Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 06:20

Trois semaines sa victoire, l’entrepreneur Sebastián Piñera, qui a permis le retour de la droite au pouvoir pour la première fois depuis la fin de la dictature de Pinochet (1973-1990), devrait annoncer aujourd’hui son gouvernement, à dominante conservatrice. La déroute électorale ne semble toutefois pas avoir été suffisante pour inciter la Concertation, la coalition de centre-gauche qui a dirigé le Chili depuis 1990, à une autocritique. C’est ce que souligne dans un entretien l’économiste Roberto Pizarro, ministre de la planification durant le gouvernement d’Eduardo Frei (1994-2000) et directeur à l’époque du gouvernement d’Unité Populaire de Salvador Allende (1970-1973)  du Centre d’Etudes Socioéconomiques (CESO), qui abritait une majorité d’économistes, sociologues et politologues latino-américains (entre autres les brésiliens Emir Sader et Marco Aurelio Garcia). Il a par la suite été emprisonné à Buenos Aires, dans le cadre de l’Opération Condor – un réseau des services de répression du cône sud – avant de s’exiler en Angleterre et au Nicaragua. L’économiste vient de quitter le ministère des affaires étrangères où il travaillait, pour ne pas collaborer avec le nouveau président. Il a été nommé recteur de l’Université Académie d’Humanisme Chrétien, à l’époque, grand centre de résistante au régime de Pinochet.

 

L’entretien est long, je l’ai divisé en deux parties.

Lire, en cliquant ici, la totalité de l'article

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 16:28

Si les principaux think tanks chiliens consacrent une grande partie de leurs travaux au traitement de la question Mapuche, ce sont plus largement les think tanks de toute l’Amérique latine qui s’emparent des thématiques majeures de politique publique : désertification des zones rurales, accès à l’éducation et à la santé, transports, droits des populations indigènes. Tous ces points qui font l’actualité politique du continent sud-américain sont au centre de tous les débats pour le développement global de la zone.


La communauté Mapuche, littéralement « peuple de la Terre », est constituée principalement de huit groupes aborigènes situés en Araucanie et Patagonie, c’est-à-dire au centre-sud du Chili et au sud de l’Argentine. La large majorité des Mapuche se trouve au Chili, divisée entre ruraux et citadins (Santiago) qui forment l’ethnie autochtone indigène la plus importante du pays (près de 5% de la population lors du dernier recensement en 2002). Après avoir résisté durant des siècles aux diverses tentatives d’invasion (Incas, Conquistadors), les Mapuche luttent depuis des décennies contre le gouvernement chilien afin de faire prévaloir leurs spécificités culturelles, préservant ainsi leur existence dans le cadre de la Nation chilienne. Depuis la création d’un Etat chilien indépendant, tous les gouvernements au pouvoir se sont vus confrontés à cette problématique : comment intégrer des populations autochtones à la Nation tout en respectant leurs besoins et droits spécifiques ? Comment concilier dans une économie de marché moderne le droit à la propriété privée et le devoir de redistribution des terres indigènes anciennement « confisquées » et vendues ?


Si les principes identitaires Mapuche reposent sur les critères de la langue, du sang, d’un passé historique commun et de la pratique de certains rites, celui de la Terre comme élément d’identification à l’ethnie et de préservation de la culture d’origine, reste prépondérant.


Problématique Mapuche : pour une approche systémique

Comme l’explique très clairement une enquête-dossier¹ « clinique » du Centro de Estudios Publicos de Chile, les Mapuche (urbains et ruraux) considèrent majoritairement que la récupération des terres indigènes originelles devrait être la priorité de la politique publique du gouvernement. Deux principes se dégagent dans la démarche MapucheMapuche. Le CEP rappelle que l’approche économique qui traduit terre par « propriété » et celle, politique, qui confond terre avec « territoire » ne peuvent appréhender pleinement la signification de la terre pour les Mapuche. A ce sujet épineux, l’étude du think tank montre que l’affirmation identitaire de l’appartenance à une ethnie n’est pas en contradiction avec un sentiment d’appartenance nationale pour les Mapuche.


