Chili: les étudiants occupent le siège du Sénat (EVA VERGARA, THE ASSOCIATED PRESS)
SANTIAGO, Chili - Des dizaines d'étudiants ont interrompu une réunion d'un comité du Sénat chilien, jeudi, pour demander la
tenue d'un référendum sur la façon de résoudre les problèmes sociaux du Chili, en particulier dans le domaine de l'éducation.
Certains manifestants sont montés sur la table de la salle du comité et ont déroulé une bannière qui disait «Plébiscite
maintenant», provoquant le départ précipité du ministre de l'Éducation, Felipe Bulnes, et d'autres responsables qui participaient à la réunion. Un jeune militant a fracassé une fenêtre, tandis
que d'autres ont crié et lancé des pièces de monnaie contre M. Bulnes, qui a trébuché en tentant de quitter la salle.
Les manifestants ont ensuite occupé le siège du Sénat à Santiago et ont diffusé des images de leur manifestation en direct
sur Internet. Ils ont appelé les étudiants à se rassembler devant l'édifice, qui était le siège du Congrès chilien avant l'époque de la dictature militaire, puis ont entamé une marche vers le
palais présidentiel.
L'occupation du Sénat est survenue quelques heures après que la police antiémeute eut violemment évincé des manifestants des
tribunes du siège actuel du Congrès, dans la ville de Valparaiso.
Le président du Sénat, Guido Girardi, membre de l'opposition, a promis que les manifestants dans l'édifice du Sénat ne
seraient pas délogés par la force, une promesse qui a suscité les critiques des parlementaires alliés au gouvernement.
Les étudiants universitaires et les élèves du secondaire boycottent leurs cours et organisent des manifestations depuis près
de six mois pour demander que le gouvernement procède à des réformes majeures dans le système d'éducation. Les manifestations ont été largement pacifiques, mais de petits groupes d'émeutiers ont
fréquemment affronté la police à la fin des rassemblements.
Les étudiants demandent que le gouvernement fournisse une scolarité gratuite à tous les Chiliens, pas seulement les pauvres,
et qu'il améliore la qualité de l'enseignement. Ils demandent aussi la diminution des subventions versées aux écoles privées.