pas avec l’image du belge.

D’autres coréens sont présents dans son école, cependant il les évite. Être confronté de nouveau à un enfant adopté, cela le renvoyait à sa propre adoption et surtout à son propre abandon. Une certaine culpabilité ressortait : Jung pensant que s’il avait été abandonné, c’était parce qu’il avait été mauvais.

Jung explique qu’un nombre important des coréens adoptés qu’il connaissait à l’école, se sont suicidés, ou ont tenté. Il met ça en lien avec le sentiment d’être malheureux lors de son adolescence.

La culture asiatique avait un effet “attractif” : une culture à laquelle les autres le renvoyaient, mais également une culture qui se rapprochait de l’image qu’il pouvait voir dans le miroir. Cette identification était le fantasme qu’il avait de la culture asiatique : il s’intéressait au Japon, à son fonctionnement féodal, au Kung-fu, aux samouraïs…

Au fur et à mesure il dessine et partage ses esquisses, jusqu’au jour où, jeune adulte, il rencontre un couple de coréens associant ses personnages à des costumes typiques coréens. Il comprend qu’il ne peut plus éviter les liens qu’il a avec la Corée.

Par un concours de circonstance, Jung va au Japon, et lors de son voyage, à quelques kilomètres de la Corée, prêt pour revenir à Séoul, il décide de ne pas y aller.  Le fantasme qu’il se fait de son pays de naissance, de sa mère biologique peut être plus plaisant que la réalité. Il explique qu’il sait ce qu’il est, sans pour autant savoir ce qu’il a été.

Les mots que retient l’auteur sont “abandon, déracinement, identité”, thèmes qui sont présents dans les bandes dessinés qu’il écrit.

 

Source : http://heroscontemporainsetpsychanalyse.wordpress.com

Commentaires

Nicolas Gaillard 03/05/2011 21:31



Excellent ouvrage dont je vous conseille vraiment la lecture! Sachez qu'un film d'animation est pour le moment en préparation.


C'est la première fois sur mon blog que je traite le sujet de l'adoption mais également le sujet de l'acculturation qui sont deux thèmes pourtant bien différents et qui peuvent se regrouper dans
certaines situations.


Bonne continuation et à bientôt!