En réalité, une ample majorité souhaiterait même une meilleure et plus grande intégration des Mapuche à la nation chilienne tout en réclamant leur droit à la différence. Pour eux, la terre est envisagée comme patrimoine, non pas comme territoire. C’est sur ce principe d’analyse méthodique et approfondie de la question indigène, que le CEP, loin de condamner le recours à la violence de groupes Mapuche qui brûlent et réquisitionnent des terres occupées par des populations allogènes, tente d’en comprendre la signification. A un problème national trop souvent réduit à un groupe ou à une zone en particuliers, le CEP oppose une approche systémique qui précise les responsabilités de chacun dans la résolution du problème. Le think tank fait trois propositions générales de convergence d’intérêts en incluant toutes les parties prenantes (Mapuche, gouvernement et société chilienne) :


• L’importance de trouver un programme de préservation et de pérennisation de la culture Mapuche dans le cadre national chilien.


• La nécessité de renforcer l’intégration des indigènes à la société notamment par l’éducation (bilinguisme), l’accès à la santé et les échanges inter-culturels..


•   La nécessité que les politiques publiques évitent les plans monolithiques sur la question indigène sans tenir compte de la complexité du monde Mapuche : des groupes divisés entre très communautaires et plus intégrés à la société chilienne. Les politiques publiques, selon le CEP, devraient d’abord comprendre les besoins et expectatives des Mapuche finalement proches de ceux d’autres groupes indigènes urbains et de groupes dont le niveau socio-économique est similaire (ouvriers, paysans etc…). Toutefois, ces propositions positives et volontaires restent vagues dans leur modalité d’application. visant à la redistribution des terres indigènes : le principe compensatoire lié à la saisie arbitraire de ces terres par l’Etat chilien, en dépit de multiples traités l’interdisant, et le principe d’identification ethnique et de sauvegarde de la culture liées au symbolisme que recouvrent ces terres pour les


Des droits indigènes à l’Etat de droit

Si de son côté Libertad y Desarrollo admet la légitimité de certaines revendications Mapuche (spécificités culturelles, importance de la terre comme facteur d’identification ethnique, extrême pauvreté pour une large majorité d’indigènes, politiques publiques non adaptées, promesses non tenues), le think tank dénonce l’usage de la violence fait par certains groupes Mapuche comme mode de chantage économique et politique : incendies, occupations de terres, interruption de trafic, manifestations urbaines, vols, actes de violence et de vandalisme sur des biens publics ou des personnes. La conséquence directe serait une économie précaire due au déficit d’investissements de capitaux extérieurs dans les régions d’Araucanie et de Patagonie, ce qui entraînerait, entre autres, l’accroissement du chômage et des systèmes de santé et d’éducation inadaptés. L’insécurité et l’instabilité dans la région ainsi que la contestation du droit à la propriété privée sembleraient effrayer les éventuels investisseurs. Céder à ce chantage en rachetant et en redistribuant les terres qui font l’objet de violences serait un signe de légitimation du recours à la violence et un désaveu pour l’Etat de droit. En ce sens, le think tank défend le droit à la propriété privée comme facteur principal de développement économique et social pour un Etat. Sont désignés les principaux responsables : les extrémistes Mapuche de la Coordinadora Auraco Malleco² et les gouvernements d’Eduardo Frei, de Ricardo Lagos et de Michelle Bachelet qui ont appliqué la politique de « la paix sociale en échange du rachat direct et de la redistribution de terres », provoquant la recrudescence d’actes de violence et la flambée des prix pour la vente de terres. L’effet d’annonce du rachat direct (discrétionnaire entre gouvernement et vendeur) de terres stigmatisées par des actes violents encouragerait certains groupes dans leurs pratiques radicales. Le vendeur, de son côté, pratiquerait la politique de l’offre et de la demande : le gouvernement engagé étant obligé de racheter ces terres, le prix de vente est multiplié.


