Les mineurs Mapuche en grève de la faim répondent à l’aberrant Hinzpeter
5 septembre 2010 - Communiqué public
Suite aux paroles du Secrétaire d'État, M. Rodrigo Hinzpeter qui a qualifié d’aberration la décision de Luis Marileo
Cariqueo et José Pérez Ñirripil d’entamer une grève de la faim, nous déclarons:
Que pensez-vous du fait que dans les communautés Mapuche, des effectifs des forces spéciales des Carabiniers du Chili aient
perquisitionné, frappé et tiré à plusieurs reprises sur des bébés, des enfants, des jeunes et même des personnes âgées? Cette situation a été dénoncée par plusieurs organisations des Droits de
l'Homme, au niveau national et international, auxquelles se sont joints des rapporteurs de l'ONU.
Quel nom donneriez-vous à la discrimination subie par le peuple Mapuche de la part de l'Etat, en particulier les communautés
dont l’unique «erreur» a été de protéger le territoire où elles vivent depuis toujours?
Qu’avez-vous à dire sur le fait que le Chili soutient l’entreprise d’exploitation Forestal, qui a éliminé les forêts
natives, assèché les cours d'eau, endommagé les sols et amoindri la riche biodiversité qui existait avant la prolifération de ces monocultures prédatrices?
Comment appelez-vous le fait qu'au cours de ces 37 dernières années se soient installés, à proximité des communautés Mapuche,
des plantations forestières, des sites d'enfouissement de déchets urbains, des usines de traitement, d’eaux usées de type chimique?
D’un côté, l'État chilien fait usage des symboles, de la langue et de la cosmovision du Peuple Mapuche, et de l’autre, il
emprisonne et même assassine, oui, monsieur, il assassine, et nous n'avons pas oublié que c’est avec ses mains, ou plutôt avec les balles des Carabiniers du Chili qu’il a volé la vie d'Alex Lemún
Saavedra, de Matías Catrileo et de Jaime Mendoza Collio.
Rappelons également Zenón Díaz Necul, un enfant écrasé sous les roues d’un camion de Forestal. Y a t-il eu une justice pour
eux ? Leurs assassins ont-ils été punis avec toute la force de la loi? Ne nous répondez pas, nous savons bien qu’il n’en a pas été ainsi.
Vous n’avez pas ces dossiers dans vos mains et vous ne vous souciez pas du bien-être des enfants, des femmes et des vieillards
Mapuche, au contraire vous soutenez des actions aussi violentes de la part des policiers, sans parler des sales manipulations et montages absurdes dont on eu à souffrir tant de Mapuche
incarcérés. Au point qu’ils ont dû en arriver à mettre leurs vies en danger pour se faire entendre des d’un état et d’un gouvernement restés sourds depuis tant d’années. Cela, Monsieur
Hinzpeter, oui, c’est une « aberration ».
Monsieur Rodrigo Hinzpeter, devant tout ce que subit notre Peuple Mapuche dans sa vie quotidienne, nous nous demandons ce
que sont pour vous le bon sens, la sagesse et la raison. Comme il est clair pour nous que ni votre gouvernement, pas plus que ceux qui l’ont précédé, ne possède ces qualités humaines, nous
assumons cette réalité, offrant nos vies à la lutte de notre peuple, en espérant la liberté pour chacun de nos enfants, de nos anciens, pères, mères et jeunes.
Des mineurs Prisonniers Politiques Mapuche de la prison pour mineurs de Chol Chol
Amis des Lamngenes emprisonnés et en Grève de la Faim
Source : paismapuche - (Traduction Dominique Grange)
Ce communiqué a également été envoyé à l’adresse du ministre chilien de l’Intérieur, Rodrigo Hinzpeter .