CHILI - Nouvel échec des négociations : Les Mapuche poursuivent leur grève de la faim et demandent l'intervention des autres pouvoirs de l’Etat.
Il n’y a pas d'accord, ont annoncé les représentants des prisonniers politiques Mapuche qui en sont aujourd’hui au 78ème jour de
leur grève, à l’issue d'une réunion de près de quatre heures avec le Sous-Secrétaire Général de la Présidence, Claudio Alvarado et l’Archevêque de Concepción, Ricardo Ezzati qui agit en tant que
facilitateur du dialogue. Les comuneros exigent que les pouvoirs Judiciaire et Législatif s’engagent à ne plus appliquer la Loi Antiterroriste aux prisonniers Mapuche. Les négociations ont donc à
nouveau échoué et les comuneros ont décidé de poursuivre leur grève de la faim
Natividad Llanquileo, porte-parole des Mapuche détenus à la prison de El Manzano, a déclaré que l’Exécutif avait présenté une
alternative qui « n'est pas acceptable par tous» les grévistes. Ceci, parce que le gouvernement aurait proposé de retirer les plaintes relevant de la Loi Antiterroriste, mais seulement dans
quatre cas. De son côté, un autre porte-parole des grévistes, Rodrigo Curipán a engagé les autres pouvoirs de l’Etat à chercher des alternatives qui permettent de mettre fin à la grève,
devant le refus de l'Exécutif de répondre aux exigences des comuneros.
"Le Gouvernement dit qu'il ne peut pas faire plus, nous appelons donc les autres pouvoirs de l’Etat à rejoindre la table", a
déclaré Curipán.
"Malheureusement, nous ne sommes parvenus à aucun accord, étant donné que le Gouvernement dit qu’il ne peut rien faire de plus
et par conséquent, le problème concret n’est pas résolu », a déclaré de son côté Natividad Llanquileo tout en réitérant l'appel « aux autres pouvoirs de l’Etat - Législatif et
Judiciaire », et à ceux qui sont prêts à s’investir pour mettre fin à ce conflit."
Le Sous-Secrétaire Alvarado a déclaré, quant à lui, que la volonté du Gouvernement a toujours été présente, et qu’il a accepté
de dialoguer au sujet de l’application de la Loi Antiterroriste, de la question des témoins protégés et de la situation concernant les actions légales, mais cela n’a pas été suffisant pour les
grévistes.
Alors que la ministre Secrétaire Générale du Gouvernement, Ena von Baer a affirmé que "ce qu'ils veulent (les grévistes) c’est
se placer au-dessus de la loi », elle a ajouté que le Gouvernement « regrettait profondément l'intransigeance des comuneros et leur "décision erronée" de maintenir la grève.
Par ailleurs, Adolfo Montiel, avocat des grévistes, a déclaré que la proposition du Gouvernement de retirer les plaintes contre
ceux a qui a été appliquée la Loi Antiterroriste, ne profite pas directement à ceux qu’il représente. En effet, le Ministère Public a annoncé qu’il continuerait d’appliquer la Loi Antiterroriste,
même une fois retiré l’appui de l’Etat concernant ces charges, point sur lequel a achoppé l’accord et raison pour laquelle les Mapuche demandent maintenant au Pouvoir Judiciaire
d’intervenir.
Source Radio U Chile
(Traduction Dominique Grange)
lundi 27 Septembre, 2010 18:36 H