Droits des minorités et intérêt national

Par ailleurs, Libertad y Desarrollo dénonce des liens supposés entre le CAM et les groupes terroristes ETA et FARC, cautionnant ainsi le fait que certains des prisonniers Mapuche soient encore aujourd’hui poursuivis en justice sous le faisceau de la loi anti-terroriste mise en place sous la dictature de Pinochet. Toutefois, les associations militantes Mapuche dénoncent une répression policière violente et l’existence de milices servant des intérêts économiques privés tels que les grandes sociétés forestières, céréalières, hydroélectriques et touristiques. Il est à noter que la loi indigène chilienne de 1993, a une portée réduite dans la mesure où les lois sur la pêche, la mine, le bois et l’électricité prévalent. Les deux think tanks divergent sur la question du supposé nationalisme exacerbé des communautés Mapuche. Tandis que Libertad y Desarrollo souligne que le CAM utilise le prétendu symbolisme de la terre pour en fait créer la « Nation du Peuple Mapuche » s’inscrivant dans une démarche indépendantiste radicale, le CEP met en avant la très majoritaire identification Mapuche à la Nation chilienne et son envie d’une plus grande intégration à la société civile. Il convient de s’interroger sur un dernier point mis en exergue par Libertad y Desarrollo : l’Etat a-t-il réellement les moyens financiers et politiques de racheter et redistribuer des terres jamais délimitées officiellement et occupées, parfois depuis des décennies, par des agriculteurs, propriétaires terriens et grands groupes industriels ? Et, surtout, en a-t-il la volonté ?


¹ Estudios Publicos, 105, verano 2007, « Tierra, comunidad e identidad Mapuche » por Eduardo Valenzuela

² Coordinadora Auraco Malleco, organisation fondée en 1998 par diverses communautés Mapuche issues des provinces de Auraco et de Lumako dans le but de revendiquer l’ethnie Mapuche et la récupération des terres ancestrales notamment par la lutte politique locale. Quant à la lutte armée, l’organisation l’assume comme moyen de défense contre les attaques de milices et les pouvoirs publics comme actes de terrorisme. Sources : Centro de Estudios Publicos de Chile (www.cepchile.cl) et Libertad y Desarrollo (www.lyd.com)

Source : http://www.oftt.eu

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 16:15
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 05:59
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 16:54

"LEE KYUNG HAE" de Daniel Tromben Rojas
Production: Chapacan Production/ Studio Iscream, 2008, 55 mn
_____________________
Lieu de la projection :
Cinéma Le Nouveau Latina
20, rue du Temple,
75004 Paris
M Hôtel de Ville ou Rambuteau
Tarif plein: 6€
Tarif réduit: 5€
Le film commence à 20h et sera suivi d'un débat avec la salle.

Synopsis :

Par amour de la terre et du métier de paysan, Lee Kyung Hae est devenu agriculteur.
Au prix de nombreux sacrifices, il a développé son activité mais bientôt poussé au désespoir par les politiques agricoles menées au niveau international et dont il subit en premier chef les conséquences, il s’est finalement donné la mort le 10/09/2003 à Cancun lors de la réunion du G20, aux pieds des barricades protégeant les grands de ce monde.

Qu’est-ce qui a poussé ce paysan pacifique à commettre un acte aussi radical et violent ?

Prenant appui sur ce geste d’ultime désespoir, Daniel Tromben Rojas décrypte avec force clarté les rouages d’un système qui, en dépit du bon sens, repousse aux confins de la détresse des milliers de paysans de toute nation.

Hommage ultime, docu-testament, LEE KYUNG HAE porte enfin à l’attention du monde tout ce que Lee n’as pas su nous dire avec des mots. Ou que nous n’avons pas su entendre.
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 19:13

La Jeanne d'Arc effectue son dernier voyage dans le sillage des grands explorateurs partis ou revenus à Brest, redécouvrant ainsi le Nouveau monde et sa biodiversité. Quatrième étape de notre série : Valparaiso.



