Le projet HidroAysen, qui est soutenu par le gouvernement chilien et qui prévoit la construction de cinq barrages en Patagonie, provoque un mécontentement grandissant au sein de la population chilienne. Pour le troisième week-end consécutif, plus de 20'000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Santiago pour protester contre ce mégaprojet. Nombreux sont ceux qui craignent de perdre un patrimoine naturel incomparable pour un projet dont la pertinence énergétique est remise en question par de nombreux observateurs.
Selon les sondages d’opinion, le 60% des Chiliens se montrerait défavorables à la construction de ce projet titanesque. A l’origine de la contestation se trouvent des mouvements étudiants, déjà en conflit avec le gouvernement chilien sur les conditions d’accès aux études supérieures, et la minorité indigène des Indiens Mapuches qui peuplent la région concernée par l’édification des barrages et dont quatre membres, arrêtés et jetés en prison pour des raisons politiques, ont entamé une grève de la faim voici deux mois.
Les manifestations ont débuté le 9 mai dernier, après qu’une étude de l’impact environnemental du projet
émanant des entreprises concernées ait reçu l’approbation d’une commission nommée par le gouvernement chilien. Les responsables d’Accion Ecologica, une association de protection de
l’environnement, estiment que 100'000 personnes sont descendues dans les rues du pays depuis le début des protestations.
Le mégaprojet HidroAysen, conçu en 2006, prévoit des investissements à hauteur de 7 milliards de dollars et
la submersion de plus de 4'000 hectares de terrain d’une grande valeur pour la biodiversité de la Patagonie. Le projet devrait générer une puissance moyenne de 18'430 GW par heure.