Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
AFAENAC Association des Familles Adoptives d'Enfants Nés Au Chili

Le street art chilien, du muralisme mexicain aux graffitis new-yorkais

Blog de l'AFAENAC

05/10/2013
Cécile VIGNAU
Santiago du Chili nouvelle capitale du graffiti ? Entre les influences du muralisme des années 1960 et les graffitis new-yorkais, la tendance est indéniable. Un simple clic sur “Google images” permet de se rendre compte du foisonnement artistique qui jalonne les rues de Santiago.
Le festival Biarritz Amérique latine, qui baisse le rideau dimanche, choisit pour cette édition de faire un focus sur le Chili. Et au-delà de la production cinématographique, il nous emmène à travers les disciplines artistiques du pays. L’occasion donc de se pencher sur ce street art à la signature bien singulière. Au village du festival, les artistes Inti Castro et Cekis exposent ; ce dernier réalise même une fresque en direct et à découvrir au fil des jours.
Aux racines du street art
Nick Torgoff, artiste engagé dans la reconnaissance et la diffusion du graffiti chilien dans l’Hexagone, revenait lors d’une conférence aux côtés d’Inti Castro et Cekis sur cet art urbain dont la culture chilienne est imprégnée. Un art qui découle du muralisme mexicain, né dans les années 1920, après la révolution, afin de diffuser un message politique et social à un plus grand nombre. Des fresques qui représentent souvent l’histoire mexicaine et dont Siquieiros se fait l’un des porte-parole. Son passage de quelques années au Chili laisse une empreinte forte, de nombreuses vocations vont suivre, à l’instar de Mono González, considéré comme le père du muralisme au Chili. À la différence de l’esthétique mexicaine, celle-ci répond à une urgence, dans une simplicité extrême. Les œuvres sont réalisées entre une et trois heures, “avec ce mérite d’être comprises par tous”. À une période où la coalition nationaliste permet d’élire Allende démocratiquement, les fresques restent un moyen de médiatisation fort.
Cekis, la première génération
L’artiste Cekis apparaît pendant cette transition politique, à la fin des années 1980, alors que les muralistes se remettent à envahir l’espace public et que le graffiti éclate aux États-Unis. Les bombes aérosols viennent concurrencer le traditionnel acrylique. Cekis appartient de cette première génération de “street-artistes”, répondant moins à une urgence politique qu’à la recherche de son propre langage. “L’info ne circulait pas comme aujourd’hui. Les enfants d’exilés qui revenaient au pays après la dictature nous apportaient de nombreux éléments, des fanzines, mais aussi différentes techniques et styles”, se souvient Cekis. “Il y a aussi les artistes du Brésil qui ont commencé à arriver, cela ne s’arrête pas aux États-Unis et au Mexique, c’est un tout”, précise l’artiste, qui évolue à New York depuis maintenant huit ans.
Le chef de file du mouvement graffiti en Amérique du Sud propose à Biarritz un échantillon de son art, à travers une exposition autour du symbole de la barrière, des grilles. Une métaphore “qui essaie de représenter la voix des gens, tout en dénonçant la superficialité de notre époque”.
Inti Castro, la peinture sociale
Aux côtés de Cekis : Inti Castro, de la seconde génération, avec sa propre iconographie, davantage populaire. Un imaginaire andin auquel se couple un “reflet de la vie de l’artiste” : “Le message change à chaque mur, le langage évolue, toujours avec un bout de moi-même”, développe l’artiste. Inti l’itinérant, que l’on peut croiser aux quatre coins du monde, à Oslo, Cologne, Istanbul… Et qui développe à travers ses œuvres monumentales une véritable politique citoyenne, travaille sur les répercussions d’une œuvre dans le quotidien des gens : “Cela crée du lien social, une communication. Au-delà de trouver l’œuvre belle ou pas, les gens se rencontrent, en parlent sur la place, quelque chose se passe.”
Une urgence politique qui n’est certes plus celle des débuts, mais toujours un art engagé, militant et nourri de culture populaire sud-américaine.

http://www.lejpb.com/

Le street art chilien, du muralisme mexicain aux graffitis new-yorkais

Commentaires