«Nous irons à Valparaiso, good-bye, farewell... », la chanson à virer connue de tous les amoureux de la mer, «Nous irons à Valparaiso» date de 1811. Selon Hyacinthe de Bougainville, aux pas duquel nous nous attacherons plus particulièrement ici, «La baie de Valparaiso est le point le plus commerçant de la côte occidentale d'Amérique et le plus fréquenté des navires, surtout dans la saison où ils n'ont rien à craindre des vents.» Si Louis-Antoine de Bougainville avait directement mis le cap à l'ouest après le franchissement du détroit de Magellan, Lapérouse mouille, quant à lui, dans la baie de la Concepcion, à Talcahuano, avant de gagner l'archipel Juan Fernandez et l'île de Pâques qui, aujourd'hui, dépendent tous deux de la région administrative de Valparaiso tandis que la Concepcion est devenue la deuxième ville du Chili. Lorsque Hyacinthe de Bougainville arrive à Valparaiso en novembre1825, les circonstances sont très particulières: la ville a été frappée par un séisme en 1822 qui a, en particulier, détruit la forteresse del Rosario. Quant à la politique, le Chili, devenu indépendant en 1818, a vu la fin de l'autocratie de son premier président Bernardo O'Higgins en 1823 et le pays traverse une période d'incertitude et de tension militaire puisque se prépare une expédition pour reconquérir sur l'Espagne l'île de Chiloé.

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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 16:05
"Nous dénonçons le fait que notre arrestation et notre emprisonnement ne soit qu’une persécution politique, judiciaire et répressive de la part de l’état terroriste et raciste chilien, qui cherche à arrêter le processus de lutte pour la terre et l’indépendance mapuche. Au cours de ces deux dernières années nous avons été objet d’un harcèlement répressif croissant, envers notre communauté, ainsi qu’envers notre famille cela est même arrivé jusqu’au territoire chihuague légitimement récupéré puis occupé par les forces répressives comme la police et utilisée comme camp d’entraînement militaire à l’intérieur, à la police en hélicoptère jusqu’à la prise de photos de nos enfants, par des policiers en civil et même des paramilitaires qui harcèlent et même menacent avec leurs armes notre peuple au sein de la communauté tout cela pour créer la peur dans notre communauté.

La justice huinca à travers son ministère public et ses procureurs a soutenu et participé à ce véritable état de siège que nous vivons et pas seulement nous mais également les communautés qui se trouvent dans un processus de lutte territoriale dans les environs, la corruption, les menaces et même de torture ont été les instruments pour pouvoir créer les soi-disant témoins sans visage dans la zone et ainsi d’avoir des preuves absurde pour nous emprisonner tel est le cas de Valenzuela y Luis Tori qui ont été et sont les témoins sans visage contre nous des témoins qui parlent ou qui signent tout document en échange d’argent ou parce que menacés sans même avoir été témoins des faits qui nous son reprochés, ce sont ces mêmes personnes qui ont permis ministère public emprisonne pendant 5 ans Luis Millacheo.

 

La répression a augmenté et augmentera encore plus sur notre territoire il ne manquait plus que le triomphe de ce chef de territoire appelé le Chili pour que la justice Huinca pour que les forces répressives (police, et les paramilitaires) aient le pouvoir absolu de faire et défaire dans nos communautés, nous savons qu’en mars désormais notre peuple arrivera à une période très sinistre en ce qui concerne ses droits si on se réfère à la politique de la carotte et du bâton comme moyen de contenir notre lutte avec la droite ça ne sera que le bâton.

 

Notre procès entaché d’irrégularités débutera le 22 février à Collipulli pour mon incarcération comme terroriste et un jugement aura lieu le 8 Mars pour vol de bois nous appelons notre peuple Mapuche à la solidarité à ces dates qui nous confirmerons.

