Chili - Les indiens (bibliomonde.com)
Les Mapuches (ou Araucans)
Ce sont les indigènes du Chili qui ont résisté à l’assimilation. Selon la définition que l’on applique
culturelle ou administrative, leur nombre va d’un million et demi (soit 10 % de la population chilienne) à 300 000.
Sur le plan légal, un Chilien ne peut se prévaloir d’une appartenance au peuple mapuche
que s’il vit dans une réserve, mais les conditions socio-économiques y sont telles que la majorité des Mapuches (non reconnus comme tel) habite aujourd’hui dans les faubourgs pauvres de Santiago.
Sous la dictature de Pinochet, le territoire des réserves a été en partie découpé en lots individuels, pouvant être vendu par leur propriétaire… une manière de faire disparaître le
« problème » mapuche Depuis 1973, le territoire des réserves a diminué de moitié.
Les gouvernements démocratiques n’ont encore rien fait pour améliorer le sort des
Mapuches. Dans la communauté, l’exaspération grandit, les occupations de terres ancestrales qui avaient été confisquées par les sociétés forestières se multiplient, mais les Mapuches souffrent de
leur manque d’unité et surtout de l’absence d’un leader unique capable d’être le porte parole de leurs revendications.
Les revendications mapuche se fondent sur un pacte scellé en 1641 avec les occupants
espagnols qui reconnaissait l’indépendance du territoire mapuche depuis le fleuve Bio Bio jusqu’au sud du pays. Ce royaume mapuche (appelé aussi Auracanie) fut anéantis et occupé par les armées
chiliennes au milieu du XIXe siècle. Par la suite un système de réserve a été mis en place selon le modèle nord-américain.
« Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le territoire des Mapuches est indépendant. Il
recouvre 5 millions d’hectares au sud d’une frontière tracée par le fleuve Bio Bio et au nord du fleuve Tolten. Après la "Pacification de l’Araucanie" (1861-1883), douce appellation de ce
qui fut une guerre d’annexion sanguinaire, l’Etat chilien les réduit à vivre sur 500 000 hectares, dans des réserves. Sur les plaines fertiles de cette région, "le Chili veut faire son
grenier à céréales, explique Fabien Le Bonniec. À l’époque, et c’est malheureusement encore souvent le cas, on considère le Mapuche comme un paresseux, ignorant et alcoolique. On incite donc les
Européens à venir cultiver au Chili." Dans les capitales européennes s’ouvrent des bureaux de colonisation offrant des "terres vierges". Une famille européenne peut se voir offrir 150 hectares
quand une famille mapuche se retrouve avec 3 hectares, souvent peu fertiles.
(...) Les Indiens n’attendent pas grand-chose de la Conadi, qui leur a pourtant déjà
restitué plus de 100 000 hectares. Cet organisme est né en 1993 avec la loi indigène, censée protéger les terres et ressources naturelles des peuples autochtones. Mais son budget n’est évidemment
pas à la hauteur des revendications territoriales des Mapuches.
Quant à la loi indigène, souligne le maire de Tirua, Adolfo Millabur, l’un
des rares élus indiens, elle est d’une portée très limitée, car « toutes les autres lois, celles sur la pêche, la mine, l’électricité notamment, prévalent sur ce texte ! »
Résultat, le territoire mapuche continue d’être grignoté légalement par les entreprises hydroélectriques, touristiques et les multinationales du bois, comme c’est le cas depuis la libéralisation
économique entamée sous la dictature de Pinochet (1973-1990). » (extrait d'un article de Claire martin, Libération, 24 mars 2008)
Bibliographie :
Les Araucans et
le Chili
Forêts et développement
durable au Chili : Indianité mapuche et mondialisation
Guerre et ethnogenèse mapuche dans le Chili colonial : L'invention du soi. L'identité des Mapuches et les raisons de leur singulière
résistance au colonisateur espagnol.
Les
Indiens mapuches du Chili : Dynamiques inter-ethniques et stratégies de résistance, XVIIIe siècle.
Autres communautés indigènes
Comme les Mapuches, une partie de ces petites communautés vivent à
Santiago.
Au nord, les Aymaras (Aymará) (quelque 8 000 personnes) des
populations andines proches de celles qui vivent sur l’altiplano péruvien. Les Atameños (environ 3 000) et quelques
descendant des Changos (pêcheurs nomades de la côte nord).
Sur l’île de Pâques, les Pascuans
ou Rapanui (environ
2 000 personnes, aujourd’hui bilingues). Un peuple qui failli disparaître dans les années 1860, passant de 5 000 à une centaine de rescapés de l’esclavage et de la variole. Les derniers
pascuans ont vécu parqués dans un camp jusqu’aux années 1960, date à laquelle, ils ont obtenu le droit de circuler librement, puis de voter (1966).
Au Sud, les Huilliches qui parlent une langue apparentée au
mapuche, quelques rares descendants des Alacalufes(ou Alakalufs), ex-nomades vivant de la pêche dans les îles du Sud du Chili… Les Onas, peuple le plus austral du continent, a aujourd’hui disparu, victime d’un véritable génocide dans
les années 1880 (des expéditions meurtrières ont été organisées pour les faire disparaître).
Bibliographie :
">Les
Araucans et le Chili
Guerre et ethnogenèse mapuche dans le Chili colonial : L'invention du soi. L'identité des
Mapuches et les raisons de leur singulière résistance au colonisateur espagnol.
Les Indiens mapuches du Chili : Dynamiques inter-ethniques et stratégies de résistance, XVIIIe
siècle.
El Guanaco : une chronique australe évoque la disparition des indiens Onas, par
Francisco Coloane
Les nomades de la mer : Les Alakalufs, population indienne de la Patagonie chilienne décrite par
l'ethnologue français, José Emperaire, dans les années 1940.
Les gitans de la mer : Pêche nomade et colonisation en Patagonie insulaire
Forêts et développement durable au Chili : Indianité mapuche et mondialisation
Quand les Mapuche optent pour le
tourisme : regards croisés sur le développement au Chili