 

Enfin, nous lançon un appel aux communautés, et à notre peuple nation Mapuche pour avancer, pour continuer le combat pour la récupération des terres et pour bâtir les fondations d’un peuple Mapuche libre ne soyez pas effrayés à faire, entre les communautés de réels efforts pour affronter cette nouvelle étape dans lequel nous vivons, pour continuer à mobiliser et à parvenir à un accord mapuche dans les différents territoires, pour rechercher l’unification dans tout notre wallmapu, ne craignez pas la torture, la répression, l’emprisonnement et la mort, parce que c’est quelque chose que nous savions que cet état terroriste chilien aller nous infliger en réponse à notre lutte et nous en assumons le prix avec la dignité mapuche parce que nous savons très clairement que notre lutte ne s’arrêtera pas, même avec leur argent sale et encore moins avec leur répression.

 

MARICHIWEW COM PUCHE

POUR LA LIBERTE DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE

POUR LA DEMILITARISATION DE NOS COMMUNAUTES

POUR LA LIBERTE DE LA NATION MAPUCHE

 

 

JOSE MILLACHEO ÑANCO

LUIS MILLACHEO ÑANCO

 

Prisonniers politiques Mapuche de la communauté Mapuche Newen Mapu José Millacheo Levio détenus à la prison d’Angol "

 

(source : http://amnistiapresos.blogspot.com/ 01/02/2010, traduction Futur Rouge)

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 14:42

Alain Rouquié, ancien ambassadeur de France, notamment au Mexique et au Brésil, est désormais président de la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Il est l'auteur de nombreux essais, dont Amérique latine, introduction à l'Extrême-Occident (Points), et A l'ombre des dictatures. La démocratie en Amérique latine (Albin Michel, 380 p., 23 euros)


Quelle est votre analyse de la récente élection présidentielle au Chili, qui a ramené la droite au pouvoir ?


Michelle Bachelet, qui part avec 80 % d'opinions favorables, n'étant pas rééligible, la droite a trouvé un excellent champion en la personne de Sebastian Piñera, qui avait voté pour le non au général Pinochet lors du référendum de 1988. Cette alternance n'a rien d'inquiétant.


Vous estimez qu'au Chili "la consolidation antilibérale de la société est à l'origine de la stabilité institutionnelle". Or un libéral arrive au pouvoir...


Sebastian Piñera est un libéral en matière économique, mais la Concertation - la coalition entre le Parti socialiste et le Parti démocrate-chrétien - a poursuivi, depuis 1990, la politique économique du régime militaire. Car l'important était alors de pouvoir gouverner, et pour cela, il fallait neutraliser les milieux d'affaires qui étaient majoritairement pinochetistes.


Pinochet, au référendum, avait tout de même obtenu 44 % de oui, et le rappelait. Il avait imposé une Constitution faite sur mesure par lui et pour lui, avec une limitation des pouvoirs du président de la République, qui ne pouvait pas nommer librement les chefs de l'armée, par exemple, et avec un système électoral qui favorisait la droite. Toute une série d'"enclaves autoritaires" prolongeaient la dictature sous la démocratie. Tout cela, il a fallu le démonter. On a mis vingt ans. Maintenant, c'est à peu près fait. Alors la droite peut revenir au pouvoir sans mettre en danger la démocratie. On le voit bien à la manière dont le candidat de centre-gauche a accepté sa défaite. C'est une victoire de la Concertation que d'avoir établi une démocratie détendue, dépolarisée, consensuelle.


Que vous inspire le propos "le Chili a élu son Berlusconi" ?

Ce qui rapproche Piñera de Berlusconi, outre le fait qu'il soit multimillionnaire, c'est qu'il possède la plus grosse chaîne de télévision du pays. C'est un nouveau riche. Or, le Chili est un pays de "vieux riches", où la concentration de la richesse est très ancienne. Il a la chance de ne pas avoir d'antécédents pinochetistes, même si son frère a été ministre et s'il a beaucoup d'amis dans ce camp-là.


D'une manière plus générale, ce concept d'Amérique latine, que vous utilisez, est considéré par certains comme inopérant, liant un pays d'Amérique du Nord, le Mexique, une Amérique centrale et une Amérique du Sud...

Ce concept a des racines culturelles, linguistiques, religieuses, historiques. Mais il est vrai qu'il y a aujourd'hui deux Amériques latines. Au nord, le Mexique, l'Amérique centrale, les Caraïbes, font partie de la mouvance des Etats-Unis. L'Amérique du Sud s'éloigne de plus en plus de cet ensemble. Dans A l'ombre des dictatures, j'ai pris l'Amérique latine comme un tout pour me permettre des comparaisons.


Cela ne signifie pas que je me rallie à ce concept global. Lucien Febvre disait "L'Amérique latine est un laboratoire." L'approche régionale offre la possibilité d'analyser dans leur diversité des pays qui ont, sous certains aspects, beaucoup de points communs.


Pouvez-vous préciser ce que vous mettez dans votre terme d'"Extrême- Occident" ?


Dans le cadre de ce qu'on a appelé autrefois le tiers-monde, il y a un continent qui a été en contact, pénétré, dominé, transculturé par l'Occident, pendant plus de cinq siècles. Quand vous plantez une plante dans un terreau différent, elle peut produire des fruits différents, mais c'est toujours la même plante. C'est cela mon idée d'Extrême-Occident.

Les pays d'Amérique latine ont deux cents ans d'institutions et de normes démocratiques derrière eux. Ce n'est pas le cas de la Chine, de la plupart des pays asiatiques, des pays africains. Lorsqu'ils sont devenus indépendants, les pays d'Amérique ont adopté ce qui était la modernité occidentale, c'est-à-dire des constitutions représentatives. Certes, ils ne pouvaient pas les appliquer, mais c'était un objectif lointain et ils n'avaient pas d'autre source de légitimité.

En parlant du Venezuela et d'Hugo Chavez, vous récusez le terme de populisme...

Raymond Aron disait : "Vous, vous avez une idéologie, moi j'ai des idées." C'est un peu ce qu'on fait avec ce mot de populisme. Etre populaire, c'est bien, être populiste, c'est mal. Utiliser le mot populiste, sauf si cela correspond à une époque, à un moment codifié par l'histoire, équivaut seulement à dire "je n'aime pas ce régime". J'essaie plutôt de comprendre la situation à partir de sa genèse.

Dans l'apparition de Chavez, par exemple, il y a une histoire et une logique. Parce qu'il est militaire, parce que le système des partis, né en 1958, s'est effondré et parce que le Venezuela est un pays de rente pétrolière. Ces variables-là ont donné un type de régime. Et si on le compare aux gouvernements vénézuéliens antérieurs, dans les périodes de prospérité pétrolière, on s'aperçoit qu'ils étaient peut-être un peu plus tolérants et respectueux des institutions. Mais, dans leur rhétorique et leurs politiques sociales, le pays ressemblait beaucoup au Venezuela bolivarien.

L'Amérique latine suscite des clichés et l'exotisme politique est toujours attractif. Mais je préfère, dans un premier temps, essayer d'expliquer plutôt que de juger.


Vous citez Tocqueville : "L'Amérique du Sud ne peut supporter la démocratie"...


Les pays situés au sud du Rio Bravo, dont il parle, ont embrassé la démocratie et ne peuvent pas la faire fonctionner. C'est ce que j'ai tenté de montrer. Il y a deux grandes références dans mon livre, Tocqueville et Bolivar. Bolivar, qui est non seulement un héros mythique, mais un considérable constitutionnaliste, se demandait comment on pouvait avoir la démocratie, la stabilité politique et sociale, et un minimum de justice. Le paradoxe fondamental des débuts des Amériques indépendantes est là : il n'y a pas de citoyens, alors que le pouvoir procède de la seule souveraineté du peuple.


Selon vous, les démocraties actuelles sont "prisonnières de la dictature"...


On a beaucoup écrit sur le passage des dictatures aux démocraties dans les années 1980. Or le plus souvent, même si on se débarrasse du dictateur, on ne peut se débarrasser ni de l'armée, ni de la Constitution héritée, ni parfois du traumatisme qu'a créé la dictature, avec ses morts, ses disparus... La transition n'est pas simplement le moment où la dictature laisse la place à un régime démocratique, c'est un processus long et complexe.

Au Chili, par exemple, l'histoire officielle de l'Unité populaire et de Salvador Allende est restée pendant longtemps, sous la démocratie, celle que la dictature en avait donnée.


Dans le cas du Brésil, que vous examinez, vous dites que la Constitution de 1988, toujours en vigueur, est tournée vers le passé pour le conjurer...


Elle est inspirée par le passé parce qu'elle prend le contre-pied de ce qu'avaient fait les militaires. Elle décentralise, elle transfère des compétences aux instances fédérées, elle instaure un pouvoir judiciaire sans contrôle externe. Certains excès ont été peu à peu corrigés à partir de 1995.

Aujourd'hui le Brésil s'est inscrit dans la carte des grands pays du monde, et il est plus que jamais tourné vers l'avenir. Sa Constitution est respectée. Ainsi le président Lula, au sommet de sa popularité, s'est refusé à la modifier pour être éligible une troisième fois consécutive.

Propos recueillis par Josyane Savigneau

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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 10:28
C'est confirmé : les exportations de vin du Chili progressent en volume sur l'année 2009 (+ 17,8%) mais stagnent en valeur (+0,4 %) : la crise économique et la baisse du dollar affectent le prix moyen des produits : le prix moyen à l'export perd 15 % en 2009 (1, 99 $ le litre) contre 2,34 $/litre en 2008.

2009 marque ainsi un coup d'arrêt brutal à la montée du prix moyen et un retour au cours d'il y a cinq ans : en 2004, le prix moyen se situait à 1,79 $ le litre, avant d'entamer une progression qui a marqué son apogée en 2008.

Source :
http://www.vitisphere.com
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 16:24

Les Heures espagnoles en Fumélois se termineront demain, à 20 h 30, en la salle du Vieux Chêne de Condezaygues. L'association Fumel-Vega Baja y a invité la chanteuse chilienne Gabriela Barrenechea à y interpréter son spectacle « Chili mon amour », un tour de chant dans lequel elle rend hommage à Salvador Allende, président du Chili qui, le 11 septembre 1973, a choisi le suicide plutôt que de tomber sous les balles des hommes de main du dictateur Augusto Pinochet qui allait mettre le Chili sous sa botte. Gabriela Barrenechea retrace ainsi le parcours de sa vie : son enfance au Chili, le coup d'État et sa vie d'exilée en France, sa vie de femme tout court.

 

Entre les chants, qu'elle interprète d'une voix superbe, intense, qui séduit et émeut, elle raconte tout cela, comme un long témoignage ou un chemin, le sien, mais aussi celui des autres. Elle met en musique les poèmes de Gabriela Mistral et Pablo Neruda, interprète aussi les chansons des auteurs latino-américains et français tels que Atahualpa Yupanqui, Violeta Parra, Victor Jara, Pierre Perret ou Carlos Gardel, ainsi que des chants écrits par elle-même qui ponctuent des événements de la vie.

 

« Poésie et chanson, rêve et réalité se mêlent dans ce spectacle, pour faire voyager notre âme, divaguer avec elle et nous entraîner sur des chemins lointains et inconnus », promet le texte de présentation de la soirée.

 

Dans la salle, on pourra découvrir une exposition de photos du Chili.

Entrée, 10 euros ; réservations au 05 53 40 85 94.

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